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Bulletin 2018 Histoire Récits Mémoire

Les petits animaux de l’estran se racontent

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L’étoile de mer (Asterias rubens)

Vue grossissante des pieds ambulacraires ou podia

Il y a les étoiles filantes, l’étoile du berger, les stars du cinéma, les fleurs appelées asters et stellaires, les astéroïdes , et puis, il y a moi : l’étoile de mer. Il existe environ 2000 espèces d’étoiles de mer qui, comme les oursins et les ophiures, appartiennent à l’Embranchement des Echinodermes (de echino: piquant et derma: peau). Notre corps qui se divise en 5 parties (symétrie pentaradiée) est recouvert de plaques calcaires mobiles (soudées chez les oursins).

Avez-vous remarqué que je m’accroche quand on essaie de me prendre ? Ce sont mes pieds ambulacraires ou podia, très nombreux, terminés par des ventouses qui se collent et se décollent sans arrêt quand je me déplace.

J’ai aussi une façon bizarre de me nourrir. D’abord, ma bouche est en bas et mon anus est en haut ! Je suis la terreur des mytiliculteurs car j’adore m’attaquer aux moules et pourtant, je n’ai aucun moyen pour transpercer leur coquille. Alors, voilà mon secret : j’embrasse, au sens propre du terme, ma proie, en collant mes petites ventouses sur sa coquille et je tire lentement et très fort jusqu’à ce qu’elle cède en entrouvrant ses valves. Je dévagine mon estomac qui s’introduit à l’intérieur de l’animal, les sucs digestifs entrent en action, la chair de ma proie est ainsi liquéfiée à l’extérieur de mon corps et je n’ai plus qu’à tout absorber. Original, non ?

J’ai aussi un autre pouvoir extraordinaire : un bras de coupé, un autre retrouvé ! C’est un pouvoir de bourgeonnement que possèdent aussi d’autres animaux peu évolués comme les méduses, les hydres et les vers.

Et puis, le saviez-vous ? Je vois ! Mes yeux ressemblent à de minuscules taches rouges situées à l’extrémité de mes bras. Ce sont en fait des organes photorécepteurs constitués par de minuscules et nombreuses cupules contenant chacune, cristallin, gelée interne, rétine et fibres nerveuses. Des yeux miniatures !

Enfin, je ne vous dirai pas si j’ai une bonne mémoire visuelle et si je vous reconnaîtrai quand vous croiserez à nouveau mon chemin mais j’accepterai ce compliment quand vous me direz :  » t’as d’beaux yeux, tu sais !  »

Le pignon (Donax vittatus ou trunculus)

pignons et six siphons

J’ai été chanté par des groupes folkloriques (Bise-Dur et le Nouch) « pignon gratte, pêchons les jolis pignon» mais hélas ma chanson n’a pas eu autant de succès que «la pêche aux moules ». Depuis des générations donc, ma pêche est un rituel sur les plages de Saint- Gilles- Croix- de -Vie, Saint- Jean- de -Monts et Les Sables- d’Olonne. Certains me pêchent « aux trous », d’autres avec une griffe ou encore avec une drague qui laboure le sable pour me déloger. Je suis donc bien enfoui dans le sable fin et non vaseux. A marée haute, seuls mes deux siphons sortent du sable, l’un pour aspirer l’eau et la nourriture (plancton et matières organiques en suspension), l’autre pour rejeter l’eau et les déchets. À marée basse, je m’enfonce de quelques centimètres en gardant de l’eau qui me fournit l’oxygène nécessaire à ma survie. Je peux m’enfouir très rapidement à l’aide de mon pied musculeux qui creuse comme le soc d’une charrue. Ma pêche est réglementée et je dois mesurer au minimum 2,5 cm. On me fait aussi des analyses régulières pour voir si je n’ai pas absorbé trop d’Escherichia coli (le bacille du gros intestin….beurk! ) pouvant provenir des boues rejetées sur la plage. Même si je me reproduis bien, laissez-moi le temps de me développer. Pas plus de 2kg par personne et par marée. Mon nom scientifique est Donax vittatus ou Trunculus et mon nom français Donace des canards en raison des Bernaches qui fouillent le sable pour me trouver. C’est vrai que ce nom est peu utilisé suivant les régions, on m’appelle flion, Lagagnon, olive, blanchette ou pignon. Je préfère pignon, c’est tellement plus mignon !

Pignon sortant son pied pour s’enfoncer dans le sable

On m’appelle parfois Telline. Scientifiquement parlant, les vraies tellines (Telline papillon, Telline aplatie) font partie des Tellinidés et moi des Donacidés. Ces deux familles sont des Mollusques Lamellibranches ou Bivalves comme les huîtres et les moules. Je diffère des vraies Tellines par quelques caractères : une forme plus bombée, des petites dents qui bordent l’intérieur de ma coquille et aussi une coloration violette à la face interne de mes valves. Comme les chiens (Canidés) et les chats (Félidés), nous les pignons, ne sommes ni de la même famille, ni de la même espèce que les vraies tellines. Nous ne pouvons donc pas nous reproduire avec elles. Quel dommage ! Je les trouvais pourtant séduisantes !

PS: Telline est devenu un nom vernaculaire qui désigne des bivalves me ressemblant.

Texte et photographies de Catherine CHAUVET

Bulletin 2016 Histoire - Récits - Mémoire

Les 40 ans du Conservatoire du Littoral

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Acteur majeur de la protection du littoral, V.I.E soutient ses objectifs et n’a jamais manqué de répondre à ses sollicitations depuis sa création. Nous avons donc tenu à rappeler ses missions et leurs impacts au service de la protection du littoral et de la flore dunaire.
C’est un établissement public, administratif de l’Etat, placé sous la tutelle du Ministère de l’Environnement et de l’Aménagement du Territoire. Il a été créé en 1975. Objectifs : mener une politique foncière visant à la protection définitive des rivages maritimes et lacustres en métropole et départements d’Outre-Mer. Objectif pour 2050 : acquérir 1/3 du littoral français afin qu’il ne soit pas construit ou artificialisé. Objectif élargir au domaine public maritime, aux zones humides, aux estuaires et aux lacs.

Fonctionnement :

le siège est installé à la Corderie Royale de Rochefort. Il existe : un Conseil d’Administration (élus nationaux et des représentants des ministères), dix Conseils de rivages (élus départementaux et régionaux) et un Conseil scientifique.
Sur le terrain, 900 gardes du littoral, employés par les collectivités locales, entretiennent et mettent en valeur les espaces naturels. Le garde sur la Communauté de Communes du Pays de Saint Gilles Croix de Vie est Renan WANHERDRICK, dont vous avez pu faire la connaissance, lors de notre assemblée générale du 13 juillet 2013. Il agit sur les 140 ha du Conservatoire, répartis sur les trois communes littorales du canton : Brétignolles sur Mer, Saint Gilles Croix de Vie et Saint Hilaire de Riez.

Missions du Conservatoire du Littoral:

Acquisitions : Résultats d’une politique ambitieuse, rendue possible à la fois par des fonds publics (dotation de l’Etat, de l’Europe, des collectivités territoriales, établissements publics) et des fonds privés (legs, mécénats). 70% des acquisitions se font à l’amiable, le Conservatoire étant prioritaire à l’achat des parcelles, lorsqu’elles sont situées en ZPENS (Zone de Préemption des Espaces Naturels Sensibles).

Gestion des sites, Projet de conservation :

  • gouvernance (comité de gestion)
  • surveillance (garde du littoral)

Animation et suivi : les travaux de restauration sont fi nancés par le Conservatoire du Littoral. L’entretien courant et la valorisation des sites sont réalisés par les collectivités locales (ou autres organismes gestionnaires) qui emploient les gardes du littoral ;

Les Dunes du Jaunay et de la Sauzaie

Le retour de l’oeillet des dunes, résultat d’une protection efficace (photo V.I.E.)

Le retour de l’oeillet des dunes, résultat d’une protection efficace (photo V.I.E.)

C’est l’unique vaste plateau dunaire non boisé du département. Il est protégé depuis 1990. Et le Conservatoire en acquiert des parcelles à l’amiable ou par préemption depuis 1992. Il possède actuellement 70 ha en 57 acquisitions, alors que le total du massif dunaire représente 330 ha répartis sur les deux communes de St Gilles Croix de Vie et de Brétignolles sur Mer. Du côté de Saint Gilles Croix de Vie 85% des parcelles appartiennent au Conservatoire, contre 8% pour Brétignolles sur Mer. Une convention de gestion tripartite lie le Conservatoire du Littoral, la Communauté de Communes du Pays de Saint Gilles Croix de Vie et le Conseil Départemental. Ce dernier participe également au financement de la gestion du site. Lors de notre rencontre le 11 septembre 2015, Renan Wanherdrick a évoqué le plan de gestion du site Natura 2000 de la Sauzaie, lancé par la Communauté de Communes, financé par la Région et la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’aménagement et du Logement), en partenariat avec le Conseil Départemental de Vendée, le Conservatoire du Littoral et les communes. Ce plan de gestion a été établi suite à une étude de fréquentation réalisée en 2012 et une analyse des caractéristiques écologiques du site (milieux, fragilités, cheminements..) Il a pour objectif de maintenir, restaurer et valoriser les qualités biologiques et paysagères du site dunaire. On y trouve par exemple : l’amélioration de l’accueil du public ( requalification des cheminements, amélioration de l’information, réfection de parking, platelage en bois sur les accès plage…), la lutte contre l’envahissement par les peupliers blancs et les espèces exotiques invasives (Ailanthe, Baccharis), l’intégration paysagère des équipements.
En ce qui concerne l’accueil du public, le garde du littoral a réalisé plusieurs animations : 7 classes, entre mai et juillet, 2 groupes en accueil loisirs cet été ainsi qu’une sortie grand public à l’occasion des 40 ans du Conservatoire du Littoral. Parallèlement, notre association sensibilise le public au cours d’herborisations mensuelles entre mai et septembre. Dans le cadre de la lutte contre les plantes invasives, Renan Wanherdrick a également abordé le diagnostic agro-écologique, réalisé par la L.P.O. (Ligue de Protection des Oiseaux) l’objectif, à l’aide d’un contrat Natura 2000, est de mettre en pâture les parties envahies par les peupliers et les graminées qui font disparaître la flore dunaire.
Pour arracher les plantes ligneuses envahissantes (Ailanthus altissima, Baccharis halimifolia, Populus alba), la Communauté de Communes prévoit l’utilisation de chevaux ou l’arrachage manuel selon les cas. Un autre danger guette notre dune et sa fl ore spécifi que, après la sur-fréquentation et les espèces végétales envahissantes, c’est l’évolution du trait de côte et l’avancée de la mer. Résister ? Subir ? S’adapter ?

Janine.bureau@sfr.fr
Sources
Publication de la Ligue de Protection des Oiseaux( LPO) « L’oiseau Mag » de l’été 2015
Site : www.conservatoire-du-littoral.fr
Compléments d’information fournis par Renan Wanherdrick.

Bulletin 2015 Les rendez-vous de V.I.E.

Sortie nature sur la Corniche de Sion

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Sortie avec Nature et culture (photo V.I.E.)

Sortie avec Nature et culture (photo V.I.E.)

Pour la première fois une sortie nature a été organisée, le 21 août 2014, en partenariat avec l’association Nature et Culture de Saint-Hilaire-de-Riez sur la Corniche de Sion. Cette sortie pluridisciplinaire abordait la géologie, l’ornithologie, la flore de la dune perchée, les invertébrés et les algues de l’estran rocheux, sans oublier les légendes. La sortie a débuté par la présentation géographique de cette corniche, «la pointe noire», repérée par Pierre Garcie Ferrande entre les grandes étendues sableuses de Saint-Gilles Brétignolles au sud et de Saint Hilaire-Saint Brévin au nord. Elle s’est poursuivie par un exposé géologique qui a replacé notre département à la limite du Massif Armoricain et du Bassin d’Aquitaine. La Corniche appartient donc à l’ensemble plissé et métamorphisé du Massif Armoricain.
En cheminant le long de la promenade pédestre, nous avons progressivement découvert la flore caractéristique de cette «dune perchée» dont la présence s’explique par les grandes différences du niveau de la mer au moment des grandes glaciations de l’ère quaternaire, ce sont en quelque sorte des dunes fossiles témoins du niveau de la plage en cette période interglaciaire (de -130 000 à -100 000 ans). Les plantes de faciès sableux (cakilier maritime, giroflée des dunes, pavot cornu, lagure ovale…) sont parfois associées à des plantes de faciès vaseux (lavande de mer, obione) qui témoignent de la présence ponctuelle de vase argileuse provenant de la décomposition superficielle des schistes.

Remarque d’un de nos visiteurs : «Quand je pense que je passe là très souvent depuis 30 ans, et que je n’avais jamais vu tout cela !», notre récompense.

Sur les pentes, voire sur le béton, poussent des plantes de faciès rocheux maritime, en particulier la criste marine ou perce-pierre. Court arrêt en face des Cinq Pineaux, se détachant sur l’océan, pour évoquer leur légende. En descendant l’escalier de la «Goutaille», la bien-nommée, nous observons les plantes de rochers suintants, plantes d’eau douce : joncs, glaux maritime et mouron délicat. En longeant l’estran sableux, nous avons pu observer la diversité des algues, la spécificité de leur localisation et découvrir leurs nombreuses utilisations existantes ou en cours de recherche. Sans oublier quelques invertébrés de l’estran rocheux : littorines, dont les bigorneaux, anémones de mer, patelles, balanes…. Tout en cheminant, nous avons repéré quelques oiseaux sur les rochers, ou en vol : grand groupe de tourne-pierres, familles de goélands argentés avec jeunes, goélands bruns, jeune cormoran, aigrette garzette, sternes.
Remercions les animatrices de cette matinée : Catherine, Françoise et Janine qui ont su faire partager leur passion et leurs connaissances aux participants.

Cette sortie est elle la première d’une longue série ?