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Bulletin 2016 Histoire - Récits - Mémoire

La criée de Saint Gilles Croix de Vie, une longue histoire

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Mai 1929, la criée municipale, tôt le matin.

On se bouscule dans l’allée centrale, luisante d’humidité. Là se mêlent les pêcheurs, chaussés de leurs sabots à jambières, poussant des charrettes ruisselantes, chargées de la pêche du jour. Des badauds, et les mareyeurs observent. A l’écart, se tient un petit groupe d’hommes, les gérants des usines venus sentir la tendance du marché du jour. Leurs tenues sombres et citadines tranchent sur les camaïeux de bleu des marinières éclairés, par touches, par le flot de lumière qui se déverse à travers le porche, ouvert à deux battants sur le quai de la République. A force d’allées et venues, les poissons sont maintenant rangés par lots et espèces sur les deux larges bancs de ciment qui, de part et d’autre, bordent l’allée. Soudain, un calme relatif se fait. La tension qui s’installe fige la foule. C’est alors qu’une voix forte psalmodie une mélopée, inintelligible pour le profane, que seuls comprennent les acteurs de la scène qui se répètera plusieurs fois dans la journée au fil des arrivages. Le crieur met à prix les lots exposés et procède à leur adjudication, saisissant les signes imperceptibles qui s’échangent dans le brouhaha des commentaires. Des mimiques expriment la satisfaction ou le dépit. Les premiers arrivés vendent leurs poissons à bon prix. Il ne suffi t pas d’être un bon marin et un bon pêcheur pour réussir sa pêche, il faut aussi gagner la course et accoster le premier. Sitôt achetée par les mareyeurs, la pêche du jour sera dirigée sur Nantes, la Roche sur Yon, Fontenay le Comte, Luçon. Brusquement, tout est joué et la criée se vide. Les usiniers s’éloignent. Leur heure viendra avec l’arrivée des sardiniers. C’est alors que les volumes mis à la vente changeront d’échelle même si les mareyeurs sont encore là pour acheter la fraîche qui sera vendue au coin des rues de Nantes et des villes du bocage. Les quantités pêchées vont se démultiplier avec la découverte de l’appertisation*.

A Croix de Vie le procédé fut appliqué par le sieur Jutel dès 1840. Dans le sillage de cette invention, une dizaine d’usines s’implantèrent sur la rive droite de la Vie. Seule l’usine Gendreau subsiste encore. Elle fait travailler près de 300 personnes sur deux sites, celui de la Bégaudière où l’usine «Vif Argent» développe la filière des plats cuisinés et l’usine Bilbao, initiée en 1948 par des marins syndiqués qui avaient voulu maîtriser toute la chaîne de production, depuis la pêche, la transformation jusqu’à la commercialisation pour mieux défendre leurs intérêts. Les premières usines faisaient suite aux saurisseries dites encore confiseries qui, depuis le XVIIIème siècle faisaient confire dans le sel le poisson lité par rangée et pressé dans des tonneaux. Pêcher, transformer, vendre le poisson, autant de métiers dépendant les uns des autres mais dont la coopération ne va pas de soi, tant chacune des parties s‘efforce de tirer son épingle du jeu. Le pire arrive pour les marins quand les acheteurs s’entendent pour acheter à la baisse. C’est la crise qui remplira plusieurs fois les rues des poissons invendus puis laissera les bateaux à quai. Pourtant les usines peuvent continuer de mettre en boîte du poisson importé jusqu’à ce que les femmes de marins, également ouvrières d’usines refusent de travailler, obligeant les usiniers à accepter de payer la pêche à un prix raisonnable qui permette aux capitaines de faire face à leurs charges et de payer les hommes d’équipage décemment. Quand le moteur remplacera la voile, le gasoil allongera la liste des dépenses et les bateaux changeront de ligne grâce à l’inventivité du chantier Bénéteau qui sera le premier à miser sur cette transformation à partir de 1925.

Afin de réduire leurs coûts de fonctionnement, les marins sauront s’organiser en coopératives permettant des achats groupés avantageux. Ils sauront aussi s’adapter aux volumes de pêche qu’exigeait la rentabilité des usines au point que, la sardine devient le poisson phare des ports vendéens. Entre les années 1880 et 1881, la sardine se fera rare le long des côtes vendéennes sauf en face de Croix de Vie. Les Sablais s’orienteront, alors, vers la pêche au thon tandis que les Croixdeviots rachèteront leurs barques de pêche sans négliger d’armer pour le thon. C’est à partir de ce moment que Croix de Vie s’affirmera leader de la pêche à la sardine tandis que la flottille bretonne accostera le long de ses quais à chaque belle saison.

Dans les années 50, les marins ne sont plus satisfaits des prix qui sont proposés et trouvent preneurs aux Sables. Quelques capitaines pressentirent les risques d’une désorganisation du marché local qui pourrait les livrer encore plus à ses lois s’ils se dispersaient. Ils dépasseront leurs différents et, avec le concours de la mairie concevront le projet d’une nouvelle criée. Ils la voulurent deux fois plus vaste, plus fonctionnelle et surtout, implantée entre les deux darses du port afin de ne plus avoir à franchir les voies ferrées. En 1962 le port est doté d’une nouvelle criée qui ne sera plus municipale mais gérée par la Chambre de Commerce et d’Industrie.

A partir de 1970, les techniques de pêches évoluèrent, faisant délaisser le filet droit au profit de la bolinche ou fi let tournant et utiliseront les détecteurs à ultrasons. Dans le même temps, la pêche à l’anchois s’avéra des plus rentables. Jusqu’alors ce petit poisson était plutôt la bête noire des marins qui devaient l’éliminer de leur pêche de sardines au risque de la gâter par des manipulations quand leurs acheteurs exigent une qualité irréprochable. Ce fut le cas jusqu’à ce qu’Edmond Bouanha s’installe à Croix de Vie en 1967. Venu d’Algérie il sait combien ce poisson est apprécié sur les bords de la Méditerranée à condition de savoir le préparer en semi- conserve. Cet entrepreneur ouvre de nouvelles perspectives aux marins qui se lancent dans la pêche à l’anchois. La pêche au thon amènera également à la criée des tonnages importants. Certains capitaines comme Jean Driez, du Baroudeur, adoptent une technique novatrice, l’appât vivant. Dans le même temps la pêche côtière est active. Dans les années 90, le tonnage des prises passera de 4 000 tonnes/an à 12 000 tonnes/an. La criée tourne à plein régime. C’est alors que Bruxelles exigea l’application de nouvelles normes. A l’époque, la Vendée comptait 3 criées, aux Sables, à l’Ile d’Yeu et à Croix de Vie. Le dynamisme du port justifie ces investissements. C’est décidé en 1993. En 1995 la criée aura une surface opérationnelle de 9 200 m2 comprenant une halle de vente de 3 000 m2 et 14 ateliers de mareyage pour un coût de 30,5 millions, le tout sera financé en partie par des subventions notamment européennes dans le respect des normes édictées par Bruxelles. Voilà le port doté d’un équipement performant que d’aucuns diront surdimensionné mais à l’époque le port était optimiste, lui qui débarquait de forts tonnages de sardines, d’anchois et de thons sans négliger la pêche côtière que les sardiniers pratiquent l’hiver, tandis qu’à la même saison les civeliers sillonnent l’estuaire de la Vie.

A partir de 2000, l’horizon s’est s’obscurci. Pour certaines espèces pêchées intensivement, les réserves halieutiques s’épuisaient. Bruxelles décida des mesures drastiques. En France, le plan Mellick conduira à la destruction de nombreuses unités du port et à la dispersion de leurs équipages détruisant autant de savoir faire collectifs et des pans entiers de la culture maritime.

Et maintenant ? La criée de Saint Gilles Croix de Vie occupe la 29ème place sur les 36 que compte la France avec 3 378 tonnes de poissons dont 2 285 tonnes de sardines. Elle assure la vente de 86 espèces de poissons et 4 de crustacés et fruits de mer pour une valeur de 6,3 millions d’euros en 2014. Depuis 2011, la vente est en ligne suivie par une vingtaine d’abonnés. La criée est alimentée par une flottille de 44 unités manoeuvrées par 110 marins qui pratiquent trois types de pêche : au large pendant 3 à 5 jours, côtière de 1 à 3 jours et la petite pêche à la journée. La criée écoule les 7 prises en 3 ventes par jour s’échelonnant de 5h30, 7h à 14h30 tandis que la vente de la sardine s’effectue à la saison en continu. Alors que le port de Saint Gilles Croix de Vie garde ses caractéristiques de port de pêche authentique, des menaces sérieuses se sont profilées sur l’avenir de sa criée à compter du 1er janvier 2017 au profit du port des Sables d’Olonne dans le cadre d’une politique de rentabilisation des équipements et des infrastructures maritimes. Cette approche quantitative ne prenant pas en compte le rôle moteur des activités du port sur le dynamisme du tourisme et plus largement de l’ensemble du littoral a heurté les élus locaux. C’était aussi tenir pour peu le rôle économique et social du port et de sa criée qui génèrent plus de 200 emplois sans compter les activités qui leurs sont liées. Ils décidèrent, le 5 février 2015, de doter l’intercommunalité d’une compétence maritime renforcée incluant les ports de plaisance et le port de Saint Gilles Croix de Vie.
Depuis lors il revient à la Communauté de Communes d’élaborer son projet maritime pour le développement du Pays de Saint Gilles Croix de Vie. Trois axes seront à satisfaire : – Promouvoir le label « poisson de Saint Gilles Croix de Vie » au service des pêcheurs et des mareyeurs locaux. – Redynamiser la gestion des équipements du port dont en 2013, la Chambre Régionale des Comptes avait mis en évidence la rentabilité et le fort potentiel, – Poursuivre la mutualisation les services entre le port de plaisance géré par la SEMVIE et le port de pêche. Des études sont déjà lancées afi n de concrétiser ces perspectives et de rassurer quant à l’impact financier de la décision sur le budget de la Communauté de Communes et plus largement sur la fiscalité locale. La criée dite aussi centre de marée est le noeud des échanges entre pêcheurs, usines de conserve et mareyage. Depuis 2015, les décideurs locaux se sont montrés déterminés à maintenir cet équipement indispensable à l’avenir du port et des métiers de la mer. Facteur décisif de notre identité collective, il est la source de notre attractivité touristique. Les faits donnent raison aux élus qui misent sur notre criée dont le tonnage de poisson vendu ne cesse d’augmenter.

*Du nom de l’inventeur, Nicolas Appert (1774-1841) qui mis au point la conservation de longue durée des aliments par la chaleur.

Michelle Boulègue
Sources :
Gilles Héraud, ancien directeur de la criée.
Louis Vrignaud, dont les mémoires « J’ai posé mon sac à terre » (2005) sont un témoignage vivant d’une tranche de la vie du port.

Bulletin 2016 Dossiers d'actualité

Le futur du Pays de Saint Gilles Croix de Vie en 2030

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C’est l’objectif du Schéma de Cohérence Territorial (SCoT), découlant des lois SRU et Grenelle 2, appliqué au territoire du Pays de Saint-Gilles-Croix-De-Vie, qui devrait abriter en 2030 près de 66 000 habitants soit plus de 20 000 de plus qu’actuellement. Comment ce plan de politique d’aménagement équilibré du territoire pour les 20 prochaines années, apportera les réponses nécessaires en terme d’accessibilité, de cohésion sociale et générationnelle, de logements, d’infrastructures, de développement économique, etc., en répondant aux objectifs fixés par le Grenelle de l’environnement (développement durable, protection des richesses environnementales, restauration de la biodiversité, diminution des gaz à effet de serre, amélioration de l’efficience énergétique, …).

Pourtant son achèvement est laborieux. Engagé depuis 2005, un premier projet de SCoT arrêté en 2008 a fait l’objet d’un avis défavorable du Préfet de Vendée, faute, pour les membres de la Communauté de Communes  de s’accorder à propos des perspectives de développement démographique ainsi que sur le nombre et la taille des grandes surfaces commerciales.

Remise en chantier en octobre 2010, une dernière version du SCOT arrêté en mai 2015 a bénéficié d’une phase de concertation jusqu’en fin septembre 2015.  Plusieurs avis favorables ou critiques des personnes public (DREAL, communes, communautés de communes, …) recueillis complètent  les documents du dossier SCoT.

La phase l’enquête publique à laquelle le ScoT est soumise jusqu’ à fin janvier 2016, s’en trouve retardée.

Du fait de ces retards, notre territoire risque donc de se voir doté d’un document en rétro vision alors que les déséquilibres qui caractérisent notre territoire perdurent et freinent son dynamisme dont l’ambition du SCoT est précisément d’y remédier. En témoigne, la reprise de grandes orientations que nous prenons la liberté de résumer en une douzaine de préconisations.

PRINCIPALES PRECONISATIONS DU FUTUR SCOT / REMARQUES

– Une croissance démographique modérée est envisagée à hauteur de 4% compte tenu d’une évolution de +2%/an entre 1990 et 2006. Le nombre d’habitants des 14 Communes du Pays de Saint Gilles devrait passer de 45 000 à 66 000 habitants générant un besoin de 800 à 900 logements supplémentaires

–  Un tissu urbain densifié s’appuyant sur des polarités urbaines (ex Saint gilles Croix de Vie, saint Hilaire de riez, Le Fenouiller , voire Givrand) concentrant 45% de la production de logements sur leur aire, par comblement des espaces vacants et recyclage de l’existant. L’ambition est de réduire l’étalement urbain au profit des terres agricoles et des espaces naturels  tout en contrôlant les risques d’une excessive concentration. Cette perspective implique la création de 800 à 900 logements par an pour accueillir 23 000 habitants de plus en 2030 par rapport à 2007. Cette densification n’est pas  articulée à la consommation d’espace  consécutive au titre de la voirie, des transports et des équipements collectifs  au-delà du foncier lié strictement à l’habitat. De même l’impact de cette orientation sur le dynamisme économique du territoire.

‐ Une dépendance en eau à réduire vis‐à‐vis des territoires environnant. Aggravée en période estivale, cette dépendance est multipliée par 3 pour les besoins en eau potable. L’objectif est de passer à 2,4 millions de m3/an pour l’agriculture et à 5,1 millions de m3 pour les autres abonnés dont le nombre devrait augmenter de 1,92% d’ici 2030 pour une consommation moyenne de 75 m3/an et par abonné.

‐ La réduction du volume des déchets au moyen d’une intensification du tri et du compostage.

‐ La valorisation des techniques de production des énergies renouvelables.

Pour autant il n’est pas fait mention du schéma directeur d’aménagement numérique (SDAN). Le projet d’instaurer une filière bois  est évoqué (sans évaluer son impact sur la biodiversité et le trafic routier et ferroviaire).

– Une croissance encouragée par bassin de vie en équilibrant les différents secteurs, industriel, de la pêche, de l’agriculture et des services. Dans ce but il est recommandé leur montée en gamme. Des réseaux routiers plus denses et accessibles sont envisagés en soutien du développement  à partir de nouveaux axes structurants et en qualifiant l’existant ainsi que la capitalisation sur le ferroviaire. Le contournement des pôles urbains devrait être privilégié ainsi que leur désenclavement tandis que les pénétrantes devaient être l’expression d’un urbanisme plus vert et plus attractif. Parallèlement, il est prévu de développer une offre de logements diversifiée, favorisant la mixité sociale, en accession à la propriété, en locatif et en logement social (+ 10%) misant sur l’habitat collectif. Le logement social devrait augmenter de 10% sur la période considérée.

– Le développement de l’offre d’équipements structurants dont participe le projet de lycée sur le site des Vergers d’Eole. Il est attendu une offre culturelle qui renforce les traits identitaires du territoire tandis que des évènements sportifs et ludiques  devraient renforcer son attractivité touristique. La valorisation du patrimoine architectural et culturel ainsi que celle des sites et édifices remarquables est prévus au titre de l’article L 123 15 111 du code de l’urbanisme.

– La préservation  et la valorisation des paysages constituant l’enveloppe urbaine et sa respiration sont préconisée.

– Un équilibre doit être trouvé entre le commerce de proximité, facteur de lien social et les grandes surfaces commerciales souffrant, par ailleurs d’un déficit qualitatif.

 

Pour être totalement pertinentes, ces préconisations auraient dû, davantage, rendre compte les évolutions qui affectent notre quotidien et mettent déjà notre futur en perspective. Adopté fin 2015, le SCOT porte l’empreinte de sa trop lente gestation en 10 ans.

CE QUI MANQUE DANS LE SCoT :
On reste sur notre faim quant à la prise en compte des évolutions actuelles ainsi que des textes législatifs et réglementaires en prise directe avec les logiques qui président à l’organisation du territoire sans omettre l’évaluation des orientations retenues sur le territoire, la qualité de vie de ses habitants et la préservation des paysages et du patrimoine. A titre d’exemple le projet de port de la Normandelière  semble intégré dans le Scot sans être  assorti de modalités d’analyses et d’évaluation des transformations qu’il entrainerait sur son environnement alors que son implantation sur le site fragile reste problématique.

Quatre transitions majeures caractérisent notre époque. Elles impactent particulièrement des territoires tels que le nôtre et à ce titre mériteraient que le SCOT les prennent en compte:

– La transition énergétique et écologique qui repose sur une prise de conscience collective appelant à modifier les comportements et les stratégies des entreprises, des consommateurs et des institutions œuvrant chacun à leur niveau à la construction de la société. Déjà le réchauffement climatique impose de majorer les risques climatiques.

– La transition économique dans un espace mondialisé dont la finitude implique la prise de conscience de nos responsabilités collectives et l’adoption de régulations visant le plus prosaïque de nos gestes quotidiens jusqu’aux échanges mondiaux.

‐ La transition numérique qui plus qu’un outil met à notre disposition une puissance d’organisation.

– La transition institutionnelle qui déborde le mode traditionnel de représentation et de  délégation au profit d’une implication sociale directe au gré des centres d’intérêts et des urgences du moment.

La loi NOTRE du 7 août 2015 prend en compte ces transitions en organisant la coopération des compétences territoriales portées par les Régions, les Départements et les Communautés de Communes. L’objectif est de parvenir à plus de réactivité, de cohérence et de pertinence de la part des services concernés. Les priorités que dessine cette loi impactent directement le champ de compétence de l’intercommunalité, d’autant que dans le but d’une plus grande proximité, les intercommunalités seront renforcées, particulièrement en ce qui concerne la préservation et la gestion des ressources aquifères, l’assainissement, le traitement des déchets. Pour leur part, les Régions monteront en puissance en ce qui concerne le développement économique, les transports et auront à rédiger et mettre en œuvre un schéma d’aménagement durable du territoire (SRADTT). Le SCOT, sitôt adopté,  devra y trouver sa place. A ce propos rien n’est précisé ni anticipé en ce qui concerne les modalités de coordination  pour  plus de cohérence.

Plus immédiatement le plan de prévention des risques littoraux pour le Pays de Monts dont la commune de Saint Gilles Croix de Vie, répertorie, non seulement les zones à risques, mais spécifie des préconisations qui modifieront l’urbanisme et l’architecture afin d’aménager des zones refuges d’ici  5 ans. Les travaux complémentaires de la commune et de la Communauté de Communes afin de sécuriser les quartiers du quai Gorin et des Greniers trouvent là tout leur sens. Ils sont à étendre le long de la rive gauche de l’estuaire de la Vie. Cependant ils ne sont pas intégrés dans le SCoT de même que plus largement ne sont pas précisées les modalités permettant de le rendre compatible  avec la loi littoral.

Sur ce chapitre on peut s’étonner de  que ne soit pas évalué l’impact de la création des sites Nature 2000 et Natura en mer, l’actualisation des ZNIEFF*, les dispositions  en cours du SDAGE et de son projet 2015/2021, le Schéma régional de cohérence écologique, le Schéma Régional Climat Air Energie des Pays de la Loire du 18/04/2014, et l’avis des organismes ayant autorité en matière d’environnement. La même méconnaissance frappe le schéma régional d’aménagement des forêts dunaires atlantiques, des modalités de gestion des risques d’inondation, du plan d’action pour le milieu marin et du schéma régional du climat, de l’air et de l’énergie.

Enfin certains aspects et non des moindres de notre contexte local ne semblent pas trouver toute leur place dans le futur SCOT :

–  Le secteur balnéaire dont la plaisance et la thalassothérapie donnent cependant lieu à des projets considérables appelés à modifier profondément les massifs dunaires d’implantation.

Ces projets, quel qu’en soient leurs ambitions économiques, comportent le risque de déséquilibres pour les milieux naturels et les tissus urbains d’ancrage. De même l’impact de nouvelles activités telles que la méthanisation ne sont pas évoquées ni évaluées en dépit du risque de leur impact sur le balnéaire et la salubrité des eaux.

‐ Les attentes des séniors se concentrent sur les domaines de l’urbanisme, de l’habitat,  d’une mobilité sécurisée, de l’accès aux services de proximité, sociaux et médicaux ( dont les déficits sont pointés sans préconisation) mais aussi de culture et de loisirs. Leurs attentes rejoignent celles des jeunes familles en recherche de logements dans des quartiers organisant la mixité sociale et intergénérationnelle.

‐ Une politique de transport plus volontariste associant les modalités traditionnelles et les modes de déplacement doux (marche, vélo…) à celles plus partagées, initiés par les usagers eux‐mêmes tels que le co-voiturage nécessitant des aires aménagées et sécurisées, ainsi que des offres de transports à la demande.

Paradoxalement ces solutions sont dans le même temps initiés par la Communauté de Commune et les Communes osant la mise en service de navettes.

‐ Le réchauffement climatique amène à réfléchir à un urbanisme donnant toute sa place aux techniques d’économie d’énergie, aux matériaux qui y concourent et…. au végétal, particulièrement quand la perspective est à la densification de l’habitat car celle‐ci est aussi facteur de réchauffement. Il faut donc rafraichir les villes en intégrant les espaces verts dans le tissu urbain, en aménageant des parcours paysagés, des ilots verts de repos, des parcs de loisirs, des jardins potagers sans oublier de végétaliser les toits et les murs pour une meilleure régulation des températures tant  les canicules risquent d’être plus fréquentes et plus intenses. Dans cette perspective, des innovations architecturales pourraient trouver leur place dans le cadre de nouveaux quartiers associant innovations et technologiques au service des économies d’énergie, de la  préservation  des ressources naturelles et de la qualité de vie. Le futur éco quartier pourrait être le terrain  d’application  de nouvelles conceptions et pratiques  déjà opérationnelles, avec succès, en d’autres lieux.

CONCLUSION
Le Schéma de Cohérence et d’Organisation du Territoire semble reste lacunaire sur des chapitres  entiers qu’il revient à la Communauté de Communes de préciser et de piloter pour remplir ses objectifs de développement au service des habitants pour les 15 ans à venir. Son flou est regrettable quant aux critères et modalités d’évaluations du suivi et du résultat de ses choix. Plus globalement, le SCoT n’atteindra pas ses objectifs s’il ne se  donne pas pour priorité la qualité de vie des habitants qui résident sur les 14 communes que compte le Pays de Saint Gilles sur Vie. Ce but sera d’autant mieux atteint que les habitants seront pleinement associés dans le cadre de consultations élargies et régulières.

 

Michelle Boulègue   bouleguem@gmail.com