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Bulletin 2018 Dossiers d'actualité

Vogue avec les vagues

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Le surf pour tous à Saint-Gilles-Croix-de-Vie.

Lorsque le vent souffle en rafales et balaie le remblai de la «Grande Plage» de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, celle-ci n’en est pas pour autant désertée. De multiples silhouettes, gainées de leurs combinaisons telles des peaux de requin bleu, parsèment l’océan hérissé des pointes mousseuses des vagues, dans un ballet aux mouvements tout à la fois désordonnés et empreints d’une grâce fragile.

Mais qui sont-ils, ces surfeurs obstinés, des sportifs accomplis ou de simples amoureux de la glisse sur la mer ? Et pourquoi notre paisible station vendéenne se transforme-t-elle en émule de Malibu ?

glisse scolaire avec les élèves des Salines – Photo VIE IMG 4109

Le surf sans barrières.

Les immatriculations des véhicules garés près de la plage révèlent des provenances parfois lointaines. Ainsi, quatre étudiants belges avouent avoir choisi ce spot pour leurs vacances en raison du temps plus clément que sur les côtes normandes et parce que les vagues sont assez hautes pour s’amuser, mais plus abordables que celles de Biarritz. Les nombreux restaurants de qualité et aux prix raisonnables constituent un autre atout non négligeable.

 

Le surf, vecteur universel d’énergie. Les nombreux bienfaits du surf sont reconnus, à tous niveaux. Bien sûr, le surf ne peut se pratiquer qu’au bord d’une mer formée. Immédiatement, emplir ses poumons face aux embruns chargés de sel et d’iode procure un sentiment de bien-être.

La spécificité du surf tient au fait qu’il faille passer beaucoup de temps à aller chercher la vague, allongé à plat ventre sur la planche. Il faut ramer de toute la force de ses bras pour dépasser les premiers rouleaux, puis patienter jusqu’à l’arrivée de la « bonne vague». Dans le meilleur des cas, lorsque l’on a réussi à se mettre debout, il faut maintenir la posture idéale pour faire corps avec la vague. Commencent quelques secondes quasi-miraculeuses où le surfeur a trouvé le point d’équilibre parfait entre le ciel et l’eau.

Dans les manœuvres d’approche, toute la chaîne musculaire, des épaules jusqu’au bas du dos, est mise en œuvre. Puis souplesse, agilité et équilibre sont requises pour se redresser et les jambes vont devoir fournir un effort pour s’adapter à cet exercice périlleux et se stabiliser. En conséquence, c’est l’ensemble du corps qui est sollicité, raffermi, redressé, jour après jour, séance après séance.

Mais le mental profite également des bienfaits de la pratique du surf. L’effet bénéfique du sport en général a été reconnu officiellement par la loi du 26/01/2016, qui permet au médecin de prescrire la pratique d’un sport à titre de soin. Notamment, l’effort physique a pour résultat, comme tout sport, de secréter les endorphines qui « agissent sur les zones du cerveau qui captent les opiacés (morphine par exemple), en particulier des zones associées à la perception de la douleur ». (1) Ceci est particulièrement vrai pour les sports d’endurance, dont les effets se font ressentir après une durée minimale de trente minutes. A cette sensation de bien-être, le surf associe de la notion de jeu, de confrontation avec les éléments et avec ses propres capacités. Le surfeur, contrairement à une image extérieure un peu artificielle doit cultiver l’humilité. Il n’est qu’un fétu de paille sur sa planche, face à l’immensité de l’océan. Mais quelle récompense lorsqu’il parvient à se redresser et à épouser les larges mouvements du dos rond de la vague, ne serait- ce qu’un court instant. Ce sentiment de réussite ne peut que conforter, voire installer, la confiance en soi, à tout âge, particulièrement vitale lorsqu’on se trouve confronter aux difficultés de la vie. Alors le surf est- il ouvert à tous. Quels que soient l’âge ou les capacités physiques ?

Les prérequis du surf.

L’océan représente un vaste espace de liberté dont chacun peut profiter à sa convenance. Malgré tout, pour la pratique du surf, certaines malformations ou maladies peuvent se révéler rédhibitoires de manières provisoire ou définitive, dans la mesure où elles compromettent la sécurité du surfeur (notamment celles qui concernent la colonne vertébrale, les infections, les problèmes articulaires). Il est donc fortement conseillé de consulter un médecin. Les écoles de surf exigent d’ailleurs la présentation d’un certificat médical de non contre-indication datant de moins d’un an comme le prévoit la législation (2) ; En revanche, le handicap n’interdit pas la pratique du surf, bien au contraire. C’est ainsi que l’école de surf labellisée de la SEMVIE met en application le programme de l’association nationale Handi surf, dans le cadre de la délégation pour le développement du Handi- surf par la FFS et le ministère des sports. Elle offre un encadrement spécifique et des installations adaptées, ainsi qu’une pédagogie rapprochée. Que le sportif soit allongé ou debout, il peut faire corps avec l’océan et se nourrit de l’énergie de la vague.
De même, le Surfing Club Saint-Gilles met l’un de ses professeurs à la disposition d’un sportif de haut niveau handicapé, Philippe Naud, afin de le préparer pour les JO de 2020 à Tokyo. Il a également été sélectionné pour les Championnats du monde Handi surf, qui se tiennent en Californie fin 2017 (3).

Une pratique scolaire en expansion.

Comme tout sport, une pratique du surf dès le plus jeune âge permet d’acquérir les bases de manière plus progressive et plus solide. Dans ce but, les écoles et collèges de Saint-Gilles-Croix-de-Vie ont mis en place des structures et un programme à partir de l’école primaire.

Ainsi, au niveau des classes de CE2, deux éducateurs sportifs de l’école de la SEMVIE (avec quatre accompagnateurs) ont dispensé une dizaine de séances d’initiation en mai-juin 2017 sur la Grande Plage. Les élèves, après avoir apprivoisé l’élément « eau» et une simulation sur le sable, ont pu goûter à la joie de glisser sur des planches «école».

Puis, dès la 5ème, les collégiens volontaires, notamment ceux éloignés du littoral, peuvent choisir l’option surf, pour des séances hebdomadaires. En vue de la compétition, cette possibilité est complétée par des classes « section surf » en 5ème et 4ème, après une sélection tenant compte du niveau de surf et du niveau scolaire. Ainsi, les élèves bénéficient de deux séances de trois heures par semaine et peuvent effectuer des stages dans d’autres spots, voire s’engager dans la compétition. N’oublions pas la perspective de l’ouverture d’un lycée en septembre 2021 et de la possibilité de la création d’une section sport-études consacrée au surf.

Les offres complémentaires des écoles de surf

Le « paysage surf » de Saint-Gilles-Croix de-Vie, étoffé au fil des ans, propose trois écoles. Entre le trentenaire Surfing Club Saint-Gilles et la solide école de surf de la SEMVIE, s’est glissée depuis 2016 l’école MAHALO SURF.

*              Le Surfing Club de Saint-Gilles dispense des formations depuis le plus jeune âge. Il s’est également tourné vers la compétition de haut niveau et a engrangé quelques jolies réussites, dont la rideuse Hina Conradi. A 13 ans, elle s’est classée 6ème aux Mondiaux juniors du Japon et va intégrer le Pôle France. Sur cette lancée, elle a remporté la finale européenne du circuit Ripcurl GromSearch en novembre 2017.

Le Surfing Club est à présent le plus important club de France en termes de fréquentation. Le club est non seulement ouvert chaque jour pendant la saison, mais propose des entraînements deux fois par semaine pour les jeunes intéressés par la compétition. Le club accueille régulièrement des compétitions « fédérales» sur la Grande Plage.

Comme expliqué plus haut, le club est également fortement engagé aux côtés d’un sportif de haut niveau handicapé, Philippe Naud.

Le club n’oublie pas son rôle en matière de prévention des accidents et de formation aux gestes de premier secours. Avec l’association V.I.E., une affiche a été conçue pour prévenir les baigneurs des risques liés aux courants d’arrachement (courants entraînant vers le large), présents dans la baie de Saint-Gilles-Croix-de-Vie.

*              L’école de surf de la SEMVIE, inaugurée en 2006, se tourne davantage vers l’initiation et le perfectionnement, dans le cadre d’une pratique globale des sports nautiques et de glisse sur l’eau.

Elle a développé une section handisport étoffée, combinée aux autres activités liées au nautisme (voile et char à voile). Notons que les activités de l’école de la SEMVIE ne se limitent pas aux vacances scolaires, mais ont lieu toute l’année.

*              Pour répondre à la demande croissante de cours de surf à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, l’école MAHALO SURF dispense des formations et propose des stages pendant les vacances scolaires depuis deux ans. Elle mène également les jeunes surfeurs motivés vers la compétition.

Avec la semaine des quatre jours, l’école a élargi son off re aux enfants le mercredi toute la journée, à raison de huit élèves au maximum par séance. La mine réjouie des enfants, quand ils ont réussi à enfourcher une vague, est la meilleure preuve que le surf est un sport autant ludique que valorisant. Et gageons que la vie de nombre de ces graines de sportifs sera impactée par la découverte de cette discipline exigeante mais ô combien exaltante.

Ne vous étonnez donc plus, lorsque vous vous promenez sur le remblai de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, de voir tous ces surfeurs glisser … ou tomber et ne les traitez plus de fous. Ce sont peut-être eux les sages !

Christine Ménard.

Documentation :
 (1)            Article JOGING INTERNATIONAL 02/08/2012 - «Endorphines-courez-vers-le-bonheur» du Docteur Nicolas BOMPARD, médecin du sport.
 (2)            Loi du 26/01/2016 et décret du 24/08/2016 relatifs au certificat médical attestant de l’absence de contre-indication à la pratique du sport.
 (3)            Site internet : https://www.surfi ngfrance.com/ equipe-de-france/equipe-de-france-actus/les5-francais-pour-les-world-adaptive.htlm
Bulletin 2018 Dossiers d'actualité

La station de sauvetage de Saint-Gilles-Croix-de-Vie (1888-1970)

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Le canot de sauvetage Eugène-Viennot est rentré, vers 1914, dans son abri (1889-1970)

En partenariat avec l’association CRHIP (Centre de Recherche sur l’Histoire et le Patrimoine de la Vendée), SEMVIE Nautisme (Société d’Economie Mixte du Pays de Vie Nautisme) et les organismes locaux, une exposition se tiendra, cet été 2018, le long de la promenade Marcel Ragon. Elle retracera l’histoire des sauveteurs giras, croix-de-viots et hilairois de 1889 à maintenant. Un livre « Anniversaire des 130 ans» est proposé au public et les bénéfices de la vente iront à la station de Saint-Gilles-Croix-de-Vie qui est financée essentiellement par des fonds privés.

 

Le geste généreux du sauvetage en mer remonte à des millénaires. Les premières traces écrites de sauvetage nous viennent du droit romain qui en fait une obligation. Plus tard, c ’est le texte juridique de 1166 : les Rôles d’Oléron, imprimé en 1502 dans le Routier de la Mer de Pierre Garcie dit Ferrande, né à Saint-Gilles-sur-Vie en 1441, qui rappelle les règles fondamentales que nous trouvons aujourd’hui.

Au début du XIXe siècle, compte tenu des drames de la mer de plus en plus fréquents et coûteux en vies humaines, l’idée d ’ organiser le sauvetage est enfin admise par la communauté maritime. En 1825, est créée, pour peu de temps, la Société Humaine à Boulogne. Puis en 1865, l ’ État français crée enfin la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés (S.C.S.N.). Quelques années plus tard, en 1873, la société des Hospitaliers Sauveteurs Bretons (H.S.B.) est fondée. Cette société est destinée à aider les familles victimes des péris en mer et à améliorer les conditions de vie des marins. Enfin, ces deux sociétés fusionnent en 1967 pour donner naissance à la Société Nationale de Sauvetage en Mer (S.N.S.M.). La S.N.S.M., (association loi 1901, 31 cité d ’ Antin – 75009 Paris), est forte de 219 stations qui sont animées par 4 400 Sauveteurs Embarqués, bénévoles, et 1 300 Nageurs Sauveteurs, volontaires l ’ été pour la sécurité des plages. 7 700 personnes sont secourues, en déplorant 300 à 400 morts par an.

La station de Croix-de-Vie a été créée en 1888. Elle reçoit son premier canot de sauvetage à 10 rameurs en 1889, la «Sophie et Jeanne». Douze canots et vedettes se succèderont jusqu’à la vedette actuelle, «la présidente Louise Le Louarn », SNS 154. Viongt septe canotiers et Comité, emmenés par le président Michel Fillon, en constituent l’équipage permanent ;

Bernard de Maisonneuve.

bdmaisonneuve@gmail.com

En partenariat avec l’association CRHIP (Centre de Recherche sur l’Histoire et le Patrimoine de la Vendée), SEMVIE Nautisme (Société d’Economie Mixte du Pays de Vie Nautisme) et les organismes locaux, une exposition se tiendra, cet été 2018, le long de la promenade Marcel Ragon. Elle retracera l’histoire des sauveteurs giras, croix-de-viots et hilairois de 1889 à maintenant. Un livre « Anniversaire des 130 ans» est proposé au public et les bénéfices de la vente iront à la station de Saint-Gilles-Croix-de-Vie
Bulletin 2018 Histoire Récits Mémoire

Les pieux d’amarrage

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Depuis 2015, l’association V.I.E. essaie de protéger et restaurer les pieux d’amarrage de la baie de l’ADON.

En fait l’utilisation de ces pieux du XIXe siècle remonte la mémoire du temps. Ils sont disposés le long de la V.I.E. dans l’anse de l’ADON et sur l’éperon de la Garenne.

Sur la jetée de la Garenne, les pieux étaient espacés tous les 10 m. Ils permettaient aux bateaux de pêche ou de commerce de remonter le fleuve lorsque le vent faisait défaut ou lorsque le courant était contraire.

Soit par halage à partir du bateau, soit par « le halage à la cordelle » (corde de moyenne grosseur, en anglais tow = touer, touage). Ces pieux d’amarrage, (parfois appelés bollard, soit toute pièce de bois ou d’acier, cylindrique, fixée verticalement sur les quais), servaient aux marins qui halaient le bateau à pouvoir frapper la cordelle (c’est-à-dire amarrer) et embosser le bateau (amarrer un vaisseau de l’avant et de l’arrière, pour le fixer contre le vent ou le courant). Ils pouvaient ainsi se reposer ou lutter contre une force contraire.

 

Parfois, un canot portait une remorque ou touée d’une encablure (200 m environ) et la virait autour d’un pieu d’amarrage ou pieu de touage pour ramener cette remorque sur le bateau. A l’aide d’un cabestan ou à la force des bras, les marins du bateau pouvaient se haler vers le pieu ; et ainsi de suite remonter la V.I.E.

Halage à la cordelle, à l’entrée du port des Sables d’Olonne.

 

 

 

 

Bernard de Maisonneuve
bdemaisonneuve@gmail.com