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Bulletin 2014 dossiers d'actualité

Le point sur les futurs aménagements portuaires

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La construction de la future usine Bénéteau prend du retard. Pour autant le groupe Bénéteau se félicite d’avoir misé sur son développement à l’international. Les ventes de grosses unités à moteur repartent à la hausse. Tout en représentant 30% des parts de marché de la plaisance à l’échelle mondiale, Bénéteau veut garder son ancrage vendéen historique. Confi ante en l’avenir du groupe, la ville fait le pari que l’usine sortira prochainement de terre et tient à ce que rien ne vienne freiner davantage la mise à l’eau des fameuses unités de 60 pieds et plus dans le port de Saint Gilles Croix de Vie. Après bien des études et de nombreuses consultations d’experts, il s’avère que la solution la moins coûteuse et la plus sûre est l’implantation d’une potence rotative sur l’ancien site de la criée. Lors d’une réunion le 25 janvier 2013 avec les services de la Préfecture, l’ensemble des parties prenantes s’est prononcé en faveur de la mutualisation de cet équipement utile à la mise à l’eau des unités de plaisance et des chalutiers.

 

Schéma de potence rotative

Schéma de potence rotative

Reste à définir le parcours de l’acheminement des bateaux depuis l’usine jusqu’au port de pêche. La ville a confié cette tâche à l’entreprise AlteAd Augizeau, l’un des transporteurs accrédités par Bénéteau. L’itinéraire préconisé passe par la RD38B, sort au Fenouiller, franchit le rond- point de Bricomarché puis, après une reprise de la RD38B jusqu’au rond-point des pompiers, emprunte le boulevard Pompidou, la rue Marcel Péault, le quai de la République, franchit la voie ferrée au passage à niveau en face de la mairie et arrive sur la deuxième darse du port de pêche. Les rondpoints qui se succèdent depuis Vendéopôle devront être requalifiés et le passage à niveau devra être élargi. A cet effet la mairie a mené une série de réunions avec Réseau Ferré de France et les services compétents de la SNCF. L’enjeu est de neutraliser le moins longtemps possible l’accès des voies. Finalement a été retenu le principe de programmer l’élargissement du passage à niveau à 30 m en même temps que sera entreprise la modernisation de la voie prévue en juin 2014. Ce choix permettrait de gagner deux ans avec le moins de gêne possible pour les voyageurs.
Faute de connaître précisément le calendrier de construction de l’usine, largement tributaire, de la conjoncture économique, il a été décidé que la pose de sa première pierre donnerait le coup d’envoi des travaux d’adaptation de la voirie. Ce ne serait que dans un troisième temps et à la condition qu’un rythme soutenu de production des unités de plaisance le justifie que des aménagements portuaires plus lourds seraient entrepris. L’approfondissement des fonds du port à la cote -3 NGF et la construction d’un troisième ponton le long des quais du Port Fidèle et Rivière ne sont donc pas d’une actualité brûlante. Le ponton 8 peut suffire pour permettre l’accastillage des premières unités de plaisance*.
La ville souhaite pouvoir engager les travaux d’élargissement du passage à niveau estimés à 300 000 euros HT dès 2014 si ses partenaires confirment leur participation financière impliquant respectivement la Région à hauteur de 20% du coût des travaux, le Département dans une proportion identique et la Communauté de Communes à hauteur de 25%. Une compensation fi nancière est envisagée en faveur des professionnels de la pêche. La complexité et l’enjeu du projet justifi e un suivi très attentif de la part des services de l’Etat, des collectivités territoriales concernées outre la mairie, de la CCI et des marins pêcheurs, de l’Union des Mareyeurs de Vendée, de représentants des usagers de la plaisance Vendée, de l’association des plaisanciers de la Vie et de la SEMVIE. Au-delà c’est l’ensemble des habitants de la Commune qui est concerné. Une enquête publique relative au lancement de chacune de ces phases s’impose.

Les trois phases de travaux estimées en 2013 à un coût
de 3 896 965 euros HT se détaillant ainsi :
Phase 1 et 2
Fondation pour la grue ....................150 000 euros HT
Travaux de voirie sur site ....................70 000 euros HT
Potence rotative ...............................280 000 euros HT
Elargissement de la voie ferrée ........294 965 euros HT
Aménagements routiers en ville .......402 000 euros HT
Total ...............................................1 194 965 euros HT
PHASE 3
Ponton de 200ml et déroctage ......2 700 000 euros HT
Total des travaux ...........................3 896 965 euros HT
Gérard Roches
Bulletin 2010 Histoire - Récits - Mémoire

L’Eperon Pontchartrain

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C’est le nom de l’ouvrage maritime qui protège la baie d’Adon depuis l’an 16O1, à l’initiative de Marie de Beaucaire. Elle répondait enfin aux voeux des marins du port qui n’en pouvaient plus de devoir accoster sous les coups de boutoir du jusant. Fine manoeuvrière et près de ses intérêts, elle avait adressé une requête à Henri IV dès 1596 pour obtenir des subsides permettant de financer le coût des travaux estimé à 12 000 écus de l’époque. Henri IV, sachant pertinemment que le trafic du port fournissait des recettes appréciables à Marie de Beaucaire, lui répondit aimablement le 5 avril 1598 qu’elle était autorisée à financer elle-même les travaux dont elle aurait à se rembourser en prélevant une redevance de 7 sols 6 deniers par tonneau de marchandise entrant et sortant, assortie d’une exemption pour le sel destiné aux greniers du roi. Le 1er marché est passé le 22 novembre 1599. L’ouvrage a été réalisé en deux tranches : la construction d’un quai en croissant de 18 brasses de long (32,40 m) et de 8 de large (14,80 m) et un éperon occidental mis en construction le 1er mars 1601 pour un coût de 2 300 écus. Une fosse creusée le long du quai devait permettre l’accostage de bateaux de plus fort tonnage et améliorer d’autant le rendement de l’ancien port d’échouage.

Plan du port de St-Gilles

Le chantier dura 3 ans et s’avéra difficile d’emblée. Pour sa part Marie de Beaucaire n’a pas hésité à rogner sur le coût des matériaux et leur transport en recyclant les ruines de son vieux château de Riez. Cependant il faut attendre le siècle suivant pour que le môle donne des signes de fatigue. En 1714, le musoir s’est effondré. Il fut alors décidé d’en profiter pour le prolonger à 50m de long afin d’améliorer la protection du port.
Des plans datés de 1724 confirment que le môle mesurait déjà 45 brasses de long (80 m), sa longueur actuelle, soit 50 m de plus qu’en 1690. On peut donc être fondé de penser que, entre ces deux dates, ces travaux ont bien été entrepris à l’initiative du comte de Pontchartrain, ministre de la marine. En 1724, l’ingénieur Tigné fut chargé de renforcer l’épaisseur du môle et d’en arrondir l’extrémité afin d’augmenter l’effet de chasse, le tout pour un coût estimé de près de 40 000 livres tournois. Des travaux d’entretien se succédèrent en 1746 et 1788. La désignation «d’éperon de Pontchartrain» apparaît enfin sur une réédition datée de 1788 du plan «Bégon» de 1690 assortie d’une référence au ministre de la marine de Pontchartrain par Chevalier Isle, confirmant notre hypothèse. Depuis lors, le môle est baptisé officiellement « éperon Pontchartrain ».

A partir du XIXème siècle, l’éperon de Pontchartrain n’a plus la vedette. Les travaux vont se poursuivre sur l’autre rive et deux nouveaux phares amélioreront l’accès du port. Toutefois, Marcel Baudouin, cité par B de Maisonneuve, fait état de chantiers de 1803 à 1805 car «le môle éprouva de graves avaries». En effet, les fondations ne soutenaient plus l’ouvrage tant les pilotis en bois, supports du musoir, étaient rongés par les tarets. De 1840 à 1855 on édifia un phare qui fonctionna jusqu’en 1880 afin de signaler l’entrée du port. La suppression du sommet sur lequel on entretenait des brasiers de signalisation a donné sa silhouette à l’actuelle «tour Joséphine» restaurée par le Conseil Général en 2001 et agrémentée par la création d’un jardin ouvert au public à l’initiative de la mairie en 2003.

Michelle Boulègue

Sources :
– «Les premières installations portuaires de Saint Gilles Croix de Vie et les ingénieurs du Roi» par Thérèse Kleindienst.
Recherches vendéennes – N°5, 1998, pages 129 à166 .
– «Saint Gilles Croix de Vie, d’après les écrits de Marcel Baudouin» par B de Maisonneuve. A.R.H.I.M.S.

Bulletin 2009 Dossiers d'actualité Port de plaisance

Le port de plaisance : nouveau chantier

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Le Conseil Municipal a décidé de lancer un « nouvel aménagement » du port de plaisance, selon une sémantique qui se veut la moins alarmante possible !
Le ponton des visiteurs sera allongé de 80 m. Les études géotechniques réalisées par la société « Arcadis » confirment que le schiste altéré du fond du port permet de creuser à la pelleteuse une fosse de -3 m de profondeur, de 15 à 30 m de large, sur une longueur de 120 m. Ces travaux ne devraient pas avoir d’incidence sur la solidité des piles du pont de la Concorde comme on pouvait le craindre. Le coût du chantier, ponton compris, est estimé à ce jour à un montant de 1 466 090 euros hors taxe. Il devrait être financé par un emprunt souscrit par la commune, à hauteur de 1 080 700 euros et une subvention, à solliciter auprès du Conseil Général, pour un montant de 385 381 euros, soit 35% de la dépense subventionnable HT, voire plus… la Semvie, gestionnaire de Port la Vie n’exclut pas une contribution financière qui pourrait diminuer la charge de l’emprunt.

Pour faire quoi ?
Résumons l’information officielle : satisfaire au projet du Conseil Général qui veut faire de Saint-Gilles- Croix-de-Vie la tête de pont de la future course « Vendée Arctique » à but scientifique afin de mesurer, chaque année les effets du réchauffement climatique sur le Grand Nord. La vocation de la Vendée pour les courses de plaisance hauturière devrait ainsi se voir confirmer en associant les rendez vous du « Vendée Globe » à l’expédition nordique. Chaque année, 2 à 3 catamarans seraient au départ. De fait, les catamarans de cette course nordique ne seraient que provisoirement amarrés au ponton 8, le temps d’un rodage. Mais le lancement de cette course, théoriquement programmé pour septembre 2009 est aujourd’hui repoussé à 2010. Le point d’ancrage de la course arctique devrait être au final quai Rivière au prix de travaux considérables tel que le creusement d’un bassin en eau profonde de 6 à 8 m de profondeur pour un diamètre de 80 m devant accueillir une flottille de 4 à 5 multicoques ou monocoques de 18 m à l’année. Tant qu’à faire des travaux, l’imagination des promoteurs du projet a le vent en poupe : un port à sec est envisagé associé à un parking, le tout en souterrain, pour une estimation ébouriffante de l’ordre de 40 millions d’euros voire plus, si le sous-sol s’avère plus résistant que prévu. La sagesse ne serait-elle pas d’adopter un programme plus modeste. En effet une autre hypothèse pourrait se contenter d’un ponton ancré sur le quai Rivière. Là encore une souille, à la cote – 3 m sur 15 m de large, serait creusée tout au long de ces nouveaux pontons. Le triangle restant au centre du port serait creusé à – 2 m pour réduire les écarts de niveaux et les effets de courant. Le coût des travaux de cette version serait diminué en proportion, estimé à hauteur de 10 millions d’euros. Au-delà de la création de ces infrastructures et de leurs équipements, il est prévu l’implantation d’un « village » de toile sur le quai Rivière qui permettrait d’organiser des évènements médiatiques et commerciaux. Si ce projet sortait des cartons, le département aurait la maîtrise d’ouvrage et la commune serait concessionnaire.

Des questions restent en suspend :

  • Jusqu’où la commune peut-elle s’engager financièrement dans l’aménagement du port de plaisance quand le département limite son investissement à 20% du coût des travaux du ponton 8 ?
  • Quelles seraient les conséquences des travaux quai Rivière pour les fondations des propriétés riveraines si le chantier envisagé se concrétisait ?
  • Quelle implantation de remplacement pour la fête foraine, actuellement située sur le futur bassin, pourrait offrir les mêmes avantages du point de vue des forains, à défaut de concilier les calendriers ?
  • Quelles répercussions sur la vie aquatique du bassin ? Déjà, les civeliers craignent que l’allongement du ponton 8 ne compromette la campagne de pêche 2008/2009.

Ces projets à tiroir inquiètent. Même s’ils révèlent un intérêt certain pour le port de Saint-Gilles-Croix-de- Vie, les termes du partenariat entre la commune, le Conseil Général et les autres parties prenantes concernées mériteraient d’être plus explicites.

Gérard Roches