Bulletin 2020

MOBILITÉ, BIEN-ÊTRE ET TRANSITION ÉCOLOGIQUE

Ces dernières années ont vu la prise de conscience de la mobilité comme levier pour l’emploi et l’entreprise et comme source de bien-être, ceci dans la préoccupation de la transition écologique.

La mutation de mobilité dans le cadre de la transition écologique dans une ville comme Saint-Gilles-Croix-de-Vie s’annonce pleine d’embuches. La résistance des partisans « du tout voiture » s’est illustrée au moment des aménagements Gorin/Pompidou pour conserver toutes les places autour de la rue piétonne. Alors que d’autres attentes privilégiaient l’espace partagé, les cheminements des modes actifs, la sécurité des déplacements, l’intégration de la nature. Finalement un compromis concocté par le cabinet d’urbanisme et la Mairie a prévu de déplacer les stationnements vers le Bd George Pompidou. L’analyse des préoccupations de circulation tous modes conduisait le cabinet à proposer le vélo comme symbole de mobilité pour la commune.

La petite surface de la commune (10,5 km², 3 par 3) la rend éligible à développer les modes actifs de déplacements utilitaires ou récréatifs avec les bénéfices de la marche et du vélo, sans oublier les autres supports : le skateboard, la trottinette, les rollers ou les patins à roulettes.

Les difficultés des déplacements à pied et à vélo.

Comme pour le rond-point similaire à celui de l’Europe, les usagers attendent la fin de l’aménagement du passage piéton en deux temps (ilot-refuge sur la branche La Roche). (photo VIE)

Dans les faits, mis à part des cheminements de promenade fort appréciés (promenade de Beaucaire, quai Pierre Garcie Ferrande, Coulée Verte) et des nouveaux tronçons de pistes cyclables (aménagements Gorin/Pompidou, rénovation de la piste quai Port-Fidèle/Rivière), peu d’aménagements compensent le déficit de mobilité des modes actifs, voire en quelques endroits, le recul de la mobilité en partie dû à l’augmentation des flux routiers. Sur plusieurs rues, axes majeurs ou rues résidentielles, le stationnement illicite des véhicules sur les trottoirs jalonne le parcours de discontinuités désagréables pour le marcheur.
Les habitants témoignent de la difficulté de marcher sur les trottoirs trop étroits (même des récents), encombrés de véhicules en stationnement, longeant des chaussées à circulation trop rapide (malgré le zonage à 30 km/h), mal adaptés pour les personnes à mobilité réduite.

Intersection de la Croix DORION : un des points noirs sur le cheminement des piétons et des cyclistes dont des enfants scolarisés à l’école Bocquier ! (photo VIE)

Dans le domaine du vélo, les usagers restent en attente de mesures d’aménagement de  sécurité dans les points noirs (« Croix Dorion », intersection route des Sables et rue de Bellevue, le pont du Fenouiller, ..). Bien souvent ce sont les plus jeunes, les scolaires qui, en l’absence de plan vélo école/collège, supportent tous les jours scolarisés les risques. Sur le trajet conduisant les collégiens à Pierre Garcie Ferrande, c’est une série de 4 ronds-points que les collégiens prennent le matin, idem le soir ! Les collégiens et leurs parents inquiets sont en attente des sécurisations légitimes.
Les dispositions mises pour les sens interdits pour la rue Marie Joséphine et la rue du Foc– sans le DSC (double-sens cyclable) qui est normalement la règle – illustrent les difficultés d’évolution de la mobilité encore imprégnée de la conception du « tout voiture ».

Vers la mobilité inclusive

Bien qu’un Gillo Bus desserve la commune (mardi, mercredi, jeudi, samedi, de 9h30 à 18h), une part de la population -personnes dites seniors- n’a que les jambes ou le vélo pour se déplacer souvent avec des problèmes de sécurité sur le trajet.
Comment peut-on qualifier le passage piéton pour franchir la D6 au rond-point de l’Europe ? Sans ilot-refuge, comment se préparer pour une expédition de franchissement, en un seul temps, parmi une telle fréquence de trafic ?
Des habitants sont contraints par crainte de la circulation loin d’être apaisée, d’arrêter de se déplacer, d’abandonner leurs activités, et finissent par s’isoler. Ces phénomènes doivent être traités par des actions de mobilité inclusive tournées vers les personnes les plus fragiles. C’est aussi le cas de jeunes et d’adultes en insertion sociale et professionnelle qui motive la mise en place d’aides à la mobilité.
La mobilité à Saint-Gilles-Croix-de-Vie reste perfectible et le besoin de connaitre les moyens d’être mieux protégé, composante du bien être, se développe chez les habitants.
La Prévention Routière en lançant un label « Ville Prudente » s’adresse directement aux Maires pour réduire l’accidentalité ou les risques. Plusieurs actions peuvent être promues: d’aménagement de sécurisation, sessions de sensibilisation des habitants et d’éducation routière des scolaires.


Parmi les aménagements de sécurisation, certains sont efficaces sans coûter cher. On citera comme exemple parmi les dernières mesures, une mesure réclamée  par la Prévention Routière, la possibilité de matérialiser au sol une ligne d’effet, jusqu’à 5 mètres en amont des passages piétons, délimitant une zone tampon, pour que les conducteurs s’arrêtent avant sans gêner les piétons qui traversent (9 janvier 2018) ; sinon c’est 135 € d’amende et retrait 6 points.

Denis Draoulec

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