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Travailler à Saint Gilles Croix de Vie

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Toute commune qui veut se donner un avenir s’emploie à ce que ses habitants trouvent gîte et travail, sinon sur place, du moins à proximité. Les lotissements se pressent d’occuper le foncier disponible. Ce dynamisme s’accompagne-t-il de celui de l’emploi ?
Pour répondre à cette question, V.I.E a rencontré des acteurs économiques locaux et a consulté les organismes en charge de cette question. Le Canton de Saint Gilles Croix de Vie ne manque pas d’atouts. En 2010, le tourisme a suscité une offre de 600 emplois dans les secteurs du commerce. 600 emplois sont également proposés dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration. L’extension des surfaces de chalandise à l’initiative d’une enseigne de la grande distribution a créé un pic éphémère de recrutement faisant progresser l’offre de 13% dans ce secteur, la même année. La part de l’emploi saisonnier reste importante dans ces mêmes secteurs de même que le nombre des contrats à durée déterminée.
Au 30 juin 2011, l’offre d’emploi sur le canton se répartissait en 34,5% d’emplois durables, 59,8% d’emplois temporaires et 5,7% d’emplois occasionnels. L’emploi salarié a progressé de 23,09% entre 1999 et 2009 sur le canton en faisant une large part aux emplois saisonniers ou intérimaires. Par ailleurs en Vendée, le chômage progresse, passant de 1350 demandeurs en 2007 à 2096 en 2009. Cette croissance rend compte de l’évolution des emplois salariés qui progressent globalement de 7570 en 1979 à 10172 en 2007 pour régresser à 9376 en 2009. Les offres d’emplois se concentrent sur les métiers de cuisinier, peintre, agent d’entretien, couvreur et emploi vert ( économie d’énergie et du développement durable). Le noyau des emplois durables reste constitué par les secteurs du bâtiment, de l’industrie et du commerce. Il s’élargit actuellement sous l’impulsion des services à la personne à l’initiative d’organismes du secteur associatif tels que l’ADMR qui compte 65 salariés à Saint Gilles Croix de Vie, 30 à Saint Hilaire, 31 à Coëx, 31 à Brétignolles et une vingtaine à Commequiers.
Pour sa part, COVIDA regroupe de 25 à 30 salariés. Ces postes sont en constante évolution. Outre la prise en charge du cadre de vie des personnes dépendantes, momentanément ou non, on constate que ces salariés doivent de plus en plus prendre en charge des tâches nouvelles afin d’assurer l’hygiène, l’alimentation voire quelques soins personnels. Déjà exigeants en termes de disponibilité et de mobilité, les niveaux de responsabilité et de compétences de ces emplois s’accroissent sans que l’encadrement ne se renforce ni ne se diversifie en proportion tant ces employeurs sont contraints par des budgets négociés de plus en plus âprement en dépit des conventions qui régissent ce secteur. Néanmoins les organismes employeurs de ce secteur s’engagent dans une politique de formation directe et en continu de leurs collaborateurs avec l’ambitions d’ améliorer la qualité du service tout en favorisant leur promotion professionnelle.
Le secteur de la santé offre des emplois durables, stables et diversifiés à des salariés diplômés. La «Villa Notre Dame» regroupe une centaine de salariés et l’hôpital local en compte 200 tandis que l’AMAD assurant le service d’aide médicale à domicile, relevant du secteur associatif compte une trentaine d’intervenants.
Les EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), répartis sur le canton, représentent 250 emplois. C’est un secteur prometteur selon les spécialistes tant il répond aux besoins d’un littoral très attractif pour les séniors. Cependant le nombre des structures d’accueil reste insuffisant. La lenteur des prises de décision liée à la complexité des procédures d’agréments augure mal de l’avenir.
Dans le même temps, les professionnels constatent une augmentation des risques professionnels due à la montée en puissance des responsabilités et à l’alourdissement des plans de charge lorsque les effectifs sont trop insuffisants. L’importance des besoins dans ce secteur a suscité l’organisation d’une formation gratuite d’aide proposée par pôle emploi sur les 9 cantons du littoral vendéen.
Ce rapide recensement met en évidence l’affaissement des secteurs économiques traditionnels
à l’exception de la pêche côtière. Après l’agriculture, l’agroalimentaire (une conserverie sur les douze que comptait Croix de Vie), la métallurgie et la petite industrie sont en régression. Le privilège d’avoir l’une des plus prestigieuses entreprises du nautisme, d’envergure internationale, nous accorde-t-il celui de l’emploi ? Le développement de l’entreprise et ses investissements sur 2000 ha à Givrand sont prometteurs. L’envergure et le renom de cette entreprise lui permet de mener une politique de recrutement à l’échelon national et/ou régional et de drainer des candidatures spontanées via internet. Le recours aux emplois intérimaires permet d’assumer les fluctuations du marché tout en veillant à fidéliser les salariés en recourant à l’ensemble des dispositions législatives et réglementaires autorisées par le droit du travail. Ce fleuron de l’économie vendéenne joue assurément un rôle décisif pour l’emploi direct et induit sans que celui-ci ne soit visible en
proportion de son impact. Quel que soit le secteur, l’accès à l’emploi est plus difficile pour les femmes qui sont confrontées à deux difficultés : Faire garder les enfants dans de bonnes conditions éducatives et de sécurité et se déplacer quand les bus manquent et que le coût des transports grève les revenus (En dépit de la carte de réduction à – 75% dite acticarte).
Au-delà de ce rapide état des lieux, les spécialistes de l’emploi décrivent une transformation radicale des emplois et du rapport au travail. Ils font deux constats :

  • les emplois se complexifient. Ils nécessitent de détenir une compétence intrinsèque, une réelle capacité d’adaptation et une ouverture à l’environnement économique.
  • Les rapports employeurs –salariés se transforment. Les salariés connaissent leur droit et revendiquent, de plus, la reconnaissance de leur désir de s’accomplir dans leur tâche. Ils refusent d’être un pion dans l’entreprise. Les employeurs découvrent une indépendance d’esprit et d’attitude qui ne se laisse pas impressionner par la précarité voire la rareté de l’emploi.

Dans ce contexte tendu, tant au plan social qu’économique, les organismes se consacrant à l’emploi développent de plus en plus des compétences d’inter médiation. Ils cherchent à  faire se rencontrer des motivations réciproques où finalement l’aptitude et les capacités à transmettre et à recevoir des compétences décident de l’embauche d’un demandeur d’emploi. Il revient à ces organismes de détecter les aptitudes, de susciter la motivation et de monter avec les salariés et les employeurs concernés un projet cousu main d’adaptation à la fonction en mobilisant la panoplie des formations et des aides à l’emploi.
Fin des formules standards. Ces spécialistes font évoluer leur rôle en concevant avec les intéressés un projet d’insertion professionnel et en misant sur l’accompagnement personnalisé et les formations en alternance.
Il reste que les salaires décollent rarement du SMIC, tous secteurs confondus. Cette réalité s’ajoutant à la précarité qui gagne tous les types d’emplois fait comprendre que les lotissements qui surgissent n’offrent
pas assez de logements accessibles à des revenus modestes.

M.Boulègue

Sources : Pôle emploi-Persée.
Illustration : Graphiques sur l’évolution de la demande d’emploi.