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Bulletin 2019

Le Mot des Co-présidents

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V.I.E. a rendez- vous avec vous, de bulletin en bulletin, depuis sa création. L’environnement est à la fois la matière vive et le fil rouge de nos articles, tels que nous offrent notre patrimoine, construit et vivant, notre cadre de vie et les espaces naturels.

L’action emblématique de V.I.E. depuis trois ans déjà est « l’Incroyable Jardin de Monsieur Torterue » parce qu’au service du vivant, il est une œuvre collective, ouverte sur la cité et à laquelle chacun, chacune choisit de s’associer à son rythme, selon ses goûts et ses talents. Parti d’une initiative de quelques-uns, ce jardin s’inscrit progressivement dans la prise en charge des résidents de l’EHPAD, dans la vie du quartier et, accueillant des activités scolaires, se fait lien entre les générations. Nous avons vu ce jardin prendre corps au fil des saisons grâce à l’engagement des bénévoles dans la durée, à la présence assidue et compétente des pilotes du chantier et au soutien conjoint de l’EHPAD et de V.I.E. dans le cadre d’une convention. Tant il est vrai que les projets attirent et mobilisent les énergies s’il leur est offert un cadre de coopération laissant aux initiatives des marges de manœuvre et des moyens et que les bonnes volontés trouvent à s’associer en nombre et durablement. C’est bien là une fragilité de V.I.E. dont l’action dépend essentiellement des forces vives qui s’associent à sa démarche. Nous osons un appel à nous rejoindre.

En phase avec les missions de l’EHPAD et la vie quotidienne du quartier et plus largement de notre cité, ce chantier rencontre, par le jardinage et les principes qui l’inspirent, les envies d’agir collectivement, par plaisir et sans garantie de réussite de ceux qui le cultivent. Ces jardiniers fidèles et assidus témoignent ainsi en toute conscience de leur engagement pour alerter et réduire à leur mesure le mal vivre quotidien et les risques qui menacent tant la planète que le bien commun.

C’est dans le même esprit que nous nous sommes inquiétés du sort de notre ligne ferroviaire menacée par le rapport Spinetta alors qu’elle est gage de notre inscription dans notre terroir et de son développement. Parce que cette ligne est garante de nos mobilités au moindre coût environnemental, nous avons reçu les risques de fermeture tant de cette ligne que des services en gare comme un déni de nos choix de vie au nom de principes comptables imposés de façon unilatérale. Les habitant du Pays-de-Saint-Gilles-Croix-de-Vie ont exceptionnellement échappé à cette entrave à leurs projets de vie personnels et professionnels et à l’asphyxie programmée de notre territoire, à vocation touristique, grâce aux actions conjointes des communes concernées, du Département et de la Région des Pays de la Loire, s’appuyant en cela sur les expertises de la société civile, sociale et économique. Exemple réussi de la capacité d’alternative créatrice que détient «la base » vis-à-vis d’un diktat « d’en haut » lorsqu’elle fait jouer tous les ressorts de la démocratie participative ancrée dans les réalités de terrain. Exemple à méditer tant il souligne la force et la nécessité des complémentarités des compétences détenues collectivement par les citoyens, les élus et les institutions afin de mieux préserver à la fois, nos choix de vie et notre environnement naturel social et économique, actuel et en devenir.

Les Co-présidents

Bulletin 2019 Environnement

Les Hermelles (Sabellaria alveolata)

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Depuis que les humains existent, toutes sortes de constructions sont apparues sur la Terre et ont marqué leur époque : dolmens, pyramides, châteaux-forts, cathédrales, palais et enfin, gratte-ciel. Nous, les Hermelles, nous construisons toujours les mêmes résidences avec « vue sur mer » et même « sous la mer » à marée haute, depuis des millions d’années. Ce sont des pseudo-récifs visibles sur l’estran rocheux qui font penser à d’énormes coussins, éponges ou nids d’abeilles suivant l’imagination de chacun.

En réalité, nous sommes des vers bâtisseurs appartenant aux Annélides Polychètes (vers marins segmentés aux nombreuses soies). Une fois retirés des tubes dans lesquels nous vivons, chacun de nous ressemble à une petite masse allongée, molle et grisâtre d’environ 4 cm. Par contre, si nous sommes photographiés « en studio », dans l’eau, avec une légère coloration et un bon objectif photo, nous pouvons avoir un look plus sympa. De nombreuses soies entourent notre bouche et servent à retenir le plancton nutritif ainsi que les grains de sable.

 Nous y voilà ! Pourquoi des grains de sable ? Pour construire nos habitations qui ne sont pas des châteaux de sable éphémères mais des récifs assez résistants. Nous produisons un mucus qui colle entre eux les grains de sable en formant un tube autour de notre corps. Nos voisins agissant de même, nous nous retrouvons en « appartements parallèles », sachant qu’il n’y a de place que pour un seul animal dans chaque tube. A marée basse, nous sommes bien à l’abri à l’intérieur et à marée haute, nous sortons juste nos soies qui s’agitent à la surface du récif. Nous sommes bien protégés dans nos « chambres marines » et n’avons pas de problèmes de voisinage même si nous formons parfois des colonies de plusieurs milliers d’individus.

Nous jouons un rôle important dans l’équilibre de l’écosystème de l’estran en servant d’abri à des larves d’espèces diverses. Hélas, nous sommes menacés par le piétinement, l’envasement ou le développement des huîtres sauvages dans les secteurs ostréicoles. Pour la reproduction, les mâles et les femelles libèrent leurs gamètes dans la mer où se fera la fécondation. Les œufs puis les larves planctoniques seront disséminés et iront coloniser de nouveaux rochers. Comme quoi, nous pouvons faire « chambre à part » et assurer la survie de notre espèce !

Bulletin 2019 Environnement

Le Talitre (Talitrus saltator) ou Puce de mer

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Les gens me connaissent sous le nom de Puce de mer, mais cela me déplaît vraiment !

Les Puces sont des Insectes qui ont trois paires de pattes alors que moi, je suis un Crustacé comme les Crevettes, les Cloportes (terrestres) ou les Gammares (d’eau douce). Ces horribles bestioles sont aussi des parasites suceurs de sang alors que je suis un inoffensif mangeur d’algues. De plus, je ne suis pas un animal marin (je déteste les bains de mer bien que je sache nager !) et je passe la majeure partie de mon temps dans des terriers de sable en haut de plage.

Par contre, j’aime bien mon nom scientifique (Saltator) qui fait penser à un personnage de Star Wars ! Surtout, il montre que je suis un champion de saut en hauteur (20 cm alors que je mesure au plus 2,5 cm). Hélas, la Puce est la championne du monde animal avec un saut de 34 cm équivalent à 340 fois sa taille. Je suis très sensible à la lumière selon laquelle je peux m’orienter et je ne peux pas rester allongé sur le sable pendant les vacances d’été. Ma carapace très fine appelée cuticule se dessècherait très vite et mes yeux ne supporteraient pas cette forte luminosité. J’ai donc une activité plutôt nocturne au cours de laquelle je m’occupe à grignoter les algues laissées sur le sable. En les broyant, je favorise leur décomposition par les mouches et asticots ; le travail sera achevé par les bactéries. Je suis au menu de nombreux animaux venant picorer dans cette laisse de mer, tels que les Gravelots, les Pipits maritimes, les Tourne-pierres ainsi que les Mouettes rieuses et les Goélands argentés. Je participe ainsi à l’équilibre de l’écosystème littoral. Les zoologistes qui ont étudié ma biologie, ont constaté que je suis un bon indicateur de la qualité de l’eau. J’ai horreur des zones polluées ou contaminées par des métaux lourds et c’est pourquoi j’ai déserté certaines plages. De plus, ne me parlez-pas de ces nettoyages par raclage et nivellement du sable qui détruisent mes galeries ainsi que des mégots remplis de goudrons et de nicotine. Le tabagisme passif, ce n’est pas pour moi ! L’Océan, incontournable acteur de SGXV 4 Vous pourrez encore me trouver en haut des plages sauvages, mais attention, si vous me dérangez, je pourrai vous chatouiller le dos ou vous mordiller la plante des pieds ! Ah ! Ah ! Gare à la vengeance de Saltator !

Catherine Chauvet
(texte et photographies)