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L'océan, acteur majeur du Pays de SGXV

LE FESTIVAL DU PLANCTON A SAINT-GILLES-CROIX-DE-VIE.

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Le Festival du Plancton est revenu à Saint-Gilles-Croixde-Vie du 19 au 22 juin 2025 pour sa 2ème édition !

L’objet de cet évènement, gratuit et ouvert à
tous, imaginé par Amaury
Guérin et construit avec
l’équipe de Plankton Planet, est de faire découvrir
au plus grand nombre l’importance et la beauté du
plancton.
Pendant quatre jours,
jeunes et moins jeunes ont
pu explorer l’univers fascinant du plancton à travers
des expériences immersives, ludiques et interactives et
rencontrer des scientifiques et des artistes émérites.
Avec ses spectacles, ses tables rondes, ses ateliers
participatifs et une exposition célébrant la beauté des
peuples invisibles de l’Océan, ce Festival du Plancton fut
une révélation pour tous ses visiteurs, petits et grands.
Des participants renommés ont prêté leur concours à
cette 2ème édition :

 

Navigateur au large, je pensais mon terrain de jeu comme
un espace où la vie se limitait à quelques poissons et cétacés. C’était sans compter ma rencontre avec le consortium
de recherche Plankton Planet et mon projet d’expédition
vers le cercle polaire arctique qui a suivi. J’ai découvert
alors l’incroyable beauté du monde indécelable à l’œil nu
sur lequel je naviguai ! Le Festival du Plancton est né de
l’envie de partager cette découverte avec le plus grand
nombre.
Amaury Guérin.

Jean-Louis Étienne, médecin, explorateur polaire et
parrain de l’édition 2025 du Festival du Plancton.
Isabelle Autissier, navigatrice, écrivaine et présidente
d’honneur du WWF.
Colomban de Vargas, directeur de recherches au
CNRS, fondateur de Plankton Planet, coordinateur
scientifique des expéditions TARA.

Pourquoi venir à la rencontre du plancton ?

L’eau de mer est vivante. Dans chaque litre d’eau de mer,
existe une forêt flottante et insaisissable, qui comporte des
milliers d’espèces : le plancton. A l’échelle de la planète, il y aurait
plusieurs millions d’espèces de plancton, la plupart sont encore inconnues.
Les plantes y sont beaucoup plus petites que les animaux.
Ces derniers, sont souvent transparents, gélatineux,
mystérieux. C’est le royaume des organismes unicellulaires.
Les plus petits d’entre eux dépensent toute leur énergie
pour se frayer un chemin dans cette jungle. Tous nous
dévoilent leurs formes et des couleurs à faire pâlir nos
plus grands artistes.
Ces êtres vivants existent depuis des milliards d’années
et ont généré une grande part de l’oxygène de l’atmosphère
et nos réserves de pétrole,
tout en régulant le climat et fournissant la totalité de la nourriture des crustacés,
poissons et cétacés.
Le Festival du Plancton est une
porte d’entrée dans ce monde fondamental, différent
et beau, qui changera pour toujours votre regard sur le
vivant.

Une équipe de passionnés.

Le Festival du Plancton est adossé au consortium de recherche Plankton Planet qui vise à engager les citoyens
à mettre œuvre, d’ici à 2030, une mesure coopérative,
frugale et pérenne de la vie aquatique invisible à l’échelle
planétaire, permettant de surveiller l’état et l’évolution
de la santé de l’océan et des eaux douces.

 

Unique en son genre, le Festival du Plancton est
une ode à la vie microscopique qui a rendu notre
planète habitable. Il est un choc existentiel pour
ses visiteurs, petits et grands, qui n’oublieront
jamais que chaque litre d’eau de mer porte une
forêt invisible, peuplée de milliers d’espèces aussi
belles qu’indispensables pour notre survie sur la
planète bleue.
Colomban de Vargas,
Fondateur de Plankton Planet.

 

L’objectif principal de Plankton Planet est d’observer,
récolter, mesurer, analyser et partager des échantillons
et des données homogènes du plancton, en apportant
une mesure cohérente et évolutive de la biologie planétaire !
Suite à la grande réussite de cette édition 2025, rendez-vous est déjà pris pour 2027 !

L'océan, acteur majeur du Pays de SGXV

COMMENT LUTTER CONTRE L’ÉCHOUAGE DES CÉTACÉS ?

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Une centaine de petits cétacés se sont échoués sur le
littoral des Pays de la Loire dont 31 en Vendée, durant
l’hiver 2024-2025. Ce phénomène est observé depuis
plusieurs années tout au long des côtes de l’Atlantique.
Il inquiète aussi bien le monde scientifique que
celui de la pêche qui dépend directement de la bonne
santé du milieu marin dont les cétacés sont les meilleurs témoins.

Comment expliquer ces échouages ?
Une méthode radicale.

Le laboratoire de recherches PELAGIS de l’Université
de la Rochelle est chargé d’effectuer les recensements
des échouages de cétacés et de réaliser des analyses
selon les circonstances, les lieux, les blessures constatées,
complétées éventuellement par des nécropsies.
Les conclusions de cette recherche menée de l’hiver
2023 à l’hiver 2026 devraient permettre d’éclairer les
politiques publiques de la France dans le cadre des
engagements de l’Union Européenne au titre de la
conservation des populations de mammifères marins
et d’oiseaux de mer. Cette mission s’appuie sur un
réseau de lanceurs d’alerte.
La méthode retenue est la mise en pause de la pêche,
en fonction des techniques de prise employées, durant
trois hivers consécutifs à partir de 2023-2024.
300 bateaux de pêche de plus de 8 m, équipés de filets
maillants, trémails, chaluts pélagiques en bœufs et à
panneaux, chaluts de fond en bœufs et sennes pélagiques,
sont restés à quai du 22 janvier au 22 février
2025. C’est la deuxième année consécutive que ces
dispositions sont mises en œuvre, depuis le sud de
Lorient jusqu’au sud de la Charente. Les marins-pêcheurs,
indemnisés à 70 % de leur chiffre d’affaires
pour les périodes de pause imposée, rongent leur
frein. De fait, toute la filière de la pêche est impactée,
depuis les gestionnaires des centres de marée, les
mareyeurs jusqu’aux restaurateurs dont le manque à
gagner n’est pas pris en compte.
Grâce à ces mesures radicales, PELAGIS espère identifier
la part revenant aux captures accidentelles parmi les multiples
causes d’échouage des cétacés.

Quel bilan ?

Le taux d’échouage du fait de captures accidentelles est
faible durant la période d’interruption de la pêche.
Ce qui donnerait raison au Conseil International pour
l’Exploration de la Mer (CIEM), qui
pointe les captures accidentelles comme principale cause
d’échouage des cétacés. Le 26 novembre
2025, PELAGIS a publié les résultats de la pause
d’un mois, de janvier à février 2025 : 1 900 dauphins
communs sont morts par capture accidentelle
du 1er décembre 2024 au 31 mars 2025 le long du
littoral Atlantique et de la Manche Ouest, contre
4 700, en moyenne, chaque hiver entre 2017 et 2023.
Démonstration est faite que la fermeture de la pêche
durant quatre semaines en février, a réduit très sensiblement
les captures accidentelles de dauphins.

Les professionnels de la pêche s’engagent.

Les 870 professionnels de la pêche en Pays de la Loire*,
n’ont pas attendu les conclusions des organismes de
recherche scientifique pour limiter les captures accidentelles
tant elles pénalisent leurs campagnes de
pêche. Depuis 5 ans déjà, ils ont installé sous la coque
des bateaux, sur bâbord et tribord, des effaroucheurs
de cétacés (exemple : PILFIL, pour Pinger, répulsif
acoustique, et filage, technique de mise à l’eau de filet)
dans le but d’éloigner les dauphins hors d’une zone
couvrant la largeur du filet déployé et ainsi d’éviter
qu’ils ne s’y empêtrent. Les ondes émises ne sont pas
douloureuses pour les cétacés mais dissuasives.
65 % des captures accidentelles ont ainsi été évitées
grâce aux initiatives de la flottille des chalutiers pélagiques.
Cette mobilisation résulte de la coopération
ancienne établie entre les scientifiques d’IFREMER et
les professionnels de la mer. Ces derniers s’insurgent
donc énergiquement quand ils sont pointés du doigt
pour défaut de vigilance en cas de captures accidentelles.
Concurrents des cétacés sur les sites de pêche,
les marins-pêcheurs, sont les premiers pénalisés en
cas de pêche accidentelle.

Cependant, les échouages perdurent, menaçant la
biodiversité et, au-delà, la pêche elle-même. Ce secteur
économique, comme l’agriculture, est directement concerné par
la préservation de son environnement dont il tire ses ressources.
Les évolutions climatiques et leurs conséquences pour la faune
marine ajoutent leurs lots d’incertitudes sans toutefois
décourager ce milieu professionnel aux pratiques très
encadrées et aux capacités de résilience et d’adaptation éprouvées.
La modernisation des techniques et
des équipements à un rythme soutenu depuis 15 ans,
les investissement conséquents, l’application d’un système
réglementaire complexe, l’adaptation aux évolutions climatiques
et à leurs incidences sur les courants marins et les migrations
d’espèces, la prise en compte des attentes des consommateurs,
sont autant de défis que le monde de la pêche ne cesse de relever.

Conclusion.

A marche forcée, en 50 ans, les marins-pêcheurs se
sont organisés et imposés des règles strictes d’exercice pour
mieux affronter les difficultés inhérentes à
leur métier et s’adapter aux évolutions réglementaires
européennes et à celles engendrées par la transition
climatique. Leur collaboration de longue date avec les
scientifiques, notamment avec l’IFREMER, a pour but
de mieux concilier la préservation de l’environnement
et la pérennité des métiers de la pêche. Les marins-pêcheurs
sont donc étonnés de se voir imposer par certains laboratoires
scientifiques un climat de suspicion qu’ils jugent aussi immérité
que contre-productif.
Les professionnels de la pêche artisanale, parties
prenantes des enjeux environnementaux, se considèrent
comme les partenaires prépondérants des
scientifiques pour développer des pratiques de pêche
respectueuses de l’environnement mais compatibles
avec leurs contraintes.
Ils espèrent que la dernière campagne pilotée par
PELAGIS apportera les clarifications nécessaires permettant
une approche équilibrée de cette problématique au service de
la biodiversité et garante de l’exercice durable de leurs métiers.

* Les Pays de la Loire, troisième région française de pêche maritime
professionnelle, comptent 870 marins-pêcheurs, dont les prises,
vendues à partir de 6 centres de marée alimentés par 26 ports de
débarquement, valaient en 2023 85 millions d’euros. Les métiers de
la pêche (chalutiers, fileyeurs, ligneurs, caseyeurs…) sont structurés
en Organisation Professionnelle (OP).
Sources : Entretien réalisé le 18 mars 2025 avec Monsieur José
Jouneau, Président du Comité Régional des Pêches Maritimes et
des Élevages Marins des Pays de la Loire (COREPEM).
Bilan 2024 de la fermeture de la pêche, PELAGIS-CNRS,
La Rochelle-Université.
https://www.observatoire-pelagis.cnrs.fr/bilan -2024

L'océan, acteur majeur du Pays de SGXV

JEAN-CLAUDE MOREAU, PATRON-PÊCHEUR VIRTUOSE DU SEXTANT.

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Jean-Claude est, depuis toujours, attiré par la mer.
En dépit d’une scolarité abrégée, il se passionne pour
la trigonométrie et devient un expert de la géolocalisation, à l’aide du sextant.

Comment êtes-vous devenu marin ?

Je suis né, en avril 1935, face à la pointe de GrosseTerre, tournée vers le large.
C’est dire si la mer m’appelait ! Je ne suis allé à l’école que jusqu’à 12 ans.
D’abord, j’ai travaillé à soigner les ânes de bât. Puis,
avec eux, à « monter » du gravier, depuis la plage,
pour permettre aux entreprises de maçonnerie de
couler du béton ; nous étions après-guerre : elles
travaillaient beaucoup.

En 1949, dès mes 14 ans, je suis parti à la mer,
comme mousse. En alternance, je fréquentais, avec
son brevet de mécanicien. Nous avons pêché ensemble
durant 30 ans. D’abord, pour le compte d’Elisée Gabriel,
entrepreneur de plomberie et armateur.

Puis, en 1966, nous avons fait construire un bateau neuf de
18 m, Océan des Tempêtes, équipé d’un moteur marin Poyaud de
300 chevaux, fabriqué à Surgères.
Au chantier Bénéteau, nous étions les premiers clients d’Annette Roux,
fille d’André Bénéteau.
Le navire fut lancé, le 11 janvier 1967 et nous avons
pris la mer, avec lui, en mars. Nous formions un équipage de 6 marins :
capitaine, mécanicien et 4 matelots.

Vous aviez une réputation de maîtrise du
sextant ?

À l’époque, pour s’orienter, le sextant était précieux.
Son usage principal, pour faire le point, en mer, hors
de vue de terre, est de relever la hauteur angulaire
du soleil à midi. Mais il y a des corrections à effectuer :
la dépression en fonction de la hauteur du bateau, la réfraction,
la parallaxe… Il fallait utiliser une
table de correction nautique, en fonction de l’heure
du jour, sur les éphémérides nautiques.

C’était tellement complexe que, sur zone, beaucoup
ne réussissaient pas trop à bien faire le point. Ils
demandaient leur position, je leur donnais la mienne ;
tout le monde se regroupait ; nous retrouvions ensemble la
route du retour au port.
Le sextant sert également à tracer des «droites de hauteur»,
des relèvements à terre, pour faire le point par segments ou arcs
capables, avec trois amers : phare, église ou château d’eau. Ainsi que la
distance en milles d’un phare dont la hauteur est
connue.

En 1990, j’ai pris ma retraite, à 55 ans. Après 37 ans
de navigation.

Désormais, la géolocalisation est à la
portée de tous ?

Depuis, de 1940 à 1980, s’orienter en mer était devenu plus facile,
grâce au système Consol, mettant en œuvre des signaux audio croisés
des radiophares de Plonéis en Bretagne et de Lugo en Espagne. Ils
permettaient un repérage nécessitant l’usage d’une carte Consol.
Ensuite, le système de radionavigation ou géolocalisation en mer DECCA,
indépendant des conditions de visibilité ; il était payant mais se
corrigeait seul.
Puis le système de radiolocalisation TORAN, d’une portée pouvant
atteindre plusieurs centaines de kilomètres, qui permettait une
localisation de précision métrique.
Enfin, les tables traçantes et les systèmes de GPS ont permis une
géolocalisation facile et accessible à tout le monde.