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Bulletin 2026

EDITORIAL 2026

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Le réchauffement climatique met notre territoire sous
pression. Le recul du trait de côte en témoigne. Les
professionnels de la pêche l’observent et s’adaptent ainsi
que nos agriculteurs. Le secteur du tourisme remet en
cause ses pratiques. À travers l’évolution de nos paysages,
nous percevons la fragilisation de nos ressources naturelles
et de la biodiversité.
S’adapter est notre objectif. Les leviers sont connus. Il s’agit
de diminuer nos émissions de gaz à effet de serre au profit
d’énergies nouvelles tout en modifiant nos habitudes de
consommation, de production, de déplacement. La prise
de conscience des enjeux est faite. Les mobilisations,
individuelles et collectives, sont manifestes à tous les
niveaux de responsabilité. Il s’agit de mettre en cohérence
nos choix de vie avec les ambitions de développement de
notre territoire. Ce dernier, profondément enraciné dans
son histoire maritime et agricole, riche de la diversité de ses
paysages, est exposé à des risques littoraux avérés.
Cette mobilisation est encourageante. Il nous reste à
agir. Le Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie Agglomération
vient de lancer la révision de son SCoT qui sera suivi d’un
PLUi-H. Les travaux engagés montrent la prise en compte
des conséquences des évolutions climatiques à horizon
2047. Nos objectifs sont la préservation de la qualité de
vie des habitants, le soutien au dynamisme économique du
territoire et la préservation de ses ressources naturelles.
Depuis 1996, à sa modeste place, V.I.E. s’inscrit dans cet
effort en informant, en partageant des expériences et en
témoignant par l’action. En 30 ans d’existence, V.I.E. a pu
donner la preuve de son engagement, au fil de ses écrits et
de ses initiatives, au service de l’avenir de notre territoire.
En témoignent ses Bulletins annuels. Ils rendent compte
des enjeux, des défis à relever et des atouts sur lesquels
s’appuyer. Les Bulletins de V.I.E. jalonnent aussi son
histoire. En ce trentième anniversaire, nous avons souhaité
la parcourir à grands traits avec vous.
Chère lectrice, cher lecteur, que la lecture de l’édition 2026
de notre bulletin puisse susciter votre intérêt et contribuer
à vous informer sur les enjeux auxquels le Pays de SaintGilles-Croix-de-Vie va devoir se consacrer.
Soyons pleinement confiants dans l’avenir de notre
territoire !

L'océan, acteur majeur du Pays de SGXV

COMMENT LUTTER CONTRE L’ÉCHOUAGE DES CÉTACÉS ?

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Une centaine de petits cétacés se sont échoués sur le
littoral des Pays de la Loire dont 31 en Vendée, durant
l’hiver 2024-2025. Ce phénomène est observé depuis
plusieurs années tout au long des côtes de l’Atlantique.
Il inquiète aussi bien le monde scientifique que
celui de la pêche qui dépend directement de la bonne
santé du milieu marin dont les cétacés sont les meilleurs témoins.

Comment expliquer ces échouages ?
Une méthode radicale.

Le laboratoire de recherches PELAGIS de l’Université
de la Rochelle est chargé d’effectuer les recensements
des échouages de cétacés et de réaliser des analyses
selon les circonstances, les lieux, les blessures constatées,
complétées éventuellement par des nécropsies.
Les conclusions de cette recherche menée de l’hiver
2023 à l’hiver 2026 devraient permettre d’éclairer les
politiques publiques de la France dans le cadre des
engagements de l’Union Européenne au titre de la
conservation des populations de mammifères marins
et d’oiseaux de mer. Cette mission s’appuie sur un
réseau de lanceurs d’alerte.
La méthode retenue est la mise en pause de la pêche,
en fonction des techniques de prise employées, durant
trois hivers consécutifs à partir de 2023-2024.
300 bateaux de pêche de plus de 8 m, équipés de filets
maillants, trémails, chaluts pélagiques en bœufs et à
panneaux, chaluts de fond en bœufs et sennes pélagiques,
sont restés à quai du 22 janvier au 22 février
2025. C’est la deuxième année consécutive que ces
dispositions sont mises en œuvre, depuis le sud de
Lorient jusqu’au sud de la Charente. Les marins-pêcheurs,
indemnisés à 70 % de leur chiffre d’affaires
pour les périodes de pause imposée, rongent leur
frein. De fait, toute la filière de la pêche est impactée,
depuis les gestionnaires des centres de marée, les
mareyeurs jusqu’aux restaurateurs dont le manque à
gagner n’est pas pris en compte.
Grâce à ces mesures radicales, PELAGIS espère identifier
la part revenant aux captures accidentelles parmi les multiples
causes d’échouage des cétacés.

Quel bilan ?

Le taux d’échouage du fait de captures accidentelles est
faible durant la période d’interruption de la pêche.
Ce qui donnerait raison au Conseil International pour
l’Exploration de la Mer (CIEM), qui
pointe les captures accidentelles comme principale cause
d’échouage des cétacés. Le 26 novembre
2025, PELAGIS a publié les résultats de la pause
d’un mois, de janvier à février 2025 : 1 900 dauphins
communs sont morts par capture accidentelle
du 1er décembre 2024 au 31 mars 2025 le long du
littoral Atlantique et de la Manche Ouest, contre
4 700, en moyenne, chaque hiver entre 2017 et 2023.
Démonstration est faite que la fermeture de la pêche
durant quatre semaines en février, a réduit très sensiblement
les captures accidentelles de dauphins.

Les professionnels de la pêche s’engagent.

Les 870 professionnels de la pêche en Pays de la Loire*,
n’ont pas attendu les conclusions des organismes de
recherche scientifique pour limiter les captures accidentelles
tant elles pénalisent leurs campagnes de
pêche. Depuis 5 ans déjà, ils ont installé sous la coque
des bateaux, sur bâbord et tribord, des effaroucheurs
de cétacés (exemple : PILFIL, pour Pinger, répulsif
acoustique, et filage, technique de mise à l’eau de filet)
dans le but d’éloigner les dauphins hors d’une zone
couvrant la largeur du filet déployé et ainsi d’éviter
qu’ils ne s’y empêtrent. Les ondes émises ne sont pas
douloureuses pour les cétacés mais dissuasives.
65 % des captures accidentelles ont ainsi été évitées
grâce aux initiatives de la flottille des chalutiers pélagiques.
Cette mobilisation résulte de la coopération
ancienne établie entre les scientifiques d’IFREMER et
les professionnels de la mer. Ces derniers s’insurgent
donc énergiquement quand ils sont pointés du doigt
pour défaut de vigilance en cas de captures accidentelles.
Concurrents des cétacés sur les sites de pêche,
les marins-pêcheurs, sont les premiers pénalisés en
cas de pêche accidentelle.

Cependant, les échouages perdurent, menaçant la
biodiversité et, au-delà, la pêche elle-même. Ce secteur
économique, comme l’agriculture, est directement concerné par
la préservation de son environnement dont il tire ses ressources.
Les évolutions climatiques et leurs conséquences pour la faune
marine ajoutent leurs lots d’incertitudes sans toutefois
décourager ce milieu professionnel aux pratiques très
encadrées et aux capacités de résilience et d’adaptation éprouvées.
La modernisation des techniques et
des équipements à un rythme soutenu depuis 15 ans,
les investissement conséquents, l’application d’un système
réglementaire complexe, l’adaptation aux évolutions climatiques
et à leurs incidences sur les courants marins et les migrations
d’espèces, la prise en compte des attentes des consommateurs,
sont autant de défis que le monde de la pêche ne cesse de relever.

Conclusion.

A marche forcée, en 50 ans, les marins-pêcheurs se
sont organisés et imposés des règles strictes d’exercice pour
mieux affronter les difficultés inhérentes à
leur métier et s’adapter aux évolutions réglementaires
européennes et à celles engendrées par la transition
climatique. Leur collaboration de longue date avec les
scientifiques, notamment avec l’IFREMER, a pour but
de mieux concilier la préservation de l’environnement
et la pérennité des métiers de la pêche. Les marins-pêcheurs
sont donc étonnés de se voir imposer par certains laboratoires
scientifiques un climat de suspicion qu’ils jugent aussi immérité
que contre-productif.
Les professionnels de la pêche artisanale, parties
prenantes des enjeux environnementaux, se considèrent
comme les partenaires prépondérants des
scientifiques pour développer des pratiques de pêche
respectueuses de l’environnement mais compatibles
avec leurs contraintes.
Ils espèrent que la dernière campagne pilotée par
PELAGIS apportera les clarifications nécessaires permettant
une approche équilibrée de cette problématique au service de
la biodiversité et garante de l’exercice durable de leurs métiers.

* Les Pays de la Loire, troisième région française de pêche maritime
professionnelle, comptent 870 marins-pêcheurs, dont les prises,
vendues à partir de 6 centres de marée alimentés par 26 ports de
débarquement, valaient en 2023 85 millions d’euros. Les métiers de
la pêche (chalutiers, fileyeurs, ligneurs, caseyeurs…) sont structurés
en Organisation Professionnelle (OP).
Sources : Entretien réalisé le 18 mars 2025 avec Monsieur José
Jouneau, Président du Comité Régional des Pêches Maritimes et
des Élevages Marins des Pays de la Loire (COREPEM).
Bilan 2024 de la fermeture de la pêche, PELAGIS-CNRS,
La Rochelle-Université.
https://www.observatoire-pelagis.cnrs.fr/bilan -2024

L’agglomération, histoire, enjeux et perspectives

LA ZONE D’AMÉNAGEMENT CONCERTÉ (ZAC) DE LA CROIX : UN PROJET D’URBANISATION INNOVANTE DANS UNE DÉMARCHE ENVIRONNEMENTALE FORTE.

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Située en limite Est de la commune de Saint-GillesCroix-de-Vie,
au nord de la route de La Roche-surYon et près du Parc Commercial Océanis,
la ZAC de La Croix accueillera 741 logements à l’horizon 2035,
sur une surface d’une vingtaine d’hectares. Plus précisément, le projet
comporte 134 terrains à bâtir, 190 lots denses abordables, 162 appartements
en accession libre, 120 logements en accession maîtrisée et 135 logements
sociaux. Cette approche générera une diversité au niveau des formes urbaines,
des financements et de la population.
Il s’agit d’un projet immobilier majeur qui résulte d’une dizaine d’années
d’études. Sans doute la dernière des opérations d’une telle ampleur,
compte-tenu d’un espace foncier qui s’est réduit au fil du temps et de
l’interdiction future de construire sur les terres agricoles à l’horizon
2050 avec la contrainte Zéro Artificialisation Net (ZAN) et la loi Climat
et Résilience.
Saint-Gilles-Croixde-Vie est une ville urbanisée à 80 %.
Le Groupe rennais Giboire, un des principaux acteurs immobiliers indépendants
du Grand-Ouest mais également présent en Ile de France et dans les régions
Nouvelle-Aquitaine, Auvergne-Rhône-Alpes et sur l’arc méditerranéen,
a remporté la consultation aménageur lancée par la ville, donnant lieu à
la signature d’un traité de concession.

L’entreprise interviendra principalement sur la viabilisation (voirie, réseaux),
l’aménagement des espaces publics et la végétalisation mais agira aussi en tant que
promoteur pour la construction des logements collectifs en secteur libre.
La phase opérationnelle de ce futur quartier a été officiellement lancée le 10 octobre 2024.
La planification des travaux de création de logements est envisagée en sept tranches.
L’objectif est qu’au premier trimestre 2026 la viabilisation de la première tranche
et le démarrage des travaux de construction des maisons soient effectifs.
En 2027, 150 logements devraient être réalisés (50 % en maisons et 50 % en immeubles).
Ultérieurement, des locaux d’activités seront créés en rez-de-chaussée des immeubles.
Bien que les porteurs de projets ne soient pas encore identifiés, ce pourrait être des
professionnels du domaine paramédical (kinésithérapeutes), voire prendre la forme de
locaux dédiés à la petite enfance (crèche).
En complément, une réserve foncière est prévue pour héberger, à terme, un équipement
public.

Il s’agit d’un projet pensé avec et pour les habitants :
en effet, tout au long de sa conception, depuis 2015, la commune a impliqué les
habitants, afin de mieux cerner leurs besoins et de préfigurer les usages futurs du
quartier (comités de citoyens, entretiens avec riverains, ateliers, réunions
publiques, enquête publique…). Une communication active a été menée : exposition en
plein air pendant six mois avec des panneaux présentant le projet, un site internet
dédié avec une plateforme dématérialisée d’information en ligne pour prolonger la
démarche participative.
Cette opération immobilière, tout en s’inscrivant dans une démarche de densification
régulée et de limitation de l’artificialisation des sols, a la particularité d’offrir
de nouveaux produits d’habitat et des conditions d’accès variés : logement social,
accession maîtrisée ou libre, favorisant les mixités sociale et intergénérationnelle.
Les logements proposés au sein du quartier de La Croix visent en effet à répondre aux
besoins de chacun : jeunes ménages souhaitant accéder à la propriété, personnes
éligibles aux plafonds du parc social, personnes âgées à la recherche d’un logement
adapté… Les formes urbaines et les types de financement seront donc diversifiés :
logements *individuels, intermédiaires et collectifs.
Le quartier va compter 56 % de logements collectifs et 44 % d’individuels, dont 15%
de logements sociaux. Dans une ville où le marché immobilier est tendu, 42 % des
logements seront proposés à un tarif inférieur à celui du marché pour les plus
faibles revenus. La ZAC de La Croix est conçue selon les principes de la charte
nationale «Eco Quartier» qui vise à promouvoir des projets d’aménagement sobres,
résilients, inclusifs et producteurs de valeur. La commune l’a signée en 2015.
Cela traduit la volonté de créer un lieu un lieu où cohabitent écologie et vie
sociale.
Le cœur de quartier étant l’épicentre du projet, la végétalisation sera un axe
structurant de la voirie pour les véhicules et les mobilités douces, ponctué par
des placettes, considérées comme des îlots de fraîcheur répondant ainsi à l’évolution
climatique. Sur les trois prévues, deux seront réalisées lors de la première tranche.
Parmi les différents lieux à vivre, se trouve aussi la «lisière» située en bordure
d’un bois, offrant une vue sur la nature. La partie «vallon» surplombera le ruisseau
du Grenouillet, elle s’appuiera sur la topographie existante pour s’intégrer au
paysage.
L’accent étant mis sur la biodiversité, une renaturation des zones humides est
engagée et deux ruches ont déjà été installées au sein du projet, pour concourir à
la préservation des abeilles, espèce menacée.
Un cahier de prescriptions encadre les constructions, notamment en ce qui concerne
les matériaux utilisés. Il est demandé de recourir à des matériaux biosourcés,
issus d’un matériau naturel et non de la pétrochimie : bois pour l’ossature,
fibres végétales de bois pour l’isolation (dix-huit kg/m2 pour les immeubles
et quarante-deux pour les maisons).
La possibilité est également offerte aux acquéreurs et constructeurs d’utiliser
des éléments géo-sourcés (pierre, terre crue) ou réemployés, pour être dans une
démarche vertueuse de la logique carbone.
Ce projet illustre la volonté de la municipalité de développer un urbanisme
vivant et partagé qui préserve la qualité de vie des Gillocruciens tout en
favorisant une croissance maîtrisée.
L’aménagement du site permet ainsi à la commune de mettre en œuvre sa
politique d’habitat éco-responsable en réalisant un nouveau quartier respectueux
des principes de développement durable, dont l’empreinte écologique sera réduite
au maximum.
Avec les objectifs recherchés suivants :
• Répondre aux forts besoins de logements et plus particulièrement à ceux des
ménages confrontés à des difficultés croissantes pour se loger en zone littorale,
notamment les jeunes ménages et les salariés du bassin d’emplois de
Saint-Gilles-Croix-de-Vie, en souhaitant que les futurs acquéreurs soient des
résidents permanents,
• Proposer une diversité de typologies de logements
afin de faciliter le parcours résidentiel sur la commune,
• Assurer les mixités sociale et intergénérationnelle
et s’inscrire dans une gestion raisonnée du foncier, des
économies d’énergies et de la ressource en eau,
• Assurer l’intégration fonctionnelle, urbaine et paysagère du projet avec les
espaces environnants et l’ensemble de la ville,
• Aménager des espaces de rencontres et de services
aux habitants,
• Rechercher la plus haute performance énergétique en recourant aux énergies
renouvelables.
L’écovillage qui va naître de la ZAC La Croix, développera donc un habitat
novateur adapté aux évolutions des modes de vie, avec des déplacements doux
(piétons, pistes cyclables) mais aussi des espaces de rencontres pour
développer le lien social au sein d’une trame verte, support de ces usages.
L’architecture de l’habitat garantira une transition fluide entre ruralité
et urbanité, assurant une continuité paysagère harmonieuse.
Cette opération immobilière participe aussi au soutien de la démographie
locale et à l’attractivité du Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie.
Pour les lecteurs qui souhaiteraient visualiser le projet, une vidéo
réalisée par le Groupe Giboire est consultable sur le lien suivant :
https:/www.youtube.com/watch?v=gP8XyczahfA