Association VIE Vendée » Blog Archives

Tag Archives: environnement

Bulletin 2016 Histoire - Récits - Mémoire

Les 40 ans du Conservatoire du Littoral

Published by:

Acteur majeur de la protection du littoral, V.I.E soutient ses objectifs et n’a jamais manqué de répondre à ses sollicitations depuis sa création. Nous avons donc tenu à rappeler ses missions et leurs impacts au service de la protection du littoral et de la flore dunaire.
C’est un établissement public, administratif de l’Etat, placé sous la tutelle du Ministère de l’Environnement et de l’Aménagement du Territoire. Il a été créé en 1975. Objectifs : mener une politique foncière visant à la protection définitive des rivages maritimes et lacustres en métropole et départements d’Outre-Mer. Objectif pour 2050 : acquérir 1/3 du littoral français afin qu’il ne soit pas construit ou artificialisé. Objectif élargir au domaine public maritime, aux zones humides, aux estuaires et aux lacs.

Fonctionnement :

le siège est installé à la Corderie Royale de Rochefort. Il existe : un Conseil d’Administration (élus nationaux et des représentants des ministères), dix Conseils de rivages (élus départementaux et régionaux) et un Conseil scientifique.
Sur le terrain, 900 gardes du littoral, employés par les collectivités locales, entretiennent et mettent en valeur les espaces naturels. Le garde sur la Communauté de Communes du Pays de Saint Gilles Croix de Vie est Renan WANHERDRICK, dont vous avez pu faire la connaissance, lors de notre assemblée générale du 13 juillet 2013. Il agit sur les 140 ha du Conservatoire, répartis sur les trois communes littorales du canton : Brétignolles sur Mer, Saint Gilles Croix de Vie et Saint Hilaire de Riez.

Missions du Conservatoire du Littoral:

Acquisitions : Résultats d’une politique ambitieuse, rendue possible à la fois par des fonds publics (dotation de l’Etat, de l’Europe, des collectivités territoriales, établissements publics) et des fonds privés (legs, mécénats). 70% des acquisitions se font à l’amiable, le Conservatoire étant prioritaire à l’achat des parcelles, lorsqu’elles sont situées en ZPENS (Zone de Préemption des Espaces Naturels Sensibles).

Gestion des sites, Projet de conservation :

  • gouvernance (comité de gestion)
  • surveillance (garde du littoral)

Animation et suivi : les travaux de restauration sont fi nancés par le Conservatoire du Littoral. L’entretien courant et la valorisation des sites sont réalisés par les collectivités locales (ou autres organismes gestionnaires) qui emploient les gardes du littoral ;

Les Dunes du Jaunay et de la Sauzaie

Le retour de l’oeillet des dunes, résultat d’une protection efficace (photo V.I.E.)

Le retour de l’oeillet des dunes, résultat d’une protection efficace (photo V.I.E.)

C’est l’unique vaste plateau dunaire non boisé du département. Il est protégé depuis 1990. Et le Conservatoire en acquiert des parcelles à l’amiable ou par préemption depuis 1992. Il possède actuellement 70 ha en 57 acquisitions, alors que le total du massif dunaire représente 330 ha répartis sur les deux communes de St Gilles Croix de Vie et de Brétignolles sur Mer. Du côté de Saint Gilles Croix de Vie 85% des parcelles appartiennent au Conservatoire, contre 8% pour Brétignolles sur Mer. Une convention de gestion tripartite lie le Conservatoire du Littoral, la Communauté de Communes du Pays de Saint Gilles Croix de Vie et le Conseil Départemental. Ce dernier participe également au financement de la gestion du site. Lors de notre rencontre le 11 septembre 2015, Renan Wanherdrick a évoqué le plan de gestion du site Natura 2000 de la Sauzaie, lancé par la Communauté de Communes, financé par la Région et la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’aménagement et du Logement), en partenariat avec le Conseil Départemental de Vendée, le Conservatoire du Littoral et les communes. Ce plan de gestion a été établi suite à une étude de fréquentation réalisée en 2012 et une analyse des caractéristiques écologiques du site (milieux, fragilités, cheminements..) Il a pour objectif de maintenir, restaurer et valoriser les qualités biologiques et paysagères du site dunaire. On y trouve par exemple : l’amélioration de l’accueil du public ( requalification des cheminements, amélioration de l’information, réfection de parking, platelage en bois sur les accès plage…), la lutte contre l’envahissement par les peupliers blancs et les espèces exotiques invasives (Ailanthe, Baccharis), l’intégration paysagère des équipements.
En ce qui concerne l’accueil du public, le garde du littoral a réalisé plusieurs animations : 7 classes, entre mai et juillet, 2 groupes en accueil loisirs cet été ainsi qu’une sortie grand public à l’occasion des 40 ans du Conservatoire du Littoral. Parallèlement, notre association sensibilise le public au cours d’herborisations mensuelles entre mai et septembre. Dans le cadre de la lutte contre les plantes invasives, Renan Wanherdrick a également abordé le diagnostic agro-écologique, réalisé par la L.P.O. (Ligue de Protection des Oiseaux) l’objectif, à l’aide d’un contrat Natura 2000, est de mettre en pâture les parties envahies par les peupliers et les graminées qui font disparaître la flore dunaire.
Pour arracher les plantes ligneuses envahissantes (Ailanthus altissima, Baccharis halimifolia, Populus alba), la Communauté de Communes prévoit l’utilisation de chevaux ou l’arrachage manuel selon les cas. Un autre danger guette notre dune et sa fl ore spécifi que, après la sur-fréquentation et les espèces végétales envahissantes, c’est l’évolution du trait de côte et l’avancée de la mer. Résister ? Subir ? S’adapter ?

Janine.bureau@sfr.fr
Sources
Publication de la Ligue de Protection des Oiseaux( LPO) « L’oiseau Mag » de l’été 2015
Site : www.conservatoire-du-littoral.fr
Compléments d’information fournis par Renan Wanherdrick.

Bulletin 2016 Dossiers d'actualité

Le Plan de Prévention des Risques Littoraux

Published by:

Le PPRL se veut à la fois vecteur de sensibilisation à la culture du risque et dispositif de prévention.

La genèse du plan de prévention :

Xynthia _ Le remblai de la Grande Plage le 28 février 2010 (photo V.I.E.)

Xynthia _ Le remblai de la Grande Plage le 28
février 2010 (photo V.I.E.)

Le littoral vendéen est caractérisé par une présence importante d’étendues de marais et de terres gagnées sur la mer, par la protection d’espaces dunaires ou par l’aménagement d’ouvrages (digues, écluses, …). La tempête Xynthia du 28 février 2010 (35 victimes sur le littoral Vendée) a malheureusement illustré ce haut niveau de vulnérabilité qui caractérise le littoral vendéen, accentué par le faux sentiment de sécurité que procurent les protections naturelles et les ouvrages de défense et par l’insuffisance de sensibilisation à la culture des risques littoraux d’une population, nouvellement arrivée et vieillissante.
A Saint Gilles Croix de Vie, des secteurs de surverse ont entraîné des submersions localisées qui ont surpris, par le niveau atteint, les habitants, pourtant habitués de longue date aux inondations de leurs maisons (quartier du Maroc). Le long du quai Rivière, des sous-sols aff ectés à des stockages de documents ont été exceptionnellement inondés. Sur le remblai de la Grande Plage, sujet aux chocs mécaniques, des paquets de mer entraînant des galets ont brisé quelques vitrines de restaurants. L’équipement des commerces en batardeaux ou tablier roulant en aluminium renforcé devant les devantures a la capacité d’amortir les chocs mécaniques générateurs de dommages.

Raison d’être d’un plan gouvernemental de prévention ?

Avant d’être un plan d’action, la méthodologie de prévention de l’Etat s’inscrit dans une promotion de la culture du risque s’adressant aux responsables, aux acteurs économiques, à la population résidentielle en informant sur les risques encourus et sur les moyens de s’en prémunir, en apportant une meilleure connaissance des phénomènes et de leurs incidences. L’évaluation du risque pour la vie humaine détermine prioritairement le PPRL (Plan de Prévention des Risques Littoraux) élaboré sous la direction des services de l’Etat, ceci pour chaque territoire défi ni. En l’occurrence pour les habitants de Saint Gilles Croix de Vie, le PPRL des Pays de Monts couvre le littoral de Notre Dame de Monts jusqu’à Brétignolles sur Mer. La réduction de la vulnérabilité des lieux de vie, de travail, de santé, de loisirs ou autres, et donc l’atténuation des dommages résultants, constitue l’objectif prescriptif de ce plan. Un travail de diagnostic a été nécessaire pour recenser l’occupation humaine, les enjeux économiques, le fonctionnement du territoire, l’environnement, le patrimoine culturel, comprendre la dynamique d’un littoral parsemé de marais et d’étendues basses protégées par des aires dunaires, étudier l’historique des tempêtes, évaluer les techniques de défense mises en oeuvre pour réduire les vulnérabilités. Fort du diagnostic territoire par territoire, dans un second temps, les services de l’Etat ont défi ni des scénarii de submersion conjugués le cas échéant à des apports pluviométriques, phénomènes engendrant potentiellement des inondations prévisibles dans des secteurs précis.
Ces scénarii de submersion sont définis en retenant le niveau marin de base correspondant à celui de évènement historique le plus fort connu, c’est-à dire l’évènement Xynthia qui a été retenu comme événement de référence maritime. A partir des surcotes enregistrées avec les marégraphes du littoral (1,16 m au port de Saint Nazaire, soit un niveau de 4,18 m NGF (par rapport au niveau 0 NGF, niveau moyen proche de la mi-marée), 1,56 m à La Rochelle La Pallice, soit un niveau de 4,51 m NGF), un logiciel de modélisation hydraulique (s’appuyant sur la topographie établie par l’intermédiaire de relevés LIDAR, télédétection par laser) a calculé les cotes de référence applicables sur le littoral, jusqu’à l’intérieur des estuaires comme pour celui de la Vie à Saint Gilles Croix de Vie. Un supplément de 20 cm correspondant à la prise en compte des premiers effets du changement climatique, a été ajouté pour qualifier cette cote de référence dite d’aléa actuel. Un supplément de 60 cm a été ajouté à la cote Xynthia pour qualifier la cote de référence dite d’aléa 2100, estimation du niveau de submersion à la fin du siècle, compte tenu du changement climatique. (cf niveaux indiqués sur la carte ci-contre). Les zones effectivement inondées lors de la tempête Xynthia sont complétées par les zones susceptibles d’être inondées en référence à la cote de référence aléa actuel. D’autres zones susceptibles d’être inondées en référence à la cote de référence aléa 2100 sont également cartographiées. Toutes les vulnérabilités sont évaluées, comme les hypothèses de brèches des ouvrages de protection non conformes ou mal entretenus. Ce principe de faillibilité s’applique également sur les ouvrages de défense du trait de côte (enrochements). Enfin il est tenu compte de la puissance des vagues heurtant un ouvrage en définissant une zone de chocs mécaniques (cas du remblai de Saint Gilles Croix de Vie). Zones de submersion, zones de chocs mécaniques, bande de précaution s’inscrivent dans le zonage règlementaire : zones rouges pour les zones de danger, inconstructibles, zones bleues pour les zones de précaution, constructibilité sous conditions (cf. carte pour Saint Gilles Croix de Vie). Cette réglementation induit une stratégie de développement des territoires qui prend en compte les risques littoraux et s’impose au PLU (Plan Local d’Urbanisme). L’instruction des permis de construire, des déclarations préalables s’en trouve affectée.

Carte du zonage règlementaire avec côtes de référence à l’horizon 2100.

Carte du zonage règlementaire avec côtes de référence à l’horizon 2100.

Des mesures de prévention, de protection et de sauvegarde doivent être prises dans les zones évoquées par les collectivités publiques ou appliquées par les particuliers, propriétaires ou exploitants, afin de réduire la vulnérabilité de l’existant. La réduction de la vulnérabilité des personnes et des biens impose de limiter la population exposée au risque, de prescrire les travaux de mise en sécurité des biens existants, de maîtriser l’expansion urbaine littorale et de refuser des projets aggravant cette exposition. C’est aussi l’objet des PAPI (Programmes d’Action de Prévention contre les Inondations) portés par les Communautés de Communes, de réduire les risques d’inondation, par les aménagements adéquats. Ainsi le PAPI du Pays de Saint Gilles Croix de Vie a permis, par l’endiguement du quai des Greniers (crête à 3,90 NGF, c’est-à-dire 13 cm de plus que le niveau Xynthia constaté 3,77) et du quai Gorin (crête à 3,80 NGF, 10 cm de moins pour la perte de charge), de protéger les bas quartiers de Croix de Vie contre les risques de submersion. Après la neutralisation des arrivées maritimes par les conduites du sous-sol, il reste encore à créer sur le quai Gorin l’important bassin de rétention (700 m²) des eaux d’origine terrestre qui seront automatiquement déversées à marée basse par l’ouverture des clapets anti-retour des 4 buses. Ainsi est prévu côté Croix de Vie le scénario de la concomitance d’évènements centennaux de submersion marine et d’inondation terrestre. Côté Saint Gilles, la mise à la cote 4,80 NGF est envisagée pour le quai Rivière et le quai Marie de Beaucaire. Quelles conséquences en matière d’assurances pour les propriétaires et exploitants : si les propriétaires, exploitants ou utilisateurs de biens et d’activités antérieurs à l’approbation du PPRL ne se conforment pas à la réglementation, les assureurs peuvent ne plus garantir les dits biens et activités.
Si des biens immobiliers sont construits et que des activités sont créées ou mises en place en violation des règles du PPRL, les assureurs ne sont pas tenus de les assurer. Quelles conséquences financières pour les propriétaires et exploitants : les études et travaux de réduction de la vulnérabilité, rendus obligatoires par un PPRL approuvé, sont éligibles au «Fonds Barnier». Ce fonds est destiné à venir en aide aux personnes physiques ou morales ainsi qu’aux collectivités disposant de biens faisant l’objet de prescriptions de travaux obligatoires. Le coût des travaux aménagements (pièce refuge par exemple) est limité à 10 % de la valeur vénale ou estimée des biens à la date d’approbation du PPRL. Le financement des travaux est limité à 40 % des dépenses, 20 % dans le cadre d’activités professionnelles, 50 % pour les études et les travaux réalisés par les collectivités territoriales. Ces financements du Fonds Barnier peuvent se cumuler à d’autres financements (ANAH, CAF, collectivités…). Où en est-on dans la démarche de prévention ? Pour le PPRL des Pays de Monts, la phase de concertation a fait l’objet de plusieurs dépositions d’avis. La mairie de Saint Gilles Croix de Vie a fait le choix d’approuver le PPRL tout en émettant plusieurs réserves sur la forme (difficulté d’appréhension, explications insuffi – santes) et sur le fond (justifi cation des cotes, vérification de la modélisation, modifi cation du règlement des zones de chocs mécaniques afi n de maintenir l’activité économique du remblai de la Grande Plage, …). La déposition de l’association V.I.E. porte sur la diff érence entre la cote réelle atteinte par le niveau Xynthia + 13 cm et la cote de référence calculée par le logiciel de modélisation (diff érence de 30 cm= 4,20 NGF – 3,90 NGF pour le cas du quai des Greniers), sur le lien entre le PPRL et le PAPI et sur la problématique de la servitude de passage (chemin des douaniers) soustraite lors du recul du trait de côte. La phase d’enquête publique (janvier 2016) permet une plus ample information de la population, éventuellement invitée à déposer des avis et observations. Ceux-ci peuvent conduire à des adaptations du projet de PPRL. La procédure se termine par une approbation du PPRL par arrêté préfectoral après avis de la commission d’enquête. Approuvé, le PPRL vaut servitude d’utilité publique en application de l’article L.562-4 du Code de l’Environnement. Il s’impose aux documents d’urbanisme en vigueur et doit être annexé notamment au Plan Local d’Urbanisme (PLU) dans le délai d’un an. Les travaux de réduction de la vulnérabilité de l’habitat existant doivent avoir été réalisés avant 5 ans.

Conclusion et prolongement.

Le plan de prévention de l’Etat, décliné en PPRL sur les territoires littoraux, à grand renfort d’experts réunis par chaque Direction Départementale  des Territoires sous autorité du Préfet, s’avère à la fois un processus de sensibilisation à la culture de prévention du risque et un ensemble de prescriptions (servitudes d’utilité publique s’appliquant au-dessus de toute autre réglementation) s’inscrivant dans une stratégie de développement durable. Cependant de nombreuses résistances de la part des élus se sont traduites par un avis défavorable du PPRL, comme pour le territoire littoral de la Baie de Bourgneuf, pour la ville de Saint Jean de Monts qui fait réaliser une contre-étude ou pour Noirmoutier fi er de son système de défense par digues. Personne ne peut dire que nous sommes à l’abri d’un évènement à plus forte amplitude que Xynthia, notamment dépressionnaire, mais l’ensemble des prescriptions du PPRL appliquées pour réduire les vulnérabilités, complétées par la mise en oeuvre des PAPI, associées à une meilleure conscience du risque par la population et aux mesures du PCS (Plan Communal de Sauvegarde), doivent permettre d’éviter la perte de vies humaines et de réduire les dommages. Une telle mobilisation de l’Etat complétée par celle des collectivités territoriales, certainement justifi ée, ne pourrait-  elle pas être appliquée à d’autres risques qui nous concernent tous et tous les jours et dont la prévention est insuffi samment promue (campagnes de sensibilisation, formation pédagogique …) et prescrite (mesures et aménagements de sécurisation, …) : par exemple les risques domestiques (chutes, incendies, intoxications…), les risques de circulation automobile (une cinquantaine de décès par an en Vendée, 54 en 2014), les risques professionnels, les risques de noyade sur la plage (une quinzaine de décès par an en Vendée), les risques sanitaires liés aux diff érentes pollutions, etc

Denis.Draoulec22@orange.fr
Sources principales:
Documents préfectoraux relatifs au PPRL des pays de Monts
Délibération N° 21.09.2015-10 du Conseil Municipal de la ville de Saint Gilles Croix de Vie
Guide méthodologique PPRL (DGPR SRNH/BRM – mai 2014)

Bulletin 2016 Dossiers d'actualité

Frelons asiatiques : quels enjeux ? Quelles solutions ?

Published by:

Le Frelon à pattes jaunes (dit frelon asiatique) Vespa velutina  sur Saint Gilles Croix de Vie.
Une espèce invasive est une espèce introduite (volontairement ou non) à partir  d’une zone biogéographique différente, et qui trouve dans sa région d’accueil toutes les conditions écologiques (climatiques, nutritives, hydriques…) nécessaires à son cycle de développement. Si elle ne rencontre  ni prédateurs, ni parasites, ni compétiteurs sur place, ses populations  vont croître de manière exponentielle, et l’espèce va  alors gêner le développement d’espèces indigènes ou causer le dysfonctionnement  d’écosystèmes.

Le frelon à pattes jaunes, ou frelon asiatique, Vespa velutina  est  une espèce invasive.  D’origine asiatique, sa présence en France a été attestée pour la première fois dans le Lot-et-Garonne, en 2004. Arrivé en Vendée en 2008, il a envahi depuis  plus de la moitié de la France et a atteint d’autres pays (Espagne, Portugal, Belgique, Italie, Allemagne), très rapidement, conformément à la dynamique des espèces invasives.

Plus petit que le frelon commun, plus sombre, il s’en distingue aussi par ses pattes jaunes, d’où son nom. C’est une espèce sociale qui construit des nids. Le nombre d’individus produits par nid au cours d’une saison (d’avril à novembre) a été estimé à 6 000 en moyenne. Mais  les plus gros nids, qui peuvent atteindre 1 m de haut et 80 cm de diamètre, produiraient jusqu’à 13 000 individus dont plus de 500 futures reines (appelées encore fondatrices) et autant de mâles.

Régime alimentaire
Le Frelon à pattes jaunes adulte se nourrit de nectar, de pollen, de fruits.  Mais, d’avril à septembre, il  chasse, pour nourrir ses larves, une multitude d’insectes. L’étude des boulettes ramenées au nid montre une proportion d’environ 1/3 de Diptères (mouches et syrphes surtout) et 2/3 d’Hyménoptères.  «Parmi ces derniers, l’abeille domestique et les guêpes communes sont ses proies favorites.  Le reste du régime alimentaire est constitué,[..], d’autres espèces, très variées, d’insectes et d’araignées ou  à l’occasion de chair des cadavres de vertébrés (oiseaux, mammifères mais aussi  viande et[…] poissons et crevettes prélevés aux étals des marchés) » (1).

Le frelon à pattes jaunes est un donc un prédateur relativement opportuniste: «La diversité de ses proies augmente avec la richesse en espèces d’insectes de son environnement. En milieu urbain, où elle domine… ,l’abeille domestique devient sa proie principale. Elle constitue alors environ 60 % du total de ses proies» (1), que le frelon peut chasser jusque dans le rucher. Dans un contexte généralisé de déclin des colonies d’abeilles domestiques, c’est une source de désarroi supplémentaire pour les apiculteurs, en particulier les professionnels.

 

Les méthodes de lutte contre le frelon asiatique sont régies réglementairement (2)

  1. Piégeage:

– préconisé seulement à proximité immédiate des ruchers afin de diminuer la pression de prédation et le stress sur les colonies.

– piégeage systématique hors des ruchers déconseillé: ils sont inefficaces (rendement très faibles) et préjudiciables à l’entomofaune (ensemble des insectes).

– piégeage des fondatrices au printemps déconseillé: toutes les fondatrices ne feront  pas de nid, compte tenu de la forte compétition intra spécifique entre les individus. Le piégeage, en diminuant la compétition intra spécifique peut être contreproductif.

– Il n’existe pas, à cette date, de piège vraiment sélectifs, c’est à dire très efficaces pour le frelon (même si leur rendement est correct en rucher) et inoffensifs pour les insectes non cible.

– Des recherches dans ce sens sont en cours à l’INRA de Bordeaux, au CNRS de Gif-sur-Yvette et à l’IRBI de Tours.

  1. Destruction de nids (3)

C’est actuellement la seule méthode efficace pour limiter les populations de frelons asiatiques

« La destruction d’un nid de V. velutina est dangereuse; car alors les frelons  manifestent un comportement très agressif. Seules des personnes qualifiées et dûment équipées peuvent procéder à cette destruction, à l’aide d’un matériel spécifique. Les personnes autres doivent se tenir à 50 m minimum du nid , ou à l’abri dans un  local, lors de la destruction » (3).

 

Sécurité des personnes (4)

Cette espèce n’est pas agressive envers l’homme, excepté par autodéfense, comme c’est aussi le cas pour le Frelon d’Europe, dans un périmètre d’environ 5 mètres autour des nids.

La construction de ces nids, le plus souvent à la cime des arbres (75% des nids à plus de 10 m de hauteur) limite les contacts avec les humains. Cependant, on peut trouver aussi des nids (3%) très bas… (haies, terrasse et même… niche de chien!)

Après plusieurs années d’observation, les Centres antipoison n’avaient constaté aucune augmentation significative du nombre de piqûres dans les départements où l’espèce était  installée et abondante entre 2004 et 2009 (4).

Cependant ces mesures de précaution limiteront les risques de piqûres:

  • Ne dérangez pas les frelons, afin de ne pas provoquer de comportement agressif.
  • Pour cela, évitez les chocs sur le support du nid.
  • En été, avant d’entreprendre des travaux de toiture, de taille… observez les lieux, afin de repérer des éventuels nids ou vols d’insectes.
  • Ne frappez pas les insectes volant autour de vous.

En cas de piqûre

Les piqûres ne sont pas plus dangereuses que celle des guêpes ou frelons européens.

Néanmoins, comme avec ces espèces, trois cas  peuvent présenter des complications médicales graves:

– cas de piqûres multiples ;

– cas de piqûre unique sur muqueuses (intérieur de la bouche…) ;

– cas d’allergie au venin d’hyménoptères (guêpes, frelons abeilles…).

En cas de  piqûre dans la bouche ou dans la gorge: le gonflement peut être rapide et important et entraîner des difficultés respiratoires. L’allergie se manifeste par une éruption cutanée avec des démangeaisons, un gonflement du visage…, des vertiges, de la pâleur, des difficultés respiratoires, une sensation d’étouffement.

Dans ces 3 cas le pronostic vital peut-être engagé ; il faut donc  CONTACTER LE 15, pour adapter la marche à suivre.

En  conclusion, il n’y a pas lieu de craindre outre mesure le frelon asiatique,  mais il faut prendre les dispositions habituelles vis à vis des Hyménoptères.

 

Découverte d’un nid à Saint Gilles Croix de Vie :

La découverte en septembre 2015 à Saint Gilles Croix De Vie dans une parcelle privée à 12 m de haut a amené un collectif local de veille citoyenne pour la lutte contre les frelons asiatiques auquel s’est jointe l’association V.I.E, à solliciter la Mairie de SGXV (qui  indemnise 50% des frais dans la limite de 60 €),  la Communauté de Communes (CdC) du Pays de Saint Gilles Croix De Vie et la Fédération Départementale des Groupements de Défense contre les Organismes Nuisibles de Vendée (FDGDON 85) chargée de l’organisation de la lutte contre cette espèce.

frelon

Nid de frelon asiatique repéré en septembre 2015 à Saint Gilles Croix De Vie dans une parcelle privée à 12 m de haut.

 

Finalement, après recherche de solutions économiques, c’est grâce à des apiculteurs  bénévoles que la destruction du nid  encore en activité avec de nombreuses larves a été réalisée. Le coût, de l’ordre de 500 €, a été supporté par les intervenants  (2 intervenants avec matériel élévateur de nacelle, 2 bombes aérosol de destruction d’insectes).

Face à cet état de fait,  en l’absence d’un plan de lutte national, et face aux enjeux environnementaux, économiques et sanitaires, le collectif d’associations locales (CPNS, Innovée et V.I.E.) de veille citoyenne pour la lutte contre les frelons asiatiques a sollicité par courrier la CdC du Pays de Saint Gilles Croix De Vie, afin qu’à l’avenir, elle assure la destruction des nids de frelons asiatiques, seule mesure de lutte efficace contre cette espèce à l’heure actuelle.

Il est en effet indispensable de ne pas laisser les propriétaires seuls avec ce problème, même avec une partie des frais indemnisée,  pour éviter tout  «bricolage» contre-productif et dangereux dans ce type d’intervention.

A l’instar de plusieurs communautés de communes,  la CdC du Pays de Saint Gilles Croix De Vie est à même d’assumer cette prise en charge de la destruction des nids de frelons asiatiques, en fournissant  des moyens matériels  et un financement, en coordination avec la FDGDON 85 et le GDSA 85 (Groupement de Défense Sanitaire Apicole de Vendée).

Un nid de frelon asiatique chez vous?
Informer impérativement la FDGDON Vendée au n° «spécial frelon asiatique»:   02 51 47 70 64

Cet organisme se chargera de vous donner toutes les indications nécessaires sur la procédure à suivre et sur les aides auxquelles vous avez droit.

Contacter la Communauté de Pays de Saint-Gilles Croix De Vie au 02.51.55.55.55, qui en principe, suite à la délibération du bureau communautaire du 12 nov 2015), a prévu à partir de 2016 de prendre en charge la destruction des nids installés sur des parcelles publiques ou privées du territoire.

 

Michèle Tramoy micheletramoy@wanadoo.fr

Les références des documents cités sont disponibles sur les pages web suivantes :

(1) http://www7.inra.fr/opie-insectes/pdf/i169muller-et-al.pdf

(2) http://agriculture.gouv.fr/sites/minagri/files/documents//DGALN20138082_cle85fd7f-1.pdf

(3) http://www.itsap.asso.fr/downloads/publications/methodes_de_destruction_des_nids_maaf-medde_2013_07_mac.pdf)

(4)http://www.centres-antipoison.net/cctv/rapport_cctv_vespa_velutina_2009.pdf

Pour en savoir plus consulter le site très riche du Museum National d’Histoire Naturelle à l’adresse :

http://frelonasiatique.mnhn.fr/