Association VIE Vendée » Blog Archives

Tag Archives: accessibilité

L'océan, acteur majeur du Pays de SGXV

DÉLÉGATION DE SERVICE PUBLIC DU PORT DE SAINT-GILLES-CROIX-DE-VIE.

Published by:

Le Département de la Vendée est propriétaire des
infrastructures du Port de Saint-Gilles-Croix-de-Vie
et en déléguait jusqu’à présent la gestion au Pays de
Saint-Gilles-Croix-de-Vie Agglomération. Ce dernier
avait subdélégué cette mission à deux Sociétés
d’Économie Mixte : la SEM des Ports pour le port de
pêche et la SEMVIE pour le port de plaisance. Cette
délégation et ses subdélégations sont contractuellement
arrivées à échéance le 31/12/2025.
Dans cette perspective et conscient des enjeux auxquels
sont confrontées les activités de pêche et de
plaisance, le Conseil départemental de la Vendée a
souhaité privilégier la synergie entre les deux vecteurs
de l’activité portuaire en confiant la gestion
globale du port à une seule entité sans subdélégation possible.
Un appel d’offres a donc été lancé courant octobre
2024 en vue de désigner un nouveau délégataire.
Cette consultation était ouverte à tous les candidats
présentant les compétences requises, groupes privés,
collectivités, sociétés d’économie mixte, etc…
Le Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie Agglomération a
alors désigné la SEM des Ports pour répondre
à cette consultation. La collectivité s’était donnée
toutes les chances de remporter cet appel d’offres en
anticipant ses réflexions, sous l’égide de la SEMVIE,
par une vaste consultation des acteurs locaux, économiques
et associatifs, et ceci dès novembre 2023,
dans le cadre de 4 ateliers participatifs auxquels des
membres de V.I.E. ont participé assidûment.
Deux candidats ont remis au Conseil départemental
leurs propositions le 13 janvier 2025 : la SEM des
Ports et le groupe EDEIS (gestionnaire du Port de
Saint Malo entre autres).
Au terme d’analyses et de négociations poussées, le
Conseil départemental a attribué, en novembre dernier,
le marché à la SEM des Ports et signé avec elle
un Contrat de Délégation de Service Public débutant
le 1er janvier 2026 pour une durée de 20 ans.

Quelles conséquences pour nos SEM ?

• Quelque fut le résultat de l’appel d’offres, le
démantèlement et la dissolution volontaire de la
SEMVIE s’imposaient. Les dispositions suivantes ont
donc été anticipées :

• Cession de l’activité Dragage.
La drague, propriété de la SEMVIE, a été vendue à la
SEM des Ports le 31 juillet 2025, et le personnel
attaché à cette activité a été transféré à la même SEM.

• Transfert des Activités Nautiques.
Les activités nautiques gérées par SEMVIE Nautisme
(École de voile, Char à voile, Surf) sont transférées
dans un EPIC (Établissement Public Industriel et Commercial)
créé par la ville de Saint-GillesCroix-de-Vie.
Cette nouvelle structure prend le nom de
Saint-Gilles-Croix-de-Vie Nautisme et prend en
charge le personnel et le matériel de SEMVIE Nautisme
à compter du 01/01/2026.

• Gestion du Forum de Port la Vie.
La gestion du Forum de Port la Vie (commerces,
salles de réunion) était confiée par la ville à la
SEMVIE. La ville, propriétaire de ces locaux, reprend
en direct leur gestion.

• Gestion du Port de plaisance.
Cette activité est arrivée contractuellement à
échéance le 31/12/2025 et a été attribuée à la SEM
des Ports. Le personnel et le matériel de la SEMVIE,
attachés à cette activité, ont été transférés à la SEM
des Ports à compter du 01/01/2026.

• La SEM des Ports assure désormais la gestion de
l’ensemble des activités portuaires et des infrastructures.
L’entretien et la rénovation de celles-ci lui
incombent dans le cadre du Contrat de Délégation
de Service Public dont elle est titulaire.
Pour ce faire, elle va devoir se renforcer financièrement
en faisant entrer au capital de nouveaux actionnaires,
structurer sa gouvernance, préciser son organigramme.
Ce début d’année s’annonce chargé !

Notre environnement

L’INCROYABLE JARDIN DE MONSIEUR TORTERUE : UN LIEU MAGIQUE.

Published by:

Au cœur de Saint-Gilles-Croix-de-Vie il est bien plus qu’un simple potager-verger :
c’est un espace de rencontre, de partage et de respect du vivant.
Créé par le collectif Les Incroyables Jardinières et Jardiniers avec l’accord du
Centre Hospitalier Loire Vendée Océan, ce jardin participatif, issu d’une
initiative de V.I.E., s’inscrit dans le mouvement mondial des Incroyables
Comestibles (Incredible Edible) fait de regroupements de citoyens qui valorisent
des espaces urbains improductifs en espaces cultivés, participatifs, ouverts à
tous.

Le projet a débuté sur une pelouse de l’hôpital. Un Comité d’Organisation et de
Réalisation (COR) s’est constitué dès octobre 2016 : lieu d’invention, de
discussions sans fin durant plus d’une année entre Gaëtan, Jean-Paul, Jean-Louis,
Jean-Jacques, Louis, Pierre-Henri, Dominique, Mimi, Michèle, Patricia… afin de
faire des idées une réalité.

Tous, nous voulions amener de la vie sur cet espace végétal, faire pousser des
légumes, des fleurs, des arbres fruitiers, ouvrir à tous le jardin, agir pour
l’environnement, faire ensemble et partager…
Le premier chantier a eu lieu en novembre 2016 et les premières plantations
en mars 2017.

Le jardin utilise des pratiques respectueuses de l’environnement avec compostage,
paillage, “lasagnes” pour enrichir le sol et cultures en mélange sans pesticides.
Ici, pas de clôture : les légumes, fleurs et petits fruits sont à la disposition
de tous.

Le jardin accueille des bénévoles, des écoliers,des résidents.es de l’EHPAD, des
patients.es, des soignants et des habitants.es, favorisant la rencontre entre
générations et milieux.

Ouvert à tous, il s’agit d’un lieu de détente, d’échange et de lien social :
les passants aiment le traverser, les personnels hospitaliers viennent y déjeuner,
les résidents de l’EHPAD y jardiner ou s’y reposer, les patients du centre de
santé y patienter… Les bénévoles se retrouvent là pour jardiner et échanger.
Le collectif entretient depuis sa création des liens avec la municipalité de
Saint-Gilles-Croix-de-Vie, en participant par exemple à la Nuit des Jardins, au
concours d’épouvantail en septembre dernier et, depuis 3 ans, le Troc aux Plantes
de la commune s’y déroule. Le jardin est aussi un support d’animations centrées
sur les méthodes de jardinage et la biodiversité avec des manifestations telles
que Bienvenue dans mon jardin au naturel, ou Rendez-vous aux jardins, ou encore la
Fête de la Biodiversité.

Pour qui et pourquoi c’est intéressant ?
Pour les habitants : un espace vert cultivé, convivial, accessible, permettant de
voir comment on peut végétaliser et cultiver en milieu urbain ou semi-urbain.
Pour les écoles et les lycées : découvrir des plantes, des petites bêtes,
toucher, sentir, goûter, s’initier au jardinage.

Pour le lien intergénérationnel : des résidents de l’EHPAD, des enfants, des
jeunes, des habitants, des bénévoles échangent dans ce jardin.
Pour la transition écologique et alimentaire : potager écologique, accueil de
biodiversité, partage de savoir, mais aussi pôle de fraîcheur dans les périodes de
canicule.

«Il fallait y croire».

L’Incroyable Jardin de Monsieur Torterue est peut-être plus incroyable que nous
ne le pensions. Non par ses buts, mais par la nature du projet, à la fois très
cadré et un peu mouvant…
Parce qu’ici «Vient qui veut, vient qui peut, quand il veut, quand il peut» et
que, cependant, il vit bientôt depuis 10 ans…

Même si le projet a été pensé pour durer, il est en permanence un moment
d’élaboration, d’adaptation aux aléas du climat, aux possibilités et envies de
chacun de ses membres et du collectif, de nos partenaires…
La réalisation quotidienne est toujours comme en suspens, on ne sait pas
exactement «si ça va l’faire»… mais on en a l’espoir…
C’est un jardin issu d’un projet-désir, nourri des sensibilités et des initiatives
de chacun, contraintes par la liberté des autres et d’écrits qui sont cependant
la condition de sa pérennité.
Il y a aussi, là, de la construction de l’humain…
Fin 2026, nous fêterons les 10 ans et nous vous invitons
à nous rejoindre dans cette belle aventure.

Bulletin 2023 La terre, l’eau, dons fragiles

DU MARAÎCHAGE A LA VIE : LE JARDIN SOLIDAIRE DE LA FAYE.

Published by:

DU MARAÎCHAGE A LA VIE : LE JARDIN SOLIDAIRE DE LA FAYE.

L’air sent le vert, ce matin de juillet, dans le jardin solidaire de la Faye. En rangs serrés, les légumes se pressent le long des sillons. Leurs feuillages denses déclinent une variété de tons, du bleu vert au jaune chartreuse ponctués d’éclats d’argent sous un soleil déjà chaud. C’est à peine si la terre légère et noire d’humus qui les nourrit se laisse apercevoir entre les rangs de haricots verts, de poivrons, de courgettes…. Une ligne chargée de tomates mûres cache le puits en limite de parcelle. Les insectes font preuve d’une vitalité bourdonnante. Cette abondance ne doit rien au hasard. Pour preuve, trois jeunes tomates marquées des stigmates du «cul noir» le rappellent. Heureusement le pied atteint est le seul de la rangée. Une résistance miraculeuse ? Le recours à la chimie ? Plutôt une alchimie maîtrisée, faite de connivence entre le maraîcher, la plante, le sol, l’eau, le vent et les insectes. Enfant, je me souviens avoir entendu chuchoter au marché de Croix-de-Vie «qu’il ne fallait pas acheter de légumes aux gens de Saint-Hilaire.
– Pourquoi ?
– Ce sont des légumes du diable».
La réponse m’enchantait tant il était facile d’y croire puisqu’ils étaient cultivés par la Fée. Un doute m’effleurait cependant.
«- Du diable, tu crois ?
– Tu ne vois donc pas comme ils sont beaux et gros ces légumes! Ce n’est pas normal !»
Les grand-mères, au mouchoir immaculé noué sous le menton, n’avaient pourtant rien de satanique, leur panier au bras rempli des fraises de leur potager, des «balles» de haricots verts à leur pieds. Le maraîchage à Saint-Hilaire-de-Riez est une longue histoire qui ne doit rien aux fées mais plutôt à celle de son sol, à l’esprit d’observation et au pragmatisme des natifs. Calés contre la dune, abrités du vent et baignés des eaux du marais proche, les potagers de la Faye fournissent des récoltes généreuses au fil des saisons.

Jusqu’au XVIIème siècle, Saint-Hilaire-de- Riez était une île, cernée de marais drainés par la Besse. Emergée sur un socle de micaschiste et de grès veinés de quartz, les vents de noroît déposèrent sur son sol une couche sableuse facile à travailler sans outillage lourd, amendée par l’apport de goémons, vite réchauffée mais toujours fraîche grâce à la nappe phréatique maintenue à fleur de terre par le marais.
Progressivement, les limons charriés par la Besse, et les apports de sables éoliens ont fait disparaître l’insularité primitive de Saint-Hilaire. La Faye en garde la mémoire. Sur son sol riche et léger, les légumes y trouvent les meilleures conditions pour s’y développer et apporter un complément financier indispensable à la survie des petites exploitations agricoles qui s’y maintenaient tant bien que mal. L’abondance et la qualité des récoltes ont fait la réputation des jardins de la Faye dont les surplus se vendaient traditionnellement aux marchés de Croix-de-Vie et de Saint-Gilles-sur- Vie. Les productions locales issues du maraîchage, de la pêche et de la récolte du sel permirent la création d’une véritable économie de marché s’étendant jusqu’en Angleterre où se vendaient les oignons récoltés à Saint-Hilaire-de-Riez, si recherchés par les équipages embarqués à la pêche hauturière. Les conserveries installées à Croix-de-Vie dès 1850 et l’arrivée du chemin de fer en 1885 ont stimulé ces échanges commerciaux.
L’engouement pour les activités balnéaires a complété l’attractivité de la côte en période estivale faisant affluer les «baigneurs» et se presser une foule gourmande autour des étals, les jours de marché. Il n’était pas rare alors de voir disparaître 50 kg de haricots verts à peine déversés sur l’étal en deux heures de marché. Le fleuron de cette culture maraîchère était celle des oignons si emblématique des échanges étroits entre maraîchage et activités maritimes dont le temps fort était la foire aux oignons. Elle se tenait le dernier samedi d’août. Ce jour-là, tôt le matin, les maraîchers prenaient possession des quais de Saint-Gilles-sur-Vie et de Croix-de-Vie, des rues commerçantes et du pont de la Concorde. Le long des
trottoirs, ils alignaient leurs paniers en osier remplis à ras bord d’oignons de toutes les couleurs joliment tressés. Les forains, venus pour l’occasion, installaient leurs manèges et autres stands de tir donnant à cette foire un côté festif qui faisait oublier qu’elle sonnait la fin de l’été et le départ des «baigneurs». Les commerçants se mettaient de la partie offrant aux badauds les invendus de la saison qu’ils bradaient sans barguiner. Cette foire attirait du monde. On y venait de loin. Sa réputation lui valut de se transformer progressivement en une foire commerciale incontournable jusque dans les années 90.
D’abord culture vivrière, le maraîchage s’est professionnalisé au cours du XXème siècle offrant aux grainetiers des débouchés stables permettant à leur tour d’entretenir cette activité grâce à l’excellence de leurs semences. Celles des haricots verts se sont taillées la part du lion.
Valentin AVRILLAS, l’un des trois principaux grainetiers de Saint-Hilaire- de-Riez, se souvient avoir vendu plus d’une tonne de graines de haricots verts en une seule saison dans les années 60.

L’âge d’or du maraîchage à Saint-Hilaire-de-Riez s’étend de 1850 à 1980.

L’Isle de Rié

 

A partir de cette date, les premiers signes du réchauffement climatique ont commencé à se manifester et furent d’abord interprétés comme des caprices de la nature. Le dérèglement de la succession des saisons a commencé à fatiguer les plantes et favoriser des maladies affectant les rendements.
L’alternative s’est vite imposée aux observateurs de la nature que sont les maraîchers : aider la nature à
se défendre et à trouver un nouvel équilibre en commençant par ne plus l’agresser. Ce retour aux sources
porte un nom : la permaculture, une culture raisonnée. Plus qu’une technique, c’est un état d’esprit. En
premier lieu, veiller à la santé des sols et les enrichir par des apports naturels tels que le goémon «rouget» ou lithothamne, les produits du broyage de bois et de fragments de végétaux et l’apport de fumier de cheval. La pratique de l’assolement faisant se succéder pommes de terre, poireaux et légumineuses permet au sol de se régénérer de lui-même portant successivement des cultures de moins en moins gourmandes jusqu’à celle des légumineuses qui apportent naturellement de l’azote. Pour finir, le paillage limite l’assèchement du sol et la fatigue des plantes. La permaculture pratiquée par une
vingtaine de jardiniers bénévoles sur la parcelle que leur a confiée par le Centre Communal d’Action Sociale de Saint-Hilaire-de-Riez approvisionnent la banque alimentaire avec succès depuis 5 ans.

 

Jardin solidaire de la Faye

Site de la Faye – Dunes de Saint-Hilaire

 

Source : Entretien avec Michel BERTHOME, responsable du jardin solidaire de Saint-Hilaire-de-Riez, Rue André CAIVEAU à Saint-Hilaire-de-Riez.

Cartes aimablement communiquées et autorisées à être reproduites par Patrick Avrillas, co-auteur avec Annie Antoine de «le Marais et les iles» Ed «LA GESTE».
Le comité de rédaction