Association VIE Vendée » 31 janvier 2014

Archives journalières: 31 janvier 2014

Bulletin 2014 Edito

Le mot du Président

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Gérard Roches

Gérard Roches

Le contexte 2014, rendu sensible par les échéances électorales et le nouveau découpage cantonal, me permet de préciser notre ligne de conduite face à cette conjoncture.

Deux écueils à éviter :

  • L’attentisme : – reporter les décisions importantes en attendant les événements.
  • L’opportunisme : – tirer parti des circonstances, parce qu’ils remettent en cause la crédibilité et l’indépendance du mouvement associatif.

Suggérer, proposer, voire anticiper en fonction de l’actualité et des événements : c’est notre position.
Un exemple pour illustrer cette attitude : la ville de Saint Hilaire de Riez a acquis par préemption la propriété «GROSSE-TERRE» (dont la restauration est en cours) et soumet au tissu associatif local une réfl exion commune quant au devenir de ce site exceptionnel.
Les dimensions géographique et historique, dans le cadre du patrimoine maritime, l’impact sur l’économie touristique font que cette réfl exion ne peut qu’être intercommunale.
Cadre de vie, environnement, patrimoine : les trois piliers statuaires de notre association sont concernés par ce projet qui s’inscrit dans la logique de l’arrêté préfectoral du 28 août 2013 nous concernant (voir article de ce bulletin page 13).
Le conseil d’administration adhère donc à ce projet d’autant que nous disposons parmi nos administrateurs, nos adhérents et sympathisants – ils se reconnaîtront – d’atouts majeurs connus et reconnus par la richesse culturelle de leurs ouvrages et parutions.

Merci à ces collaborateurs précieux et bonne année à tous.

Bulletin 2014 Histoire - récit - mémoire

Pierre Garcie dit Ferrande Le Grand Routier de la Mer

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Sculteur : Olteanu Iom 1992

Sculteur : Olteanu Iom 1992

Pierre Garcie dit Ferrande (l’homme aux cheveux gris – une expression poitevine), est né en 1441 († 150*) à Saint-Gilles-sur-Vie. Maître de cabotage vendéen, il est considéré aujourd’hui comme le premier hydrographe français. Fils de marin et marin lui-même il est originaire de Caen par son père où ce dernier avait émigré au début de 1410 et d’une mère d’origine anglaise, Jeanne Olivier. Dans la lignée de son père, Pierre Garcie a été navigateur sur la côte atlantique ouest jusqu’en Angleterre. Ouvert aux autres, observateur et généreux, il a vécu bien des expériences et traversé bien des drames : mores hominum multorum vidit et urbes. Exceptionnel pour l’époque, il a reçu une certaine instruction : calcul, lecture, écriture en français du XVe siècle, rudiments de latin. Le 31 mai 1483, (à 42 ans), il achève de rédiger à Saint-Gilles son guide nautique des routes et chemins de la mer. Malheureusement, le manuscrit reste introuvable. Une première édition «le routier de la mer», sans nom d’auteur, est imprimée à Rouen par Jacques le Forestier en 1502, 19 ans plus tard. Très proche des éditions futures, «le grant routier» publié sous le nom de Pierre Garcie dit Ferrande (à 79 ans, s’il est encore vivant), voit le jour à Poitiers en 1520, soit 37 ans après la rédaction initiale !

Le Grand Routier
Fondé sur l’expérience, le texte se veut un document pratique à utiliser. Sans doute, le marin s’attachait-il à mémoriser les parties descriptives de la côte qu’il côtoie. Les phrases sont énoncées de façon répétitive pour que le marin retienne les informations qui lui sont utiles : profondeur, nature du fond, marée et amers. Dès lors, un tel document ne peut être lu en mer que par temps calme et à l’abri. De fait, le Routier apporte au lecteur trois types d’informations :
Description des côtes depuis le Portugal, la côte atlantique, la Manche jusqu’en Irlande ; des renseignements pratiques : marées, cours, routes, distances en lieues ou en vues (sept lieues : 21 miles), dangers de roches et de basses avec leur profondeur.
Des renseignements théoriques : notions d’astronomie, description des «rhumbs des vents» ou du mouvement des marées.
Des renseignements à caractère juridique et coutumier : coutumes de Bretagne et de la vicomté de Léon, rôles d’Oléron, calendrier des fêtes mobiles de l’année.

Les rééditions successives
Durant près de trois siècles, cet ouvrage de référence (manuscrit, 1483, première édition, 1502) s’offre 28 rééditions en français (Rouen, La Rochelle et Poitiers entre 1520 et 1643) et huit en anglais . Durant plus d’un siècle, le livre de Pierre Garcie devient le manuel des navigateurs. Incontestablement, l’ouvrage correspond à une demande. Moderne pour son époque, la représentation de l’espace marin met en valeur le «noble, très subtil, habile, courtois, hasardeux et dangereux art et mestier de la mer» : «Cy commence le pillotage routtier et ancrage de la mer tant des parties de France/ Bretaigne/Angleterre/Espaigne/ Flandres et haultes Alemaignes. avec les dangiers des portz/havres/rivieres/ et chenalz des parties et regions dessusdictes (…) lequel donnera a congnoistre et savoir comment ung chacun qui vouldra apprendre lart et science tres subtille et quasi divine du noble mestier de la mer. (…) Et se aucune chose ay delaissee : ie me submetz a la correction des nobles et gentilz mariniers des lieux dessus nommez. esquelz me recommande. Et a dieu».

Plus encore qu’un innovateur, Pierre Garcie aura été un marin humaniste, guidé par une vision optimiste et rassurante de l’homme sur mer, et cela dans le contexte d’une société terrienne dominante, obnubilée par la peur de cet élément, au point de le dévaloriser, de le diaboliser. Lui, calmement, après avoir décrit un bon abri, donné les amers, termine sa phrase par un «et n’aie pas peur» ou «et n’aie doute», ou encore «et puis va hardiment» . Contrairement aux pilotes dieppois ou bretons du Conquet, Pierre Garcie ne laisse ni «école, ni postérité directe». Son infl uence n’en demeure pas moins réelle dans les Arts de naviguer et autres Flambeaux de la mer qui fl eurissent aux XVIe et XVIIe siècles .

Bernard de Maisonneuve
1 Sur un écrit des Archives Départementales de Loire Atlantique, E 198/26, il est nommé, maître de barque en 1463. Il a 22 ans. 
2 Un manuscrit de 1490, [Antoine de Confl ans], recopié d’un autre manuscrit, pourrait être le document original le plus ancien. 
3 BNF, Département – Réserve des livres rares – RESP-V- 128, édition de Rouen, 1531. 
4 POUGEARD Maurice, Pierre Garcie dit Ferrande... Les Vendéens et la Mer, CVRH, 2007, p. 239. 5 « Labaya. Noirmoutier, Yeu, Baie de Bourgneuf et côtes vendéennes » de Patrick de Villepin, L’Armentier, 2013.
Bulletin 2014 Histoire - récit - mémoire

Le parler des marins locaux (suite)

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Maurice Guittonneau a dressé un lexique qui s’enrichit tous les jours, nous poursuivons la publication de ce lexique. V.I.E. vous invite à le compléter. A vous !

Maurice Guittonneau
http://unepassion-marinpecheur.blog4ever.com

  • Platier (m) ….Marin qui pêche la sardine à partir d’un pinasson (canot).
  • Palet’ (m) …crust…Tourteau (pêché sur l’estran au rocher).
  • Pironneau (m) …poiss… Petite dorade baguée de 5 à 10 cm (estuaire, rivière).
  • Pirlon (m) …poiss…Rouget – grondin. (Trigle).
  • Petounner…. Rouspéter dans sa barbe, grommeler.
  • Pia (f) ……. La peau (humain, poisson …).
  • Pia de rogue (f) …. Envoyer une pia de rogue (peau de raie) est synonyme de chasser le poisson, aussi de causer un dommage sans que cela soit toutefois intentionnel. Du temps de la pêche à la sardine à l’appât, si l’on en jetait malencontreusement une dans le graissin du filet, celle-ci faisiat fuir la sardine (affolant)
  • Péter les narines ….Bien dormir.
  • Pétole (f) … Pas un  souffle de vent, calme plat. Terme employé surtout du temps de la marine à voile. (Par les voileux)
  • Pantounaire (f) …. Vieux pantalon enfilé par dessus un autre (genre salopette)
  • Pourgaller ….. Courir après, pourchasser «Les oiseaux ou les poissons …. qui se pourgallent !»
  • Queuille (f) ….Pont du compartiment arrière sur canot (Quimperl)
  • Queuille (f) ….Quille du bateau.
  • Raï ou Ret’ (m) …. Filet droit à sardines.
  • Raïl (m) …Balance pour la pêche aux crevettes, crabes …
  • Railler …….Longer, raser. Au chalut le fait de longer (railler) plus ou moins près des cailloux.
  • Railler …….Railler les murs (raser les murs). Railler les filles (c’est le fait d’aller dans un lieu, bal, fête, pour se rapprocher des filles) pour essayer de faire une rencontre.
  • Rogue (f) ….Œufs de poissons salés (morue) employés comme appât pour la pêche à la sardine.
  • Rouge (m) …crust… La langouste.
  • Rouat’ (m) …. La limite plus ou moins marquée de la plage entre la partie haute inclinée et la partie basse plate de l’estran.
  • Ressars (m)….Obione ou faux Pourpier : Plantes du marais salé tombantes sur les berges des rivières et cours d’eau.
  • Roussière (f)….Vasière recouverte de végétaux du marais salé type, ressars, salicornes … Vasière qui est recouverte d’eau seulement lors des forts coefficients de marée
  • Raï (m) …poisson….La Raie
  • Raïtia (m) …… Petite Raie
  • Ragasser……Qui se déplace d’un bord à l’autre en faisant du bruit. Vibrations bruyantes .
  • Rac (à rac)….Couper à raz sans laisser de bout dépasser.
  • Rac (à rac) …Charger au raz bord une caisse ou un panier de poisson
  • Route (aller en route)…Partir sur les routes, de maison en maison, de ferme en ferme, pour vendre ou troquer le fruit ou une partie de leur pêche, de poissons,de crustacés ou de coquillages. Surtout les moules qui étaient pêchées sur les traites en hiver.
  • Rève, raive (f) ..Poche d’œufs ou de laitance de poissons qui se trouve dans les entrailles de celui-ci.
  • Ringue (m) ….Vagues, mer formée.
  • Ringue sourd (m) … Vague déferlante qui surprend , que l’on ne voit pas venir.
  • Ringuiot’ (m) ..vaguelettes, petit clapot.
  • Raballer ….. Qui passe en enlevant ou cassant ( le vent, la mer,un cordage)