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Bulletin 2018 Histoire Récits Mémoire

Les phares et les feux à Saint Gilles Croix de Vie.

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Quelques définitions selon le bureau des Phares et Balises :

Un phare est un établissement de signalisation maritime qui respecte au moins deux critères parmi les quatre ci-dessous :

-Fonction : établissement de grand atterrissage ou de jalonnement.

-Hauteur : établissement d’une hauteur totale au-dessus du sol de plus de 20m.

-Intensité : établissement dont le feu est d’une intensité supérieure à 100 000 candelas.

-Infrastructures : établissement abritant dans son enceinte un ou plusieurs bâtiments des Phares et Balises

Les feux relèvent au plus d’un de ces critères

 

Quelques dates repères :

-11 décembre 1815

Lettre de l’ingénieur Duvivier au préfet à propos de la viabilité du port et des conflits entre les maires « Le port de Saint- Gilles, quoique formé par les 2 communes (Croix- de- Vie et Saint- Gilles- sur- Vie) doit rester un pour tous. L’accueil des navires qui le fréquentent, les soins de sa conservation et la garantie de ses établissements doivent ressortir d’une seule et même autorité ».

-30 mars 1832.

L’ingénieur Plantis développe le projet d’un feu à l’entrée du port sur le grand môle : « Nulle part un pareil feu n’est plus utile qu’à Saint Gilles où le havre est extrêmement dangereux même le jour. Le feu devrait avoir une portée de 3 lieues et un demi- horizon. Le feu sera établi sur le grand môle situé à l’entrée du port de Saint Gilles et au centre de la partie circulaire faisant le musoir, d’une hauteur suffisante, il sera maintenu au moyen d’une potence en charpente et de deux tiges directrices en fer ».

-26 mai 1833

L’ingénieur Plantis adresse au sous- préfet des Sables- d’Olonne un rapport relatif au traitement de la barre à l’entrée du port : « L’ouvrage est nécessaire mais trop coûteux et sans rapport avec l’importance du port (…) Il vaut mieux se borner à propos d’ouvrage ayant pour but de remédier au danger de voir l’existence du port attaquée par la mer depuis la destruction de la garenne(….) On atteindra ce résultat en construisant un môle vis à vis de celui existant et appelé à Saint Gilles « Grand môle ».

A partir de cette date on notera successivement un projet en date du 1er février 1850 émanant des Ponts et Chaussées, division des phares et fanaux puis un mémoire des travaux effectués, en date du 28 décembre 1872.

-12 mars 1834

Le sous -préfet des sables d’Olonne transmet au préfet une pétition des habitants et du conseil municipal de Croix -de- Vie visant à obtenir le désensablement du port et demandant qu’il soit envisagé une canalisation de la Vie jusqu’au pont Godrant (pont en fer) construit en vue de faciliter le passage entre les deux communes et le chemin de fer en cours de construction.

-1er juillet 1852 : Mise en place d’un feu de port sur la tour du Grand Môle.

Il s’agit d’un feu rouge fixe sur une tourelle cylindrique en maçonnerie de pierre de taille de 8,50 m de hauteur. Le feu est éteint en 1880 quand sont allumés les feux d’alignement

-1er octobre1880 mise en service de deux feux d’alignement :

–     Feu antérieur sur le quai du port entre le grand Môle et le Môle de l’Adon.

Feu à occultations rouges (3=1) toutes les 12 secondes. La tour est peinte en noir avec encadrement en rouge (avis du 15 décembre 1919) puis peinte en blanc avec encadrement en rouge (avis de juin 1963).

  – Feu postérieur à 250m et à 039° du précédent ( rue Henri Raimondeau).

Feu directionnel fixe rouge dans une tour carrée sur corps de logis de 22,30 ; de hauteur selon les plans de Dingler.

-15 janvier 1890, renforcement du feu. Le réflecteur est remplacé par un appareil lenticulaire et secteur rouge et vert installé dans la tour réhaussée par l’établissement d’une lanterne métallique au sommet de la tout. Alignement modifié en juin 1971 au 45°

  L’accès au port est amélioré après-guerre :

– Février 1960, feu de la Garenne en bout de la jetée du même nom.

– Mai 1964 feu de Boisvinet en bout de la jetée

– 1972 construction du feu de Grosse Terre afin de compenser l’occultation partielle des feux d’alignement par les immeubles.

 

Michelle Boulègue

-Sources : Encyclopédie Hachette multi media
-Documentation personnelle de Bernard de Maisonneuve (CRHIP)
-Illustrations : Cartes de Bernard de Maisonneuve. VIE-CRHIP

 

Bulletin 2018 Histoire Récits Mémoire

Un métier d’ange gardien

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Noëlle a sans doute été la dernière femme gardien de phare sinon la seule et la première à Saint Gilles- Croix- de- Vie lorsqu’elle eut à faire équipe avec Joël, son mari

Tout a commencé le 1er janvier 1970 quand celui- ci a été nommé aux services techniques à la Mairie de Saint– Gilles Croix -de -Vie. A ce moment-là, monsieur Pateau, titulaire du poste de gardien des Phares et Balises, venait de prendre sa retraite, laissant son poste vacant. Et voilà comment Noëlle, secrétaire comptable de son métier, s’est retrouvée nommée gardien de phare en échange du logement de fonction, des plus spartiates, situé sur l’éperon de Pontchartrain au bout duquel fut installé en 1852, en haut de ladite « tour Joséphine » le premier feu du port (Cf. ci-dessous « Les feux de Saint-Gilles-Croix-de-Vie »).

De fait, c’est le couple qui s’est retrouvé en charge des feux de Croix-de-Vie.

La fonction exigeait une telle disponibilité et des compétences si variées qu’un gardien, retraité, fut dépêché des Sables- d’Olonne, une semaine durant pour initier la nouvelle équipe qui engagea autant Noëlle que Joël, en plus des charges professionnelles de celui-ci.

Ils découvrirent ainsi les subtilités du réglage des horloges, selon la durée du jour, pour chacun des 4 feux du secteur (1). Ils apprirent à changer les manchons des lampes à gaz des feux de la Garenne et de la bouée de Pil’Hours, par tous les temps, à tout moment car l’exposition aux embruns en raccourcit d’autant la longévité. Changer les lampes du feu postérieur dit « Grand Phare », c’était d’embarquer dans l’ascension des 103 marches de son escalier en colimaçon. Il est vrai que la récompense d’une vue exceptionnelle sur le port et le grand large était à la mesure de l’effort.

Le gardien avait aussi la responsabilité de la mini- station météo installée dans le jardin du logement de fonction. Le gardien devait noter chaque jour l’orientation du vent, sa force, le niveau des chutes de pluie, de neige et de grêle. Les états, sitôt établis, étaient transmis à la station départementale de la Roche- sur-Yon. Ce jardin, hébergeait également un zoo, modèle réduit, composé d’un lapin, d’un canard et d’un goéland. A l’heure de la sieste, chacun s’installait sur sa marche de l’escalier menant à la mini-station de météo. Le spectacle ne manquait pas d’amuser les promeneurs.

Les émoluments accordés au gardien comprenaient, outre le logement, la jouissance d’un potager équipé d’un puits et clos de murs le protégeant des embruns. De fait deux ou trois marins, retraités dont Jojo Leblois, en ont assuré la culture avec une joviale efficacité. Ce jardin est aujourd’hui un jardin public qui permet d’apprécier une vue exceptionnelle sur le port tandis qu’un monument érigé en 2014 est dédié à la mémoire des marins péris en mer.

Le soir venu, le gardien entrait en fonction. Il commençait par faire une tournée des feux afin de s’assurer que tout était en ordre de marche pour la nuit. Une deuxième tournée s’effectuait vers 23 heures. Il y eut des nuits mémorables quand, rincé par la pluie, il fallut remplacer la lampe de Boisvinet par gros temps, cramponné aux derniers barreaux d’une échelle glissante arrosée par les vagues qui se ruaient sur le bout de la jetée. L’exercice était tout aussi périlleux au feu de la Garenne dont l’accès à l’échelle en place nécessite de lui accrocher une échelle mobile qu’il fallait récupérer dans le local des Phare et Balises de la Garenne et la porter à l’épaule jusqu’au bout de la jetée quand les vents d’efforçaient de la prendre par le travers. Une nuit, il fallut remplacer le manchon de la lampe à gaz. C’est alors que le corps plié en deux sur le haut de la rambarde de la plateforme, le visage juste au-dessus du brûleur, l’opérateur enflamma le gaz accumulé en approchant l’allumette, se grillant la face sur le champ tandis qu’une manche de son duffle-coat s’enflamma. Remis de ses émotions, Joël revint à la charge car il fallait coûte que coûte assurer le bon fonctionnement du balisage de l’entrée du chenal, surtout par gros temps. Cette fois- ci le diable était de la partie car à la deuxième tentative les gaz s’enflammèrent à nouveaux ! A grands coups de pédales, il a battu ses records de vitesse pour faire le tour du port et alerter de toute urgence Radio Conquet (ce pouvait aussi être Radio Saint- Nazaire). Immédiatement, l’opérateur de permanence informa les navires en mer car la portée des feux de secours était moindre. La situation était particulièrement périlleuse quand le feu de secours n’avait pas pu être mis en marche. Dès le lendemain un électromécanicien intervint sur place. Mais c’étaient les jours et les nuits de brume que le gardien était en alerte. Souvent les gardiens de phare de Noirmoutier et de l’île d’Yeu, voyant la brume arrivée avant lui, l’en prévenait aussitôt. Il fallait que les feux soient visibles. Pour s’en assurer par temps de brume il fallait aller sur place et cela plusieurs fois nuit et jour pour s’en assurer. Il fallait aussi que la corne de brume fonctionne aussi longtemps que les feux n’étaient pas visibles. Le système était activé par la réception, sur le réflecteur situé sous la fenêtre de la façade du feu intérieur, de faisceaux lumineux émis respectivement depuis le poste technique de Boisvinet et du local des Phares et Balises de la Garenne.  Le maintien en état de marche nécessitait de changer toutes les deux heures les convertisseurs situés dans le local technique de Boisvinet dont l’accès était aussi un lieu de rencontre. Une nuit, Noëlle s’y fit agresser.

Remplacé depuis par un système électronique, l’ancien dispositif est encore repérable. Pour preuve, cette année, un oiseau malin a installé son nid sous l’auvent en zinc qui abrite la lunette du local et la Garenne. Il pouvait arriver que la corne de brume s’active par temps clair. Le responsable était souvent un goëland juché sur la lampe et l’occultant. D’autres farceurs pouvaient inquiéter Joël. C’est ainsi qu’un matin il remarqua que le feu de la Garenne avait changé de couleur. Rendu sur place,  il découvrit que dans la nuit on avait tiré sur les durites d’alimentation de gaz et que la réserve annuelle de gaz liquide s’était répandue, se gélifiant sur les flanc de la bonbonne en l’encroûtant de blanc.

Les années passant, les feux d’alignement et d’horizon, virent leurs secteurs partiellement occultés par les constructions comme les immeubles  « Merlin ». C’est alors que le feu dit de « Grosse Terre » fut édifié en 1972, sur la Corniche et placé, lui aussi , dans le périmètre de vigilance du gardien de phare.

En 1991, Joël put prendre sa retraite mais dut rester gardien des feux de Saint-Gilles-Croix-de-Vie jusqu’à ce qu’en 1996, les feux soient dotés de cellules photoélectriques s’allumant automatiquement à la tombée du jour et s’éteignant au jour levant. Dans le même temps, les nouvelles lampes à iode ne nécessitèrent plus un remplacement aussi fréquent.

Mission accomplie pour le gardien des feux de Saint Gilles Croix de Vie.

Aujourd’hui, Joël resté seul à se souvenir, garde en lui un profond respect pour les gens de mer, tant il a eu à approcher, si modestement soit- il, les dangers de leur métier.

Michelle Boulègue à partir du témoignage de Joël Craipeau et des archives personnelles de Bernard de Maisonneuve.

(1) Il s’agissait des deux feux d’alignement situés en face de l’actuelle Mairie et rue Henri Raïmondeau ainsi que des feux de la Garenne et de Boisvinet (situés respectivement au bout des jetées de même nom)
Bulletin 2017 Histoire - récit - mémoire

Promenons-nous sur le port

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Que le soleil se montre impitoyable ou qu’il vente « à décorner les bœufs », qui peut résister à une promenade le long des quais, depuis le Pont de la Concorde jusqu’à la Corniche et, pour les plus courageux, jusqu’à la plage de Saint-Hilaire ?

Si le touriste de passage connaît le port de pêche et la célèbre sardine de Saint-Gilles-Croix- de-Vie, peut-être ne s’attend-il pas à découvrir, bien rangés à l’abri de leur anse creusée derrière la criée, une flopée de bateaux de plaisance se balançant mollement sur les pontons. C’est que le port de plaisance est un fringant quadragénaire, alors que le port de pêche, s’il n’atteint pas l’âge de Mathusalem, plonge ses racines dans l’Antiquité et se développe avec la construction, au début du 17è siècle, du « grand môle » ou « quai neuf de Madame », grâce à Marie de Beaucaire.

Ecoutons Loïc du Rostu qui écrivait en 1977 (1) : « Jusqu’en 1939, il n’y avait dans notre port que quelques plaisanciers, une dizaine peut-être. J’ai souvenir d’un seul bateau pouvant être baptisé yacht, un beau voilier mouillé à Saint-Gilles devant la « Philharmonique » et appartenant, je crois, à un Nantais. Quelques petits canots à moteur, quelques mixtes modestes servaient à la promenade et à la pêche ».

Le port de plaisance est né d’une conjonction favorable, des astres sans doute, mais surtout de l’élan dans les années 1960 vers les activités de plaisance et de la structure spécifique du bassin, bien protégé par les longues digues de l’entrée du port de pêche.

Cette situation n’avait alors pas échappé au Président du Cercle nautique, Michel Ragon, devenu maire. Dans la foulée de la fusion des deux communes en 1967, il commence par aménager le petit bassin pour les plaisanciers, puis lance les travaux pour un véritable port de plaisance le 13 octobre 1974. Financièrement, le projet était bien conçu et les emprunts amortis en 20 ans (pour une concession de 50 ans) laissaient augurer d’une bonne rentabilité.

En 1976, le port de plaisance est inauguré dans sa principale configuration actuelle. Continuons notre balade. Laissons les quelques bateaux accrochés aux quais à la croisée de l’embouchure de la Vie et du Jaunay.

Suit le long ponton parallèle au quai, qui peut voir s’amarrer les voiliers des grandes courses au large. Le port se souvient avoir accueilli à quatre reprises, en 2004, en 2006, en 2009 et en 2012, des étapes de la course du Figaro. C’est également le port de Saint-Gilles-Croix-de-Vie qui avait été choisi en novembre 2012 par des marins pour se préparer au Vendée Globe, notamment Samantha Davies et son SAVEOL (2), que de nombreuses personnes ont pu visiter.

Avançons derrière l’aire de carénage, dont la gestion a été confiée à la SEMVIE, comme l’ensemble du port de plaisance et des installations (le nouveau délégataire est la Communauté de Communes du Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, depuis le 1er avril 2015). Notons que le capital de la SEMVIE, société d’économie mixte créée le 1er janvier 1981 est détenu pour 62% par la commune de Saint-Gilles-Croix-De-Vie et 20% par la Caisse des Dépôts et Consignations.

Mais observons l’activité de l’aire. Les navigateurs s’activent, les uns à repeindre les coques attaquées par les eaux salées, d’autres à faire des réparations sur leurs moteurs malmenés par des houles féroces. Les postes d’électricité et de soudure fonctionnent à plein. L’élévateur capable de soulever 35 tonnes ne prend pas de repos. Ce sont 2 500 manœuvres par an qui s’y déroulent, l’accès en est facile, entre le bassin et le vaste parking.

Prenons le chemin bordé d’un côté par des buissons de plantes locales et de l’autre par les pontons solidement fixés au quai. Une atmosphère de légèreté et de quiétude s’en dégage, tout est à sa place. Les voiliers et les bateaux de pêche-promenade (ces derniers représentant 80% de la flotte) se répartissent indifféremment sur les 1 013 anneaux loués à l’année. La taille moyenne de ces bateaux est d’environ 8 mètres, les bateaux les plus imposants étant en général amarrés en face, sur le quai Marie de Beaucaire.

Ce que le visiteur peut découvrir en premier et apprécier, c’est l’assistance aux bateaux lors de leur arrivée, notamment pour les guider dans les courants jusqu’à l’accostage. Ce sont jusqu’à sept saisonniers qui concourent l’été à la réception des plaisanciers dans le chenal et au guidage jusqu’au ponton.

Des services appréciables sont offerts aux plaisanciers, comme l’accès aux sanitaires tout près des pontons ou la possibilité de faire le plein 24h/24. Le port dispose de 100 anneaux supplémentaires pour les plaisanciers en escale, plus 50 anneaux dégagés provisoirement par des plaisanciers à l’année en voyage. Une darse pour les visiteurs (obligation légale) est creusée à 3 mètres au-dessous du niveau zéro pour les visiteurs. Le port, comme d’autres ports de l’Atlantique, s’est engagé dans le système des « passeports-escales ». Celui-ci permet, depuis 2013, de profiter d’escales gratuites pour les plaisanciers dans les autres ports affiliés, avec leur accord, ou d’obtenir le remboursement de l’escale. L’adhésion à ce système a entraîné une croissance de 6,5 % de l’activité de passage.

Le port dispose, comme atout précieux, d’un bassin très abrité par la dune de la Garenne. En cas de forte tempête, il n’est à déplorer aucun accident sérieux. L’exemple le plus significatif est celui de la terrible tempête XYNTHIA. Nul n’a oublié que le 28 février 2010, celle-ci a provoqué la mort de 59 personnes en France et près de deux milliards d’euros de dommages. La côte vendéenne a été particulièrement touchée. Cependant, même si des dégâts ont été constatés sur l’aire de carénage et le petit bassin nautique près de la Tour Joséphine, aucun bateau n’a subi de dégradation dans le port de plaisance.

Pour les plaisanciers, le coût de l’accostage au port de plaisance représente une dépense modérée. La chambre régionale de la Cour des Comptes, dans son rapport de 2015 (3) « a tenté de comparer les tarifs 2014 des ports des départements voisins, en gardant à l’esprit que les prestations et les tarifs qui en découlent diffèrent d’une collectivité à une autre. Sa modération lui permet de rester compétitive face aux autres ports voisins. On observe que les tarifs de Port-la-Vie sont relativement proches de la moyenne. » La Cour des Comptes ajoute : « La renommée du port ne faiblit pas. Il affiche complet et la liste d’attente compte 400 noms alors que certains ports vendéens n’ont plus de liste d’attente depuis que l’environnement économique général s’est dégradé. »

De même, la SEMVIE s’attache à développer les activités nautiques, notamment en direction des jeunes du pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, avec des partenariats étroits avec le CVGC (Club de Voile de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, activités de loisirs et régates). Les jeunes peuvent s’intégrer ensuite au tout récent TEAM VENDEE (qui a remplacé le Pôle Vendée France), centre d’entraînement des futurs champions de la voile, qui participe à la renommée du port de Saint-Gilles-Croix-de-Vie.

Financièrement, le port de plaisance affiche une belle santé puisque l’activité portuaire est bénéficiaire.

Mais le tableau ne serait pas complet si le problème récurrent du port n’était évoqué, à savoir les opérations de dragage. Comme l’explique une précédente étude de V.I.E. publiée dans le bulletin de 2015 (4), le désenvasement est justifié « par la nécessité économique de navigabilité dans le chenal de l’estuaire et dans les bassins portuaires. » Mais la solution actuelle de dragage (par un engin appartenant à la SEMVIE) a suscité quelques interrogations sur la nocivité des rejets et « les risques sanitaires engendrés par les différents contaminants contenus dans les sédiments dragués qui ont motivé des signalements de la part de responsables de clubs de sports nautiques et de leurs adhérents ». Cependant ces observations doivent être modérées par l’effet des autres sources de pollution. Des solutions sont étudiées sans qu’aucune position ne soit pour le moment retenue.

La visite du port de plaisance s’achève sur l’esplanade qui accueille à gauche les installations de la criée et à droite divers commerces, prélude à un centre-ville commerçant tout proche. Cette proximité concourt à conserver l’harmonie entre les ports de plaisance et de pêche, dont chacun tire profit des activités de l’autre. Nul doute que l’idée des années 60 a fait plus que son chemin et que le port a encore de beaux jours devant lui.

Christine Ménard

 

 

  1. Article août 1977 du « Vendée Journal – Edition de St GILLES CROIX DE VIE »
  2. Escale du voilier de course SAVEOL en 2012 : https://www.youtube.com/watch?v=Amp68pMFA24
  3. Rapport de la cour des comptes publié sur le site : http://www. ccomptes.fr/Publications/Publications/Societe-d-economie-mixteSEM-de-gestion-pour-la-mise-envaleur-de-Saint-Gilles-Croix-deVie-SEMVIE-Vendee
  4. Extrait du Bulletin de V.I.E. http://association-vie-vendee.org/le-dragage-des-ports-desaint-gilles-croix-de-vie-quellesalternatives/