Association VIE Vendée » 31 mai 2026

Daily Archives: 31 mai 2026

L'océan, acteur majeur du Pays de SGXV

JEAN-CLAUDE MOREAU, PATRON-PÊCHEUR VIRTUOSE DU SEXTANT.

Published by:

Jean-Claude est, depuis toujours, attiré par la mer.
En dépit d’une scolarité abrégée, il se passionne pour
la trigonométrie et devient un expert de la géolocalisation, à l’aide du sextant.

Comment êtes-vous devenu marin ?

Je suis né, en avril 1935, face à la pointe de GrosseTerre, tournée vers le large.
C’est dire si la mer m’appelait ! Je ne suis allé à l’école que jusqu’à 12 ans.
D’abord, j’ai travaillé à soigner les ânes de bât. Puis,
avec eux, à « monter » du gravier, depuis la plage,
pour permettre aux entreprises de maçonnerie de
couler du béton ; nous étions après-guerre : elles
travaillaient beaucoup.

En 1949, dès mes 14 ans, je suis parti à la mer,
comme mousse. En alternance, je fréquentais, avec
son brevet de mécanicien. Nous avons pêché ensemble
durant 30 ans. D’abord, pour le compte d’Elisée Gabriel,
entrepreneur de plomberie et armateur.

Puis, en 1966, nous avons fait construire un bateau neuf de
18 m, Océan des Tempêtes, équipé d’un moteur marin Poyaud de
300 chevaux, fabriqué à Surgères.
Au chantier Bénéteau, nous étions les premiers clients d’Annette Roux,
fille d’André Bénéteau.
Le navire fut lancé, le 11 janvier 1967 et nous avons
pris la mer, avec lui, en mars. Nous formions un équipage de 6 marins :
capitaine, mécanicien et 4 matelots.

Vous aviez une réputation de maîtrise du
sextant ?

À l’époque, pour s’orienter, le sextant était précieux.
Son usage principal, pour faire le point, en mer, hors
de vue de terre, est de relever la hauteur angulaire
du soleil à midi. Mais il y a des corrections à effectuer :
la dépression en fonction de la hauteur du bateau, la réfraction,
la parallaxe… Il fallait utiliser une
table de correction nautique, en fonction de l’heure
du jour, sur les éphémérides nautiques.

C’était tellement complexe que, sur zone, beaucoup
ne réussissaient pas trop à bien faire le point. Ils
demandaient leur position, je leur donnais la mienne ;
tout le monde se regroupait ; nous retrouvions ensemble la
route du retour au port.
Le sextant sert également à tracer des «droites de hauteur»,
des relèvements à terre, pour faire le point par segments ou arcs
capables, avec trois amers : phare, église ou château d’eau. Ainsi que la
distance en milles d’un phare dont la hauteur est
connue.

En 1990, j’ai pris ma retraite, à 55 ans. Après 37 ans
de navigation.

Désormais, la géolocalisation est à la
portée de tous ?

Depuis, de 1940 à 1980, s’orienter en mer était devenu plus facile,
grâce au système Consol, mettant en œuvre des signaux audio croisés
des radiophares de Plonéis en Bretagne et de Lugo en Espagne. Ils
permettaient un repérage nécessitant l’usage d’une carte Consol.
Ensuite, le système de radionavigation ou géolocalisation en mer DECCA,
indépendant des conditions de visibilité ; il était payant mais se
corrigeait seul.
Puis le système de radiolocalisation TORAN, d’une portée pouvant
atteindre plusieurs centaines de kilomètres, qui permettait une
localisation de précision métrique.
Enfin, les tables traçantes et les systèmes de GPS ont permis une
géolocalisation facile et accessible à tout le monde.

L’agglomération, histoire, enjeux et perspectives

SAUVER LA CÉRAMIQUE LÉGER.

Published by:

La Céramique Léger scellée sur un mur longeant la
promenade du port de plaisance, accueille les plaisanciers
depuis 1967.
Vers le milieu des années 50, les élus municipaux de
Croix-de-Vie s’emploient à développer la ville. De
nouveaux axes préparent son expansion : les avenues
de l’Océan et du Docteur Potel, par exemple. De 1956
à 1957, de nombreux lotissements sortent de terre :
Gaudremeau en bordure de l’avenue de La Pelle à Porteau,
Le Chêne au Gabio, rue Marcel Péault et avenue
des Hirondelles. Cette expansion rapide de la ville est
stimulée par le dynamisme du port de pêche dont témoignent
l’intense activité des chantiers de construction navale
(Bénéteau et Thomazeau), le dynamisme de
la conserverie Gendreau engagée dans la modernisation
de sa production, un tourisme en plein essor, une
activité industrielle soutenue et un artisanat aussi
diversifié que créatif.
Dans ce contexte, s’impose la création d’un kiosque où
abriter le Syndicat d’Initiatives qui sera plus tard logé
dans les locaux plus vastes de l’ancienne douane sur la
place de Croix-de-Vie. Le Conseil Municipal du 11 avril
1957 décide d’offrir aux habitants le nouveau plan de
la ville rendant compte de son expansion. La création
d’une céramique résistante aux aléas climatiques est
décidée. Elle sera exposée aux yeux de tous, sur le mur
du Syndicat d’Initiatives. Les frères Boutain sont naturellement
désignés pour se voir confier cette création.
Céramistes d’art formés à la célèbre faïencerie de
Malicorne dans la Sarthe, ils se complètent : Marcel
assure la conception et la réalisation des décors tandis
qu’Yves maîtrise la technique de fabrication. On leur
doit un nombre incalculable d’œuvres dessinées et
peintes à la main dont les séries Rouen, Les Chouans ou
encore Le Marais. Ils doivent leur renom à la création
du célèbre bol à oreilles orné d’un prénom.

Mais, à qui confier le carton
de la future céramique ?

Les talents ne manquent pas…

Raymond Léger (1912-1973) est venu en convalescence à
Saint-Gilles-sur-Vie en 1946, après la guerre,
et a décidé de s’y installer. Il y crée un cinéma dans la
salle Chanteclair. Deux ans plus tard, s’ouvre la salle
paroissiale de cinéma La Fauvette, Raymond Léger
ferme Chanteclair. Ce lieu deviendra une salle municipale de sport.
Dessinateur, Raymond Léger se fait connaître. Il réalise
en 1947 une mappemonde (180 cm x100 cm) sur parchemin pour la
célèbre maroquinerie Parisienne Lancel. Cette œuvre est de retour à
Saint-Gilles-Croix-de-Vie.
La mairie de Croix-de-Vie lui confie la réalisation du
carton représentant le nouveau plan de la ville. La
céramique, achevée en 1960, est fixée au mur extérieur du
Syndicat d’Initiatives jusqu’à ce qu’en 1967 elle soit déplacée
au port de plaisance, suite à la démolition du local du Syndicat
d’Initiatives.
Depuis, malmenée par les intempéries, la céramique
se dégrade. Des carreaux se détachent du mur et des fissures
lézardent sa surface.
Ce modeste patrimoine, témoin d’une étape de développement de la
ville mérite mieux que l’indifférence laissant l’œuvre se dégrader.
Les futurs aménagements des ports de pêche et de plaisance offriront-ils
à la Céramique Léger l’opportunité de bénéficier de quelques crédits
au service de sa restauration ?

C’est le souhait de V.I.E..

L’agglomération, histoire, enjeux et perspectives

UNE NOUVELLE VIE POUR LA VILLA GROSSE TERRE.

Published by:

Son campanile annonce de loin, la halte, au frais et
à l’ombre, qu’espère le promeneur qui, sans quitter
l’Océan des yeux, chemine le long de la Corniche
Vendéenne, sur le chemin des douaniers.
La Villa Grosse Terre, autant rêvée que construite par
Roger Gonthier*, est le refuge où il vint se reposer en
famille dès mars 1928.
En 2009, la ville de Saint-Hilaire-de-Riez, consciente
de la valeur patrimoniale de la villa et du site, en fit
l’acquisition et, dans la foulée, entreprit les travaux
les plus urgents de préservation. Depuis 2012, la
ville poursuit, par étape, la restauration du bâtiment,
de ses dépendances et du jardin ouvert sur le chemin
des douaniers. En 2021, il fut envisagé de créer
en ces lieux un musée de la Vie Balnéaire sous l’égide
du Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, en collaboration
avec les Offices de Tourisme. Le projet est resté
sans suite.
En 2022, Saint-Hilaire-de-Riez s’engage dans un
vaste projet de valorisation de son tissu urbain sur
le quartier Jeanne d’Arc, tandis qu’est décidé – pour
le sauvegarder face à une procédure judiciaire de
délaissement – l’achat de L’Hôtel Frédéric, également
acteur et témoin de son histoire balnéaire. Les élus
conviennent alors d’impulser une dimension culturelle
faisant une large place aux arts hors les murs dont
le pivot serait la Villa Grosse Terre, porte d’entrée de
la Corniche hilairoise, afin de favoriser l’appropriation
par les habitants de leur patrimoine culturel et
de leur cadre de vie.
Ce projet ne manque ni d’atout ni de points d’appui :
les espaces qu’offre la Villa Grosse Terre, une vie
associative dynamique, des médiathèques très fréquentées,
des événements culturels attendus et très suivis sur les
différentes communes, leur valorisation par l’Office de
Tourisme Intercommunal, le soutien de la politique
culturelle du Pays de Saint-GillesCroix-de-Vie.
Quel avenir pour la Villa Grosse Terre ?
Elle pourrait devenir une plate-forme de diffusion
culturelle et artistique, allant vers le public, toutes
générations confondues et en tout lieu, au service
de l’éducation artistique et culturelle (EAC).
Pour ambitieux que soit le projet, il n’est pas utopique.
En effet, depuis 2022, le Ministère de la
Culture, accompagné par La Villette*, développe le
réseau des sites «Micro-Folie» offrant l’accès à un
ensemble de ressources culturelles et artistiques
partagées. L’appui du savoir-faire de La Villette aide
à concevoir des animations et à les mettre en œuvre,
via des médiateurs initiant le public à l’utilisation de
toutes les ressources du dispositif.
Le projet, lancé par la ville de Saint-Hilaire-de-Riez
et porté par le Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie est
de faire de la Villa Grosse Terre un site Micro-Folie, par
convention avec l’État et la Direction Régionale de
l’Action Culturelle des Pays de la Loire (DRAC), dans
le cadre d’un accompagnement assuré par La Villette.
D’autres communes du territoire partageant
la même ambition culturelle, l’implication du Pays
de Saint-Gilles-Croix-de-Vie dans la mise en œuvre
de ce projet lui permettra un développement cohérent
et coordonné dans le respect des spécificités de
chaque commune.

La Villa Grosse Terre, pivot du projet, accueillerait
un musée numérique, cœur du dispositif, offrant un
accès ludique à plus de 5000 œuvres numérisées, issues
de 12 musées nationaux, du réseau de 411 établissements
culturels partenaires, nationaux, régionaux et de La Villette.
Ces œuvres, projetées sur grand écran ou via des
Des ateliers de fabrication de supports de communication,
de reproduction d’objets (Fab Lab). Les perspectives de
développement, très ouvertes, seront dégagées et mises
en œuvre avec la commission culture du Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie,
• Des postes de réalité virtuelle,
• Un espace d’expression dramatique, corporelle…,
• Des conférences en appui de ces projections, des
séminaires exploitant ces apports,
• Des animations valorisant le patrimoine local
constitué de films, d’écrits, d’illustrations…,
• Un Café-Librairie (café, bibliothèque, ludothèque).
La Villa programmerait également des résidences
d’artistes qui seraient accueillies dans les locaux
séparés, à l’entrée du jardin, et rénovés pour cette
activité.
Destinée à être une structure culturelle de proximité,
largement ouverte à tout public au service des
initiatives locales, la Villa Grosse Terre doit adapter sa
structure pour accueillir les visiteurs confortablement
et en toute sécurité dans ses murs et dans le parc.
En 2025, la ville de Saint-Hilaire-de-Riez a lancé un
chantier de 1 700 000 € HT, avec le concours financier
du Fonds Européen de Développement Régional (FEDER), de
l’État et de la Région. S’inscrivant dans le réseau
Micro-Folie, la Villa Grosse Terre, plate-forme de diffusion
d’expressions et de créations artistiques, serait
également le point de départ vers tout lieu où effectuer
une vidéo-projection à la demande de communes ou autre organisme
intéressé. Un espace de 40 m2 à 60 m2 peut suffire,
pour une durée de 2 semaines à 8 mois selon le projet.
Le dispositif mobile, comprenant le matériel de
vidéo-projection, tapis au sol et écran est facilement
transportable dans des containers sur roulettes. Ce
dispositif peut évoluer selon le type des modules
accueillis. Éligible au titre des programmes culturels
Petite Ville Demain, il peut bénéficier d’aide publique
au financement des aménagements si nécessaire.
Aller vers caractérise la démarche culturelle et artistique
qu’envisage de développer la commune de Saint-Hilaire-de-Riez,
à partir de la Villa Grosse Terre, au service de tous les
publics y compris les écoliers, collégiens et lycéens.
Ainsi conçu, ce projet érigerait la Villa Grosse Terre
en pôle d’ancrage d’une offre culturelle diversifiée,
innovante et financièrement très accessible diffusée
à l’échelle du Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie.
Sous l’impulsion de Saint-Hilaire-de-Riez, et du Pays
de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, une nouvelle ère de la
vie culturelle et artistique s’ouvre sur notre territoire.

Sources : Entretien avec Jean Marc Dubois, adjoint délégué à la vie
culturelle de la ville de Saint-Hilaire-de-Riez.
*Roger Gonthier (1884-1978), célèbre architecte à qui l’on doit la
gare de Limoges (élue plus belle gare de France) dont il fut chargé en
1919. Il s’est également consacré au logement social et à l’édification de plusieurs bâtiments publics à Limoges.
*La Villette : https://www.lavillette.com/micro-folie.