Association VIE Vendée » Blog Archives

Tag Archives: Art

L’agglomération, histoire, enjeux et perspectives

UNE NOUVELLE VIE POUR LA VILLA GROSSE TERRE.

Published by:

Son campanile annonce de loin, la halte, au frais et
à l’ombre, qu’espère le promeneur qui, sans quitter
l’Océan des yeux, chemine le long de la Corniche
Vendéenne, sur le chemin des douaniers.
La Villa Grosse Terre, autant rêvée que construite par
Roger Gonthier*, est le refuge où il vint se reposer en
famille dès mars 1928.
En 2009, la ville de Saint-Hilaire-de-Riez, consciente
de la valeur patrimoniale de la villa et du site, en fit
l’acquisition et, dans la foulée, entreprit les travaux
les plus urgents de préservation. Depuis 2012, la
ville poursuit, par étape, la restauration du bâtiment,
de ses dépendances et du jardin ouvert sur le chemin
des douaniers. En 2021, il fut envisagé de créer
en ces lieux un musée de la Vie Balnéaire sous l’égide
du Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, en collaboration
avec les Offices de Tourisme. Le projet est resté
sans suite.
En 2022, Saint-Hilaire-de-Riez s’engage dans un
vaste projet de valorisation de son tissu urbain sur
le quartier Jeanne d’Arc, tandis qu’est décidé – pour
le sauvegarder face à une procédure judiciaire de
délaissement – l’achat de L’Hôtel Frédéric, également
acteur et témoin de son histoire balnéaire. Les élus
conviennent alors d’impulser une dimension culturelle
faisant une large place aux arts hors les murs dont
le pivot serait la Villa Grosse Terre, porte d’entrée de
la Corniche hilairoise, afin de favoriser l’appropriation
par les habitants de leur patrimoine culturel et
de leur cadre de vie.
Ce projet ne manque ni d’atout ni de points d’appui :
les espaces qu’offre la Villa Grosse Terre, une vie
associative dynamique, des médiathèques très fréquentées,
des événements culturels attendus et très suivis sur les
différentes communes, leur valorisation par l’Office de
Tourisme Intercommunal, le soutien de la politique
culturelle du Pays de Saint-GillesCroix-de-Vie.
Quel avenir pour la Villa Grosse Terre ?
Elle pourrait devenir une plate-forme de diffusion
culturelle et artistique, allant vers le public, toutes
générations confondues et en tout lieu, au service
de l’éducation artistique et culturelle (EAC).
Pour ambitieux que soit le projet, il n’est pas utopique.
En effet, depuis 2022, le Ministère de la
Culture, accompagné par La Villette*, développe le
réseau des sites «Micro-Folie» offrant l’accès à un
ensemble de ressources culturelles et artistiques
partagées. L’appui du savoir-faire de La Villette aide
à concevoir des animations et à les mettre en œuvre,
via des médiateurs initiant le public à l’utilisation de
toutes les ressources du dispositif.
Le projet, lancé par la ville de Saint-Hilaire-de-Riez
et porté par le Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie est
de faire de la Villa Grosse Terre un site Micro-Folie, par
convention avec l’État et la Direction Régionale de
l’Action Culturelle des Pays de la Loire (DRAC), dans
le cadre d’un accompagnement assuré par La Villette.
D’autres communes du territoire partageant
la même ambition culturelle, l’implication du Pays
de Saint-Gilles-Croix-de-Vie dans la mise en œuvre
de ce projet lui permettra un développement cohérent
et coordonné dans le respect des spécificités de
chaque commune.

La Villa Grosse Terre, pivot du projet, accueillerait
un musée numérique, cœur du dispositif, offrant un
accès ludique à plus de 5000 œuvres numérisées, issues
de 12 musées nationaux, du réseau de 411 établissements
culturels partenaires, nationaux, régionaux et de La Villette.
Ces œuvres, projetées sur grand écran ou via des
Des ateliers de fabrication de supports de communication,
de reproduction d’objets (Fab Lab). Les perspectives de
développement, très ouvertes, seront dégagées et mises
en œuvre avec la commission culture du Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie,
• Des postes de réalité virtuelle,
• Un espace d’expression dramatique, corporelle…,
• Des conférences en appui de ces projections, des
séminaires exploitant ces apports,
• Des animations valorisant le patrimoine local
constitué de films, d’écrits, d’illustrations…,
• Un Café-Librairie (café, bibliothèque, ludothèque).
La Villa programmerait également des résidences
d’artistes qui seraient accueillies dans les locaux
séparés, à l’entrée du jardin, et rénovés pour cette
activité.
Destinée à être une structure culturelle de proximité,
largement ouverte à tout public au service des
initiatives locales, la Villa Grosse Terre doit adapter sa
structure pour accueillir les visiteurs confortablement
et en toute sécurité dans ses murs et dans le parc.
En 2025, la ville de Saint-Hilaire-de-Riez a lancé un
chantier de 1 700 000 € HT, avec le concours financier
du Fonds Européen de Développement Régional (FEDER), de
l’État et de la Région. S’inscrivant dans le réseau
Micro-Folie, la Villa Grosse Terre, plate-forme de diffusion
d’expressions et de créations artistiques, serait
également le point de départ vers tout lieu où effectuer
une vidéo-projection à la demande de communes ou autre organisme
intéressé. Un espace de 40 m2 à 60 m2 peut suffire,
pour une durée de 2 semaines à 8 mois selon le projet.
Le dispositif mobile, comprenant le matériel de
vidéo-projection, tapis au sol et écran est facilement
transportable dans des containers sur roulettes. Ce
dispositif peut évoluer selon le type des modules
accueillis. Éligible au titre des programmes culturels
Petite Ville Demain, il peut bénéficier d’aide publique
au financement des aménagements si nécessaire.
Aller vers caractérise la démarche culturelle et artistique
qu’envisage de développer la commune de Saint-Hilaire-de-Riez,
à partir de la Villa Grosse Terre, au service de tous les
publics y compris les écoliers, collégiens et lycéens.
Ainsi conçu, ce projet érigerait la Villa Grosse Terre
en pôle d’ancrage d’une offre culturelle diversifiée,
innovante et financièrement très accessible diffusée
à l’échelle du Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie.
Sous l’impulsion de Saint-Hilaire-de-Riez, et du Pays
de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, une nouvelle ère de la
vie culturelle et artistique s’ouvre sur notre territoire.

Sources : Entretien avec Jean Marc Dubois, adjoint délégué à la vie
culturelle de la ville de Saint-Hilaire-de-Riez.
*Roger Gonthier (1884-1978), célèbre architecte à qui l’on doit la
gare de Limoges (élue plus belle gare de France) dont il fut chargé en
1919. Il s’est également consacré au logement social et à l’édification de plusieurs bâtiments publics à Limoges.
*La Villette : https://www.lavillette.com/micro-folie.

Bulletin 2023 La ville, histoire, enjeux et perspectives

UNE NOUVELLE PAGE S’OUVRE POUR «LES RIMAJURES».

Published by:

UNE NOUVELLE PAGE S’OUVRE POUR «LES RIMAJURES».

À lumière déclinante, quand la plage se vide et que les mouettes commencent leur glane, il arrivait béret sur la tête et chevalet sous le bras. Une sorte de connivence se créait. Chacun s’affairait à rassembler parasol, serviettes, pelles et seaux, le guettant de l’œil. Des enfants, sourds aux appels des parents, faisaient cercle, en arrière, respectueux et curieux de ce qu’Henry allait dessiner, conscients
qu’il allait leur offrir un moment de leur vie qu’ils n’oublieraient pas. D’un tracé, vif et sûr, il esquissait une scène, quelque fois rehaussée de pastel ou ombrée d’aquarelle. Plus tard, Henry Simon la peaufinerait dans cet atelier-bourrine «Les Rimajures», qu’il avait fait construire en 1953 à la limite du
marais comme un trait d’union entre Saint-Hilaire et Croix-de-Vie. Une œuvre sincère s’est créée entre
ces murs, empreinte de fraternité avec le monde des maraîchins et celui des marins dont Henry Simon savait si bien restituer l’identité avec humour et tendresse. Cette œuvre s’est construite peu à peu, se transformant au gré d’une vie ouverte aux rencontres et à la diversité des cultures. L’œuvre d’Henry Simon, aux formes d’expressions si variées (dessins, peintures, décors, céramiques), s’est épanouie dans toute sa diversité devenant partie intégrante de notre patrimoine culturel.

Henry Simon, déjeuner en famille sous les pommiers des Rimajures.

 

En 2007, laissée à l’abandon, la bourrine a été achetée par une de ses filles qui souhaitait préserver le lieu et mettre en évidence le processus de création d’Henry Simon. En pénétrant dans la bourrine on retrouvait l’ambiance de son atelier avec son chevalet, ses objets familiers. Certaines de ses toiles étaient exposées dans des salles lumineuses et dépouillées, trop petites pour en accueillir autant que souhaité. Des animations offraient aux enfants un espace où ils pouvaient laisser libre cours à leur imagination.
Des artistes y furent accueillis pour créer et exposer leurs œuvres. Le jardin toujours fleuri et joyeux, à l’ombre du pommier se dota bientôt d’un banc circulaire qui offrait des moments délicieux de repos et de rencontres chaleureuses. Les «Rimajures», tant appréciées des habitants et des vacanciers, furent ainsi sauvées et une association créée : «L’Atelier HenrySimon, les Rimajures».
Pendant près de 10 ans elle fut un important soutien pourde nombreux projets.

En 2015, la municipalité, sensible à la dimension patrimonialedes lieux et au rayonnement de l’œuvre d’Henry Simon, en fit l’acquisition. Après quelques travaux urgents de préservation, elle a conçu un projet culturel, véritable mise en lumière de l’œuvre de l’artiste.

Au printemps 2023, s’ouvrira un ensemble culturel doté des dernières technologies, avec la bourrine restaurée en son centre. Ce nouveau site, accessible à tous, se compose d’un lieu d’accueil-boutique, d’une coursive qui surplombe le jardin, mettant en lumière la bourrine et qui nous mène vers une salle d’exposition moderne de 80 m2, un centre de ressources artistiques, une partie administrative et un espace pour accueillir des ateliers d’artistes en résidence.
En avant-première de son ouverture, l’association «L’Atelier Henry Simon, les Rimajures» a prévu d’organiser, en partenariat avec la ville et son service culturel, une exposition «hors les murs» conçue comme une promenade à la découverte des œuvres d’Henry Simon. C’est ainsi qu’une trentaine
de tableaux et de céramiques seront exposées dans différents commerces de Saint-Gilles-Croix-de-Vie.

Cette exposition a pour objectif d’attirer les différents publics vers ces nouvelles «Rimajures» pour y découvrir ouredécouvrir l’homme, l’artiste et son œuvre.
Les nombreuses contraintes imposées par l’exiguïté du lieu et le respect des normes en vigueur, nous éloignent sans doute de l’intimité et de la simplicité voulu par l’artiste à sa création, mais ce pôle culturel ambitieux va participer au rayonnement de l’artiste sur son territoire et bien au-delà. Nous attendons avec impatience de pouvoir enfin retrouver le chemin des Rimajures.

Sources : Entretien avec Anne Simon-Feuillatre, Présidente de l’association «L’Atelier Henry Simon les Rimajures».

 

Henry Simon dans son atelier des Rimajures.

 

 

Le comité de rédaction