Rubrique : Bulletin 2009

Bulletin 2009 Dossiers d'actualité Port de plaisance

Un projet d’avenir

Publié par :

En 2009, c’est certain, Saint-Gilles-Croix-de-Vie accueillera la 3e école nationale de skippers de France. Espérons que notre port saura être à la hauteur du prestige de Port la Forêt (Finistrère sud – 29) qui accueille depuis 18 ans la plus ancienne école de plaisance hauturière. La Fédération Française de Voile a étudié notre site plusieurs mois au cours de 2008 et lui a trouvé bien des avantages :

  • Un bassin d’évolution bordé par l’île d’Yeu qui réunit une gamme de complexités nautiques avec des risques maîtrisables.
  • L’accessibilité du port en eau profonde
  • Un port vivant les 12 mois de l’année et concentrant des compétences maritimes diversifiées.
  • Une gare en pleine ville.
  • Un hébergement réunissant toutes les conditions de confort, de proximité avec les points d’embarquement et un environnement d’exception : « Le Vent du Large ».
  • Un centre de remise en forme sportive et de suivi médical facile à organiser à la « Villa Notre Dame » où sont déjà réunies les compétences médicales et de rééducation nécessaires, à deux pas du «Vent du Large».
  • Un contexte vendéen très favorable à la plaisance tant au travers de la politique volontariste du Conseil Général que de celles de ses entreprises dédiées à ce type de navigation comme Bénéteau, et celles qui sponsorisent le « Vendée Globe ».

Cette troisième école bénéficie du soutien du Conseil Général. Son fonctionnement sera essentiellement financé par la Fédération Française de Voile. Elle formera 30 élèves skippers par session, de janvier à mars, à temps plein, complétée par des sessions de perfectionnement d’octobre à novembre. Ces sportifs de haut niveau, sélectionnés sur dossier, se formeront à la maîtrise des technologies les plus avancées en matière méthodologique, météorologique, commerciale et de communication car sponsoring oblige. Ils s’entraîneront sur une douzaine de monotypes, de classe Figaro, des transats (6,50 m) et, éventuellement, quelques 60 pieds type Vendée Globe afin d’acquérir toutes les finesses de manoeuvre et du réglage des voiles. Ce pôle nautique sera amarré au ponton 8 dont l’allongement prend ainsi un intérêt bien supérieur à l’appontement d’une hypothétique flotte destinée à l’inspection de l’Arctique déjà sous contrôle scientifique et météorologique. L’ouverture de cette base permanente d’entraînement est prévue pour le printemps 2009, le responsable du site est attendu fin 2008. Il aura en charge de créer l’école et ses conditions d’intégration dans la vie économique et nautique locale. Nous lui souhaitons la bienvenue.

L’implantation de la troisième école de skippers à Saint-Gilles-Croix-de-Vie nous paraît ouvrir des perspectives économiques et d’animation plus réalistes et à plus court terme que celles de la course Arctique si l’on en juge par l’impact de Port-la-Forêt sur l’économie locale bretonne. Outre le fait que ce pôle draine les navigateurs les plus prestigieux prêts à partager leurs expériences, il a généré une dynamique économique. Selon la direction du « Vendée Globe », la Bretagne a su développer une fi lière nautique, la « Sailing Valley » dans le sillage de cette course. 104 entreprises réalisent un chiffre d’affaires de 130 millions d’euros/an et génèrent 1 000 emplois.

Pour V.I.E, l’arrivée de cette école de skippers est une très bonne nouvelle. C’est un véritable projet de développement pour St-Gilles-Croix-de-Vie. Il valorise notre commune, ses établissements et ses équipements, sans défoncer nos quais ni défigurer le port.

Maurice Guittonneau

Bulletin 2009 Dossiers d'actualité pêche

La pêche, déjà 4 ans de crise !

Publié par :

Les faits parlent d’eux-mêmes. Tous les jours, des unités de pêche quittent le port de Saint-Gilles Croix-de- Vie pour la casse. Les plus chanceux partent faire une nouvelle carrière dans d’autres ports, jusqu’en Irlande parfois. Le pire est que les capacités de pêche du port sont ainsi irrémédiablement détruites car le but est d’organiser la diminution de la puissance de pêche. C’est ainsi que tel patron de pêche peut armer un bateau en remplacement de celui envoyé à la casse, à condition qu’il soit de plus faible puissance en kwh tout en conservant une capacité de pêche identique grâce au recours à de nouvelles technologies. C’est le cas du « Mendiant de la mer » prenant la suite du « Fruit de la Passion ». La rentabilité de la pêche en regard de la consommation d’énergie entre en ligne de compte tout autant que la préservation de la réserve halieutique. Le paradoxe est que lorsque les anchois ne seront plus menacés la flotte ne sera pas reconstituée. Les marins enragent à l’avance à l’idée que d’autres flottes pourraient venir pêcher en face du port tandis qu’eux-mêmes seraient paralysés par la destruction irréversible de leurs bateaux. Ce qui fâche les marins c’est que Bruxelles et l’Etat ont poussé à la pêche intensive prônée par Ifremer. Certes des mesures d’aide existent. Elles n’empêchent pas les équipages de se défaire. Des branches du métier vont disparaître ou s’oublier. C’est ainsi que les marins de l’île d’Yeu ont du réapprendre la pêche à la « bolinche » auprès de marins méditerranéens alors que leurs pères la pratiquaient brillamment. Déjà à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, sur les 300 marins qui partaient sur les gros bateaux, il n’en reste que 60. Le volume d’activité du port en témoigne : le tonnage est passé de 12 000 t à 4 000 t. La presse locale a permis aux professionnels de la pêche d’exposer l’ampleur de l’hémorragie qui a détruit près de 50 % de la flotte hauturière de Saint-Gilles-Croix-de- Vie : il ne restera que deux paires de bateaux de 20 m et plus sur 4, deux paires de bateaux de15 m sur 4 et 4 paires de 12 m. Seule la flottille des « caseyeurs » et des « ligneurs » s’en sort mieux. Renouvelée, elle fait une pêche de qualité qui sait valoriser les produits. Les civeliers pour leur part font une campagne de civelles, l’hiver et la ligne l’été. Au-delà des atteintes faites à la pêche c’est toute la filière économique qui est touchée par le diktat de Bruxelles. La réduction des quotas pour les anchois, il y a quatre ans a fait suite en 2007 et 2008 à des quotas zéro qui laissent les marins à quai. Pour sortir de l’ornière, les professionnels de la pêche estiment qu’il faudrait compter 8 à 15 bateaux de 15m dans le port. Le fait de s’être spécialisé dans la pêche aux poissons bleus explique-t- il que l’application draconienne des quotas soit catastrophique pour le port ? A cela les marins répondent que c’est le poisson qui en a décidé ainsi en élisant ses zones d’évolution à proximité de la côte. Ensuite les marins développent des talents spécifiques à force d’observer le comportement d’une espèce.

Les poissons peuvent-ils changer d’habitude ? Peut-être sont-ils ailleurs au lieu d’avoir disparu ? La pollution peut-elle expliquer la fragilisation des espèces autant sinon plus que la pêche ? Le stock de renouvellement des alevins à l’entrée de la Gironde ne serait-il pas touché par la pollution ? Nous sommes par ailleurs étonnés d’entendre les marins nous dire que si la tradition scientifique veut qu’on ne pêche pas l’anchois au nord du 46ème parallèle, il s’en est pêché plus d’une fois bien plus au nord. En effet, les études scientifiques témoignent du fait que les poissons migrent à la recherche d’un milieu leur convenant mieux à la suite du réchauffement des mers. L’Institut de Recherche pour l’Ingénierie de l’Agriculture et de l’Environnement en témoigne. Sur la base d’un réchauffement du climat de +3°4, 2/3 des espèces amphihalines* verraient leur espace vital se réduire. L’éperlan par exemple en perdrait 100%. Les espèces particulièrement menacées dans l’immédiat sont les anguilles européennes, l’alose feinte et la vimbe. Les marins déplorent que ces études ne soient pas assez rapprochées et comparées avec leurs propres observations. Pour eux, il faudrait faire vite car l’enjeu est la survie de leur métier et au-delà, celle d’une filière économique, la culture et la personnalité du port.

Gérard Roches

Bulletin 2009 Dossiers V.I.E

La Villa Notre-Dame : quel avenir ?

Publié par :

L’avenir de la Villa Notre-Dame est incertain d’ici 4 ans. V.I.E a décidé d’en parler ouvertement en partant du principe que poser un problème à temps est encore le meilleur moyen de le résoudre. Au delà de la centaine de salariés directement concernés, ce devrait être le problème de tous. Saint-Gilles Croix-de-Vie va perdre des emplois qualifiés au moment où la filière pêche traverse une grave crise. Le ralentissement de la croissance déstabilise notre offre en loisirs et tourisme. Pour les habitants c’est tout aussi préoccupant. Outre les risques qui menacent à tout moment notre intégrité physique, l’allongement de la durée de vie s’accompagne d’une perte de mobilité. L’accès sur place, à un pôle de rééducation multifonctionnel est sécurisant.

Etat des lieux :
A l’origine de ce départ annoncé, l’Agence Régionale d’Hospitalisation est décidée à restructurer l’offre départementale de rééducation multifonctionnelle pour adultes et enfants. Cette option aura pour conséquence, l’installation à Nantes, dès 2009, du département « jeunes » de la Villa Notre Dame, soit 23 emplois. Le département « adultes » devrait rejoindre plus tard le pôle hospitalier de La Roche-sur- Yon. D’ici 4 ans, 80 emplois, environ, seraient concernés. Il n’est pas question de contester cette décision qui veut améliorer l’efficacité des financements de la Sécurité Sociale. Il est notoire que l’organisme gestionnaire, les Mutuelles de Vendée s’emploient à préserver les intérêts des salariés dont les emplois sont liés aux lits déplacés. Dans tous les cas c’est pour la Villa Notre Dame, la suppression des lits et des emplois correspondants, qualifiés et hautement qualifiés. C’est une pénalité pour l’économie locale. L’hypothèse de voir le site transformé en hôtel de luxe n’empêchera pas la diminution du nombre des emplois et leur précarisation à Saint-Gilles-Croix-de-Vie.

Que faire ?
V.I.E considère que la suppression des derniers lits de la Villa Notre Dame d’ici 4 ans donne un délai suffisant pour étudier l’opportunité d’une nouvelle vocation pour cet l’établissement à condition qu’il ne soit pas dans les projets de la Congrégation des Soeurs de Saint-Charles de vendre le bâtiment en vue de soutenir leurs missions sous d’autres latitudes. Par lettre du 13 mai 2008, la Mère Supérieure Générale a affirmé à V.I.E. «qu’il n’est pas question (pour nous) de vendre la Villa Notre-Dame». Au contraire V.I.E a reçu un vif encouragement à rechercher avec les parties prenantes les moyens de doter la Villa Notre-Dame d’un nouveau projet. Le gestionnaire de la Villa Notre Dame et les « amis de la Villa Notre-Dame » ont été informés de nos démarches et nous leur avons communiqué ce courrier décisif pour la Villa Notre-Dame.

Quelle nouvelle vocation ?
Le schéma régional d’organisation sanitaire et social 2006-2010 pour les Pays de Loire et les praticiens spécialistes annoncent un grave déficit en lits de soins de suite et de réadaptation. Ce constat est aggravé par le fait que, le long de notre littoral, d’ici 2030, un habitant sur deux aura plus de 60 ans. Saint-Gilles- Croix-de-Vie, situé à la charnière de deux secteurs sanitaires Challans et les Sables d’Olonne, serait un site privilégié pour répondre aux futures demandes et compléter l’offre hospitalière et de soins ambulatoires. Plusieurs secteurs sont déjà prioritaires en soins de suite : la neurologie, la cancérologie, la gérontologie, les poly-pathologies et l’accompagnement des personnes en fin de vie. Cette analyse permet d’avancer que la création de 80 lits, répondant à ces nouveaux besoins, est réaliste. Le parfait état de la Villa Notre Dame, et le délai d’application de l’actuelle réorganisation donnent le temps de concevoir de nouvelles missions. D’autant que de nouvelles opportunités se présentent. Par exemple, un partenariat avec le «Vent du Large» qui accueillant la future école nationale de skippers devra mettre à la disposition de ses stagiaires un centre de remise en forme. Or les compétences et les équipements existent déjà à la Villa Notre-Dame, à deux pas. Des complémentarités à imaginer ? Précisément, un partenariat mobilisant toutes les parties prenantes ouvrirait de nouvelles perspectives. Pour V.I.E ne rien tenter serait une faute.

Jean Georger